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Les dossiers du Bureau Informations Presse n° 145 décembre 2011 texte intégral Sommaire Nouvelle Association Staline
Libye
Syrie
Le procès «Carlos» - 7 novembre au 16 décembre
Nouvelle Association Staline Éthique et anti-impérialisme Amis et camarades anti-impérialistes et anticolonialistes, Au cours des soixante – et plus particulièrement des vingt-cinq – dernières années les agressions impérialistes ont été intensifiées, ont augmentées, sont devenues plus grossières et effrénées. Des nations souveraines ont subi des agressions impérialistes camouflées en «révolutions de fleurs», en «interventions humanitaires», en «révolutions démocratiques», ou étaient simplement des flagrantes intimidations militaires ou des guerres, qui ouvrirent la voie à la mort et à la dévastation, suivies par la misère et l’humiliation. Ces nations sont l’Ukraine, la Roumanie, la Yougoslavie, l’Iraq, l’Afghanistan, la Somalie, la Côte d’Ivoire, nous venons de voir la Libye, et bientôt la Syrie, puis l’Iran et si nous arrivons à éviter une Troisième Guerre mondiale, possiblement l’Algérie, le Venezuela et qui sait qui sera le prochain…. Mais l’impérialisme est-il si invincible? Il y a quelques années les États-Unis ont remplacé le régime colonialiste français dans son effort à asservir la nation vietnamienne, le peuple vietnamien. Ils ont été vaincus et ont dû partir en désordre, humiliés. En d’autres mots ils ont été jetés dehors! Le coût de la guerre a été si important, et la tension sur l’économie si grande que la convertibilité du dollar – une once d’or pour $35 – a dû être abandonnée. Par conséquent, depuis le début des années 70’ le dollar et les devises qui lui sont liées ne sont garanties d’aucune manière concrète, hormis par leur valeur de papier colorié. Aujourd’hui nous avons vu le prix de l’once d’or, monter à $1900. Il s’agit nullement d’une augmentation de la valeur de l’or; mais plutôt d’une dévaluation du dollar de cinquante fois. La dette publique des États-Unis a dépassé les 15 trillions de dollars. Une somme difficile à imaginer, 15 millions de millions, ou 15*1012, alors que son passif non capitalisé représente plus d’un million de dollars par contribuable étasunien…. Économiquement la fin se dessine à l’horizon. Ce système consistant à imprimer des dollars en papier, a donné un avantage énorme aux États-Unis. Il leur a permis de produire des masses de dollars-papier et de les échanger contre de la richesse concrète, escroquant ainsi d’autres nations. Ce système a payé pour leurs guerres, enrichi leurs capitalistes, résolu leurs problèmes au jour le jour…. Mais inexorablement cette sorte de «martingale» frauduleuse a atteint ses limites, et de plus en plus, approche l’inévitable faillite. Maintenant, en désespoir de cause ils cherchent à trouver des solutions alternatives pour préserver leurs profits, pour préserver le gangster-capitalisme qui paie pour leurs privilèges et ceux de leurs laquais. Mais alors que l’impérialisme s’affaiblit, paradoxalement il devient plus dangereux, plus frénétiquement féroce. En Iran à l’époque du Shah, les États-Unis avaient leurs forces sur la frontière avec l’Union soviétique. Depuis l’instauration de la République islamique, ils ont été contraints de partir. Ils ont été jetés dehors! Ces dernières années les états-Unis ont choisi de se battre en Irak et en Afghanistan, ils disent qu’ils se retirent. Il aurait été plus exact de dire qu’ils ont été vaincus parce qu’ils ne peuvent pas supporter les pertes humaines, militaires et économiques que les Résistances de ces pays leur inflige. Une fois de plus ils sont jetés dehors! Maintenant ils tentent de trouver en Afrique et en Méditerranée d’autres lieux et peuples à exploiter. Ils seront, une fois de plus jetés dehors!!! Et nous oublions l’Amérique du Sud: le Venezuela, l’équateur, la Bolivie…. et aux dernières nouvelles les états-Unis établiront une grande base militaire en …. Australie. Oui ils sont en train d’être jetés dehors, mais le coût pour l’humanité est grand, grand en vies perdues, en traumatismes psychologiques, en catastrophes sociales, en destructions économiques, en dévastations culturelles, en dommages à la nature, en nourrissons difformes, en maladies connues ou inconnues ayant comme causes la radiation de l’uranium…. Nous n’avons comme choix que de faire face à cette situation, et tout ce que nous espérons réussir est de limiter les dégâts. Qui sommes-nous? Qui et Que représentons-nous? Nous, en tant qu’anti-impérialistes, comme l’affirme notre nom, déclarons par ce fait que l’impérialisme est notre ennemi, notre ennemi direct et principal. Notre rôle, consiste à nous engager activement dans la lutte pour l’émancipation des nations opprimées, leurs classes ouvrières, leurs pauvres artisans et leurs populations opprimées, en général. Nous ne pouvons pas être en même temps anti-impérialistes et anticolonialistes, sans soutenir simultanément les victimes des agressions impérialistes; parce que cela signifierait que nous sommes contre le criminel mais pas contre le crime, contre le meurtrier mais pas contre ce qui arrive à la victime. Notre rôle n’est pas seulement d’apaiser nos consciences, de donner l’impression ou simplement de condamner verbalement l’impérialisme et le colonialisme. Certainement, ce que nous pouvons faire est dépendant de notre environnement politique, nos capacités et plus généralement des circonstances dans lesquelles nous vivons. Notre devoir est de maximiser notre efficacité, de faire que chaque frappe compte, et de contribuer à l’affaiblissement et l’éventuelle destruction de l’impérialisme et du colonialisme. Plus simplement dans le contexte actuel notre rôle international est essentiellement anticolonialiste. Pour nous il n’est pas question de religion, de race, de caste, hormis que l’impérialisme se sert de ces questions pour camoufler ce qui lui est essentiel, à savoir, d’exploiter le labeur des êtres humains et c’est précisément pourquoi nous le combattons, et dans ce contexte nous devons prendre en compte les offenses et les manipulations qu’il entreprend en matière de religion, de race et de culture. Nous nous battons pour le respect du droit international, alors que celui-ci ne fait qu’être violé de manière flagrante, et que l’Organisation des Nations Unis est au mieux quasiment impuissante et au pire un instrument pour justifier les interventions colonialistes. Et quand bien même devrait-elle les désapprouver elle serait simplement balayée de côté et ignorée. Il n’y a plus d’Union soviétique et pas de camp Communiste pour se lever et les arrêter. En fait nous ne pouvons plus avoir confiance en aucune institution qui dépend du capitalisme. Le Fond monétaire international, le système bancaire, le système financier sont pourris. Nous ne pouvons même pas avoir confiance en l’Organisation mondiale de la santé, l’industrie pharmaceutique…. Et certainement nous ne pouvons pas avoir confiance dans les media. Particulièrement les media, devenus des instruments de guerre, moyens pour confondre, manipuler et préparer l’opinion publique au meurtre. Ils sont à mettre au même niveau de complicité que les militaires. En plus de cela nous n’avons pas seulement à combattre l’impérialisme, le colonialisme et ses domestiques directs, nous devons aussi combattre – avec des extrêmement rares exceptions – les organisations politiques: sociaux-démocrates, soi-disant «marxistes», trotskistes, soi-disant communistes «pro-albanais»… qui de manière répétée, comme dans le cas des socio-démocrates du siècle passé, qui pour les raisons «les plus élogieuses» lorsque les dès ont été jetés s’associent aux positions impérialismes, aux guerres bourgeoises, au colonialisme et au fascisme (France en 1914, Autriche 1934, France années 50’, Yougoslavie années 90’, Grèce en 2011…). Non seulement nous devons combattre les organisations politiques, telles citées ci-dessus, mais aussi les organisations sociales, syndicales, même soi-disant anticolonialistes et anti-guerre qui leur sont liées, et qui portent et disséminent de la propagande, engageant des campagnes camouflées en campagnes anti-impérialistes mais en substance se rangent avec l’impérialisme. Nous devons rompre nettement avec elles, les dénoncer, les condamner. En France aucun des partis parlementaires ne s’est opposé à la guerre contre le gouvernement légitime de Libye, au contraire ils l’ont tous soutenue, avec une seule exception – à notre confusion – celle de l’extrême droite, le Front national. Mais il y a pire, Pires sont ces pays, comme dans le cas de la guerre contre la Libye qui au-lieu de se ranger avec leur frères arabes, leur coreligionnaires musulmans et leur voisins africains, ont agi tels des laquais impérialistes. Mais il y a plus triste encore. Bien que – et je suis content de le dire – toutes les organisations communistes staliniennes que je connaisse, aient tenu la ligne juste et défendu le gouvernement légitime de Libye, il y a eu des soi-disant «partis communistes» qui se sont rangés sans pudeur, du côté des «rebelles»; c'est-à-dire des réactionnaires royalistes, des voyous à gages, des agents impérialistes, des troupes et des mercenaires, tous au service des agresseurs impérialistes et de leur idée de ce que la démocratie libyenne devrait être. Mais il y a encore plus désolant. Des organisation, qui avec courage mènent de justes luttes dans leur pays et qui défendent leur souveraineté d’une manière formidable, pourtant quant il s’agit de la souveraineté d’autres nations telles que la Libye, la Syrie ou l’Iran…. paraissent vouloir régler de vieux comptes politiques et religieux que ce soit par ingratitude, opportunisme ou tout simplement parce qu’ils ont été achetés, … ont agi dans la même direction que les impérialistes, c'est-à-dire comme des alliés objectifs de l’impérialisme et du colonialisme. Bien que nous devions continuer à soutenir loyalement ces organisations dans les luttes pour leur libération nationale et la défense de la souveraineté de leur nation, il est désolant que nous devions simultanément avoir à les combattre quand ils agissent comme des alliés objectifs des colonialistes contre un pays comme la Libye qui s’est battu et continue à se battre courageusement pour les mêmes causes qu’eux dans leur propre pays. À la place de la Libye nous aurions pu utiliser comme exemples la Yougoslavie ou la Côte d’Ivoire, mais la guerre en Libye est plus récente, a duré plus longtemps et les attaques qu’elle a subi était plus flagrantes, hypocrites et éhontées. Il y a encore pire, mais je vais vous parler du dirigeant communiste Nikos Zakhariadis. Le secrétaire général du Parti communiste de Grèce, Nikos Zachariadis avait été arrêté et emprisonné en 1936 par le régime fasciste de Metaxas. Le 28 octobre de 1940, l’Italie fasciste avait déclaré la guerre à la Grèce fasciste. Mussolini exigeant de Metaxas de laisser passer ses armées dans le pays. Metaxas a répondu «OXI» qui veut dire «NON» en grec. Depuis ce temps le 28 octobre est devenu le jour du «OXI», du «NON» et célébré comme une journée nationale. Nikos Zachariadis de sa prison, écrivit une lettre au dictateur Metaxas, appelant à la mobilisation dans les forces armées de tous les communistes – nécessairement sous le commandement du gouvernement fasciste – pour combattre l’envahisseur italien et défendre la souveraineté de leur pays. L’illustration que je tente de faire est qu’il y a une distinction entre lutte de classe [interne] et la lutte patriotique - qu’elle soit sous la forme de lutte pour la libération ou pour la défense de la souveraineté, nationale. L’envahisseur colonialiste inflige inévitablement et de manière accrue, oppression, exploitation, abaissement culturel… à la population dans son ensemble. La classe ouvrière trouvera ainsi un allié dans la bourgeoisie patriotique et un ennemi dans la partie collaborationniste de la bourgeoisie compradore. Si nous, en tant que communistes, vivions en Libye dans cette période – selon l’exemple de Zachariadis – nous nous serions battus, armes à la main, aux côtés du gouvernement légitime de Lybie et de son guide Mouammar Kadhafi. Mais en étant basés dans un pays étranger, nous avons fait ce que nous pouvions pour assister la Libye depuis notre territoire et avec les moyens auxquels nous avions accès. Je considère que c’est l’approche correcte à adopter par des organisations anti-impérialistes et les partis communistes. Notre fonction était de mobiliser l’opinion publique, manifester…. faire tout ce que nous pouvions pour entraver et mettre autant de pression possible contre l’agression impérialiste française de la Libye. Au moment où les cartes sont sur la table, quand la guerre colonialiste d’agression se déchaine contre un pays souverain, et que des gens meurent, nous devons assumer nos responsabilités et nous ranger du côté de celui qui est agressé. Les barricades n’ont que deux côtés. Chacun doit choisir avec qui et contre qui il se battra. Il n’y a pas de troisième option. Ceux qui avaient choisi ce moment pour déclarer qu’ils étaient contre l’intervention impérialiste, et dans le même souffle traitaient Mouammar de «dictateur», confondaient la lutte de classe et la défense de la souveraineté nationale. Ils montrent de l’hostilité à l’égard de la nation victime, tout en condamnant l’impérialisme agresseur. En fait ils adoptent le même argument «naïf» et hypocrites que les coupe-gorges du Conseil national de transition, tout en agissant pertinemment en faveur des impérialistes. Comment peut-on mobiliser l’opinion publique, ou même des militants de sa propre organisation pour soutenir la Libye si on qualifie Mouammar Kadhafi de «dictateur». Autant dire «qu’il a eu ce qu’il méritait». Cela produit un effet désastreux, va à l’encontre de l’effort de lutte contre l’ennemi, c’est indigne d’organisations anti-impérialistes, indigne de communistes, indigne de partis communistes. Un parti communiste arrive à un résultat aussi répréhensible, en faisant une analyse critique de l’histoire de la Libye avec des qualificatifs élogieux de la Résistance, pour conclure sur la nécessité de créer un hypothétique Front de «Résistance» avec un programme plus progressiste pour faire face aux agresseurs impérialistes, plutôt que de soutenir la Résistance existante. Si nous sommes déterminés à être efficaces, alors que la lutte atteint son zénith, même si nous nous souvenons d’événements passées, nous devons néanmoins rester silencieux sur tout ce qui pourrait avoir un effet négatif au résultat. Nous ne sommes ni spectateurs, ni juges, ni donneurs de leçons; nous sommes des alliés, et en tant que tels nous assumons nos responsabilités. Je n’ai pas mentionné de noms d’organisations, pourtant mes exemples n’ont pas été tirés de mon imagination. Celles concernées et d’autres aussi, savent à qui je fais référence, et ceux qui ne le savent pas peuvent très facilement le découvrir. Je veux juste dire que si nous, en tant qu’organisation ou pays, nous ne défendons pas la souveraineté d’autres pays, comment pouvons-nous attendre que d’autres organisations et pays se solidarisent avec nous. Vive les nations, organisations, individus qui combattent l’impérialisme! Vive la lutte de la Libye, de la Syrie, de l’Iran, de la Corée du Nord, de Cuba de Venezuela….! Dans la bataille qu’ils engagent contre l’impérialisme, ils combattent aussi pour nous. Il est de notre devoir de nous battre pour eux! Alexandre Moumbaris président de la Nouvelle association Staline, France
IIIe Conférence Internationale d’IAPSCC—SPB 27 au 29 of novembre 2011, Dhaka, Bangladesh 28 of novembre 2011 IIIe Conférence internationale de l’IAPSCC La IIIe Conférence anti-impérialiste internationale, organisée conjointement par l’IAPSCC et le Parti socialiste du Bangladesh, s’est tenue à Dhaka, capitale du Bangladesh, du 27 au 29 novembre 2011. étaient présents des représentants d’organisations anti-impérialistes, syndicats et partis communistes provenant des pays suivants: Bangladesh, Canada, Égypte, États-Unis, France, Île Maurice, ILPS (Ligue internationale des luttes des peuples), Inde, Iran, Jordanie, Liban, Maroc, Népal, Pakistan, Palestine, RPDC, Sri Lanka, Syrie, Soudan, Turquie. La première séance, s’est tenue en plein air devant une audience de plusieurs milliers de personnes, membres et sympathisants du Parti socialiste du Bangladesh et d’une certaine ou deux, de camarades venus de l’Inde. À la fin des allocutions, qui étaient essentiellement en bengali et une ou deux en anglais, nous sommes partis en procession/manifestation avec des drapeaux rouges, banderoles, slogans anti-impérialistes etc., dans le centre de Dhaka. Après une bonne heure de défilé, la manifestation s’est terminée à l’endroit où nous étions partis. L’après midi a été consacré aux interventions des représentants étrangers, donc en anglais: du Worker’s World Party (états-Unis), du Parti communiste unifié du Nepal (Maoïste), du Syndicat des enseignants du Liban. Sont intervenus aussi le Secrétaire général de l’IAPSCC ainsi que le représentant du Comité solidarité afro-asiatique de la RPDC…. Le soir il y a eu un spectacle culturel, exécuté par l’organisation des jeunes du SPB, très impressionnant par la qualité de ses danses et surtout de ses chants. Le chœur était composé de quatre groupes de trois ou quatre interprètes, qui chantaient soit séparément soit ensemble. Le reste du programme pendant les deux derniers jours, était constitué de plusieurs sessions avec des sujets se rapportant aux attaques économiques, politiques et culturelles de l’impérialisme, et aux tâches qui nous attendaient. Là aussi il y avait un mélange de bengali et d’anglais. Mon intervention du 28/11 visait essentiellement des organisations et des pays, dont certains délégués étaient présents, pour leur manque de soutien à la lutte pour la défense de la souveraineté - entre autres - de la Libye, et de son gouvernement qui luttait contre l’agression impérialiste et colonisatrice. Bien qu’il n’y ait pas eu de heurts ouverts, le délégué Fédération syndicale des travailleurs du Soudan (affilié à la FSM), Ahmad Abdul Rahman, n’a pas manqué de manifester son hostilité à l’égard de Mouammar Kadhafi. C’est précisément ce comportement de collaboration, avec l’impérialisme, que j’ai dénoncé. Il a également soulevé la question de la condamnation par notre conférence des poursuites intentées par la Cour pénale internationale contre des dirigeants africains. Il aurait été à mon avis plus opportun qu’un autre délégué le fasse; un dont le président n’était pas poursuivi par la même instance. Cela étant dit Ahmad Abdul Rahman aurait bien mérité les félicitations de son président, alors que celui-ci vient de céder la partie sud de son pays aux sirènes de l’impérialisme. C’est le même président Omar al-Bachir qui a vendu et livré Ilich Ramirez Sanchez, «Carlos» aux Français. C’est donc avec un certain mal au cœur, que je me suis cru obligé de soutenir cette proposition. Mis à part cet incident plus ou moins anecdotique, la Conférence a été un succès, tout d’abord organisationnel, grâce aux militants du SPB, et politique par la présence de toutes ces délégations et plus particulièrement celles du SPB, de la Corée du Nord, du Nouveau parti démocratique marxiste-léniniste du Sri Lanka, du Parti communiste unifié du Nepal (maoïste) et d’autres que j’ai eu beaucoup de plaisir à rencontrer. Mes impressions du pays se limitent à Dhaka. Il y a beaucoup de pauvreté dans la rue, sûrement pas autant qu’à Calcutta. Vu de l’extérieur les problèmes sont si énormes que l’on aurait du mal à savoir par où commencer. Nous avons appris que le parlement, et, bien entendu, encore moins la population, n’avaient été informés des traités militaires passés entre leur gouvernement et les États-Unis et même la France, ayant donné lieu il n’y a pas si longtemps à, entre autres, des exercices militaires – débarquements de quelque 5000 soldats - au Bangladesh. Il paraissait donc évident et nécessaire, qu’en tout premier lieu ils se débarrassent du système néocolonial qui règne avant de pouvoir solutionner fondamentalement les problèmes de la population. J’ai trouvé les camarades Bengalis très avenants, très ouverts dans leurs conversations, très disciplinés et dévoués. Je leur souhaite bon courage dans leur lutte. Alexandre MOUMBARIS Président de la Nouvelle Association Staline La mort héroïque de Mouammar KADHAFI Nous ne pleurons pas Mouammar Kadhafi. Il n’est pas mort comme Saddam Hussein qui jusqu’à la fin n’a pas manqué de courage, mais arrêté, il ne lui a pas été permis de mourir comme il aurait voulu. Pour lui nous avons pleuré il méritait une meilleure fin que celle d’un martyr. Mouammar Kadhafi lui est mort en héros. Tous les deux n’étaient pas toujours nos amis, c’est le moins que les communistes puissent dire, néanmoins ils ont défendu la liberté de leurs peuples, de leurs nations et pas seulement, et nous communistes, pour cette raison nous les considérons, malgré tout, comme nos frères pour qui nous nous battrions jusqu’à la mort. S’il y a quelqu’un pour qui pleurer ce sont les nations et les peuples prochaines victimes des colonialistes, des impérialistes à la conquête du monde pour qui l’ultime solution est d’assassiner et de détruire. Notre mépris va au monde de la «gauche» impérialiste, ceux qui hurlaient avec les loups impérialistes et les canailles de journalistes à leur solde. «Kadhafi le dictateur», «Kadhafi le tueur de son peuple» était leur discours alors que la bataille faisait rage et que le peuple libyen avait besoin de soutien. Ils méritent d’être relégués dans le Tartare de l’ignominie.
La lutte du peuple libyen n’est pas terminée, la résistance se poursuit! Vive Mouammar Kadhafi symbole de la résistance du peuple libyen!
pour le Bureau Alexandre MOUMBARIS Libye Le testament de Mouammar KADHAFI (trois jours avant sa mort) Au nom de Dieu le Clément et Miséricordieux. Ceci est mon testament, moi, Mouammar Bin Mohammed Bin Abdessalam Bin Humaïd Bin Aboumeniar Bin du Naïl Al Fohsi Al Kadhafi. Je témoigne qu’il n’y a de dieu qu’Allah et que Mohammed est son Messager et que je mourais sur la doctrine des sunnites et d’El Djamaâ. Mes volontés dernières sont: Que je ne sois pas lavé à ma mort et que je sois enterré selon le rite islamique et ses enseignements dans les vêtements que je porterais à ma mort. Que je sois enterré au cimetière de Syrte, aux côtés de ma famille et de ma tribu. Que ma famille soit bien traitée surtout les femmes et les enfants. Que le peuple libyen sauvegarde son identité, ses réalisations, son histoire et l’image de ses ancêtres et de ses héros et qu’il ne soit pas attaqué dans les sacrifices de ses hommes libres. Que continue la résistance à toute agression étrangère subie par la Jamahiriya, aujourd’hui, demain et pour toujours. Que soient convaincus les hommes libres de la Jamahiriya que nous aurions pu monnayer, avec notre cause, une vie personnelle meilleure, stable et en sécurité. Nous avions eu tant de propositions, mais nous avons choisi d’être au front par devoir et honneur. Et même si nous ne gagnons pas aujourd’hui, nous allons offrir une leçon aux générations futures pour qu’elles puissent gagner, car le choix de la Nation est la bravoure et la vendre est une trahison que l’Histoire retiendra ainsi et pas autrement. Que soit transmis mon salut à chaque membre de ma famille et aux fidèles de la Jamahiriya ainsi qu’aux fidèles de part le monde, qui nous ont soutenu ne serait-ce qu’avec le cœur. Que la paix soit sur vous, tous. Mouammar El Kadhafi Syrte, le 17/10/2011 —————————————————— [Traduction Rédaction algerie-Focus.com http://www.algerie-focus.com/2011/10/22/%c2%abalgerie-focus-com%c2%bb- publie-la-derniere-lettre-d%e2%80%99el-kadhafi-redige-3-jours-avant-sa-mort/] «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort» s'esclaffe Hilary CLINTON sur CBSNews en paraphrasant le «Veni, Vidi, Vici» [Venu, Vu, Vaincu] de Jules César. (20/10/2011) [source: http://www.cbsnews.com/8301-503544_162-20123348-503544.html] Le sang du lion et le festin des ratsSyrte ou la Stalingrad du désert, aura résisté de tout son sang contre la barbarie céleste de l’OTAN et ses mercenaires indigènes. Au milieu de ruines fumantes de la ville martyre, un lion est mort. Un lion qui, de son vivant comme dans son trépas, aura rendu sa fierté à sa patrie, à son peuple, à son continent et à tous les damnés de la terre. Autour de son corps agonisant, tels des rats affamés, les barbares du CNT et de l’OTAN se sont disputés des lambeaux de sa noble chair. «C’est nous qui l’avons achevé» clament les rats du Shape et de l’Élysée. «Non, c’est nous.» rétorquent les rats indigènes. Le corps lacéré de Kadhafi, c’est la Libye lacérée, donnée en pâtures à l’OTAN et au CNT. La Libye de Kadhafi était un pays fier. Ses citoyens ne devaient pas quémander l’aumône à la porte des seigneurs européens. La Libye de Kadhafi était un pays prospère. Elle était l’Eldorado de toute l’Afrique. Un pays de cocagne assurant le plein emploi. La Libye de Kadhafi était un pays paritaire. Les femmes étudiaient et réussissaient mieux que les hommes. Les femmes décidaient. Les femmes dirigeaient. Les femmes combattaient. La Libye de Kadhafi était un pays généreux. Écoles gratuites munies d’équipements les plus modernes. Hôpitaux gratuits ne manquant de rien. Cette Libye a entre autres, financé RASCOM 1, un satellite de télécommunications qui allait permettre à tous les Africains de téléphoner quasi gratuitement, eux qui payaient les tarifs téléphoniques les plus chers au monde. L’Europe avait été jusqu’à coloniser les réseaux de communication africains, forçant le continent à verser 500 millions de dollars par an pour le transit vocal des Africains sur ses satellites. La Libye de Kadhafi était un pays solidaire. Dotée d’un ministère chargée de soutenir la révolution mondiale, cette Libye a accueilli à bras ouverts tous les résistants du monde, a financé d’innombrables mouvements de libération: Black Panthers, militants anti-Apartheid, résistants chiliens, salvadoriens, basques, irlandais, palestiniens, angolais. Habités par leurs fantasmes primaires, des journaleux européens ont rapporté que des snipers féminins des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) avaient été enrôlés par Kadhafi. Pure intox. En revanche, les guerriers du mouvement de libération du Sahara occidental, le Front Polisario, protégeaient bel et bien Tripoli de la barbarie de l’OTAN/CNT. La Libye de Kadhafi a fait l’expérience de la démocratie directe. Kadhafi n’avait qu’un rôle symbolique, celui du vieux sage à la fois redouté et rassurant. La population était encouragée à débattre et à choisir sa destinée à travers les Comités populaires. Pas besoin de parlement ni de partis. Hélas, la Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à faire vivre une démocratie durable. Les luttes personnelles ont pris le dessus sur les intérêts collectifs. Comme bien des révolutions, la Libye de Kadhafi a connu sa dégénérescence idéologique et son cortège de souffrances et d’injustices. La Libye de Kadhafi n’est pas parvenue à instaurer la concorde entre clans et tribus de la Tripolitaine et de la Cyrénaïque. La Libye de Kadhafi a cru que seule la force viendrait à bout des djihadistes endiablés d’Al Qaida, des opportunistes et des renégats pro-occidentaux. La Libye de Kadhafi a tenté de briser son isolement international, pensant que les rats de l’Élysée, du 10 Downing Street, du Palais Chigi ou de la Maison Blanche viendraient manger dans sa main. Ces rats se sont en réalité sournoisement glissés la manche de sa tunique. Ils ont saisi l’occasion pour infiltrer son pays, le saboter, le ruiner et le pomper pour un siècle. À présent, les rats d’Europe et les rats du CNT étanchent leur soif dans la crinière du lion. Mais le lion s’est dérobé à leurs griffes pour rejoindre Lumumba et Sankara, les autres enfants martyres de l’Afrique héroïque. Buvez, hordes de lâches, buvez! Que son sang brûle vos entrailles comme le Zaqqoum! Pleurez patriotes libyens pleurez! Que vos larmes engloutissent vos bourreaux et leurs armées !
Bahar Kimyongür 21 octobre 2011 Libye Les impérialistes occidentaux de l’OTAN ont tué Kadhafi: Hommage au résistant et au martyr! Après Um Nyobe, Moumié, Osendé Afana, Ouandié, Abane Ramdane, Lumumba, Mulélé, Mondlane, Cabral, Ben Barka, Ferhat Hachet, Steve Biko, Sankara, Chris Hani, Dulcie September, Saddam, etc, Khadafi est la nouvelle victime de la françafric, de l’Eurafric et de l’Usafric. À cette liste africaine non exhaustive il faut ajouter: Che Guevara, Gandhi, José Marty, James Connolly, Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Malcom X, Martin Luther King, Yasser Arafat, etc. Tous ces leaders anticolonialistes ont été assassinés pour installer au pouvoir des proconsuls chargés de maquiller le colonialisme en lui donnant des couleurs locales complices du pillage néocolonial. Pour accomplir ses forfaits meurtriers l’impérialisme a toujours procédé, pour paraphraser K. Marx, à la manière des singes: «bombarder les autres avec ses propres excréments» en qualifiant ces libérateurs résistants «tyrans, dictateurs, despotes, terroristes, sanguinaires». Il n’y a donc au fond rien de neuf à l’ère de l’impérialisme stade suprême du capitalisme: hier il fallait coloniser pour apporter la «civili-sation» aux peuples «inférieurs, barbares et sauvages»; aujourd’hui il faut installer des «gouvernants traîtres harkis» en Afghanistan, en Irak, en Côte d’ivoire, en Libye pour leur apporter la «démocratie». Les impérialistes ont toujours décrit les colonisés comme «des cannibales, des indigènes sauvages, des esclavagistes, des monstres à formes humaines» contre lesquels se justifiaient la mission civilisatrice présentée même comme une volonté divine. Les états précoloniaux en Afrique, en Asie et en Amérique étant «despotiques, tyranniques, barbares et assoiffés de sang», il fallait donc intervenir pour les sortir du despotisme moyenâgeux aux moyens des canons, de la bible, de l’esclavage puis de la colonisation. Aujourd’hui ce même principe bestial de la raison du plus fort est exercé par les despotes tyranniques engendrés par les «démocraties» capitalistes que sont en réalité les Bush/Obama, Blair/Cameron, Mitterrand/Sarkozy affublés des émirs et roitelets des pétrodollars et des fanatiques intégristes d’El Qaïda pour déstabiliser les états laïcs et tuer les héros indépendantistes. Aujourd’hui non seulement le capitalisme liquide tous les acquis sociaux et démocratiques dans les pays impérialistes au nom de la crise, des déficits et des dettes, il se mue à nouveau sous nos yeux en despotisme guerrier occidental qui détruit les états, les pays comme l’Irak et la Libye qui ont osé prendre le chemin de la sortie du sous développement en investissant l’argent du pétrole, dans la santé et l’école gratuite, dans la création d’emplois et d’infrastructures modernes en éradiquant l’analphabétisme, la sous-alimentation, dans le progrès technologique et scientifique, dans la maîtrise des avoirs financiers générés par le travail collectif du peuple sur les bases de la souveraineté et de l’indépendance nationale et en initiant des coopérations Sud-Sud en dehors des diktats libéraux usuriers du FMI et de la Banque mondiale. Khadafi a été aussi un fervent soutien des mouvements anticoloniaux de libération des peuples opprimés, notamment du peuple sud-africain contre le système odieux de l’apartheid, du peuple palestinien contre le colonialisme fasciste de l’état sioniste d’Israël qui perdure. Les mots fétiches «démocratie» et «protection des civils» au service de la technique nazie de la fabrication de mensonges assénés par le biais du monopole médiatique d’une presse qui prend sa source à l’OTAN, le Pentagone, la CIA et le Mossad forment les deux faces du nouveau cycle des guerres coloniales de la Françafric, de l’Eurafric et de l’Usafric. Le cynisme totalitaire impérialiste occidental a pris la forme de la soi-disant «no fly zone pour protéger les civils», s'est transformé en «Khadafi doit partir» avant de devenir «Khadafi doit mourir». Les puissances émergentes, notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil et les pays d’Afrique et du monde Arabe doivent absolument méditer cette dénonciation du pasteur Niemeyer de la division face aux monstres prédateurs que sont la Françafric, l’Eurafric et l’Usafric: «Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste; quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n‘ai rien dit, je n’étais pas syndicalistes; quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif; quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique; puis ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester». C’est ce qu’ont compris les états progressistes antilibéraux de l’ALBA (Venezuela, Bolivie, Equateur, Nicaragua, Salvador, Péru) et les démocraties populaires socialistes (Cuba, Vietnam, Corée du Nord) qui dénoncent systématiquement les crimes sans nom des impérialistes occidentaux. Les peuples en Afrique, en Amérique du sud, en Asie doivent manifester plus fortement leur condamnation des guerres coloniales des barbares occidentaux aux ordres des firmes transnationales du capital financier pour contraindre leurs gouvernants à résister fermement aux agressions racistes et coloniales des impérialistes occidentaux. L’inexistence d’un mouvement anti-guerre dans les pays impérialistes agresseurs qui lie lutte contre l’austérité au nom de la crise, de la dette et des déficits à la lutte contre les guerres impérialistes est une grave responsabilité et un grand défi posés aux communistes, aux syndicalistes, aux internationalistes, aux antiracistes, aux anticolonialistes, aux démocrates et à l’ensemble du monde du travail dans les états guerriers européens et étatsuniens. Les forces sociales et politiques progressistes en occident doivent dénoncer et détruire ce chantage bourgeois colonialiste raciste et chauvin selon lequel pour sauver la «société de consommation» capitaliste «il faut opprimer les autres». Cette négation de l’égalité des peuples qu’a toujours diffusée la bourgeoisie impérialiste a été résumée ainsi en 1895 par Cécil Rhodes: «J'étais hier dans l'East-End (quartier ouvrier de Londres), et j'ai assisté à une réunion de sans-travail. J'y ai entendu des discours forcenés. Ce n'était qu'un cri: Du pain! Du pain! Revivant toute la scène en rentrant chez moi, je me sentis encore plus convaincu qu'avant de l'importance de l'impérialisme... L'idée qui me tient le plus à cœur, c'est la solution du problème social, à savoir: pour sauver les quarante millions d'habitants du Royaume-Uni d'une guerre civile meurtrière, nous, les colonisateurs, devons conquérir des terres nouvelles afin d'y installer l'excédent de notre population, d'y trouver de nouveaux débouchés pour les produits de nos fabriques et de nos mines. L'Empire, ai-je toujours dit, est une question de ventre. Si vous voulez éviter la guerre civile, il vous faut devenir impérialistes» (Lénine, chapitre VI, Impérialisme stade suprême du capitalisme). Quand au piège éculé du «ni Khadafi, ni OTAN» tout comme hier le «ni Saddam, ni Bush» qui sème l’inaction et même relève d’une complicité avec «son» propre impérialisme, il faut rappeler que depuis Marx/Engels pour les communistes internationalistes véritables: «La lutte de l’émir Afghan pour l’indépendance de l’Afghanistan est objectivement une lutte révolutionnaire, malgré le tour monarchiste des conceptions de l’émir et de ses partisans, car elle affaiblit, désagrège et sape l’impérialisme, cependant que la lutte des démocrates et des ‘socialistes’ à tous crins, des ‘révolutionnaires’ et des républicains, tels que par exemple, Kérenski et Tsérételli, Renaudel et Scheidemann, Tchernov et Dan, Henderson et Clynes [Aujourd’hui Bush/Obama, Blair/Cameron, Mitterand/Sarkozy, etc.] pendant la guerre impérialiste était une lutte réactionnaire, car elle avait pour résultat de maquiller, de consolider, de faire triompher l’impérialisme. Les mêmes raisons font que la lutte des commerçants et des intellectuels bourgeois égyptiens pour l’indépendance de l’Égypte est une lutte objectivement révolutionnaire, malgré l’origine et la qualité bourgeoise des leaders du mouvement national égyptien, et bien qu’ils soient contre le socialisme; cependant que la lutte du gouvernement travailliste anglais pour le maintien de l’état de dépendance de l’Égypte est, pour les mêmes raisons, une lutte réactionnaire, malgré l’origine prolétarienne et la qualité prolétarienne des membres de ce gouvernement, et bien que ceux-ci soient «pour» le socialisme. Je ne parle même pas du mouvement national des autres pays coloniaux et dépendants plus vastes, comme celui de l’Inde et de la Chine, dont chaque pas fait dans la voie de leur libération, si même il déroge aux exigences de la démocratie formelle, n’en est pas moins un coup de marteau-pilon asséné à l’impérialisme, c’est à dire un pas incontestablement révolutionnaire» (Staline, La question nationale et coloniale, édition Norman Bethune, Paris 1974, extrait des conférences sur les «principes du léninisme» d'avril 1924 de Staline citant Lénine à l'Université Sverdlov qui deviendra l'Université des peuples d'orient puis Lumumba). Après plus de 8 mois d’une résistance héroïque Khadafi a été finalement assassiné par l’OTAN qui aura aussi causé près de 60.000 morts dans la population Libyenne. Comme en Afghanistan, en Irak, la résistance va se poursuivre contre les valets du CNT et leurs maîtres impérialistes auxquels ils vendent déjà le pays et ses richesses. Et comme après l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, les impérialistes, empêtrés dans la crise systémique du capitalisme mondial, vont inévitablement chercher une autre cible à attaquer parce que comme le dit Cécil Rhodes «Si vous voulez éviter la guerre civile, il vous faut devenir impérialistes». C’est aussi en cela que l’occident impérialiste aujourd’hui est sur les traces de la pire des formes qu’a pris le capitalisme au XXe siècle le fascisme Nazi, lequel aussi bombardait et occupait les peuples pour soi-disant les «libérer de l'oppression communiste» et édifier «les États-Unis Europe» dont «L'opportuniste allemand Gerhard Hildebrand, qui fut en son temps exclu du parti pour avoir défendu l'impérialisme et qui pourrait être aujourd'hui le chef du parti dit "social-démocrate" d'Allemagne, complète fort bien Hobson en préconisant la formation des "Etats-Unis d'Europe occidentale" (sans la Russie) en vue d'actions "communes"... contre les Noirs d'Afrique, contre le "grand mouvement islamique", pour l'entretien "d'une armée et d'une flotte puissantes" contre la "coalition sino-japonaise", etc.» (Lénine, Impérialisme stade suprême du capitalisme, chapitre VIII). Encore une fois il n’y a rien de neuf sous le despotisme fascisant d’aujourd’hui fécondé par les «démocraties» occidentales criminelles dans leur course meurtrière pour sauver et assurer le maximum de profit au détriment des peuples et des travailleurs du monde. Kadhafi le patriote est mort. Gloire au combattant mort pour la liberté et l’égalité entre les peuples et vive les résistances libyenne, Irakienne et Afghane. Déclaration commune: Ferñent / Mouvement des Travailleurs Panafricains – Ferñent/Mtps – Sénégal (fernentmtps@yahoo.fr) Rassemblement des Cercles Communistes - RCC – France Fait le 21/10/11
«Le président Barack
Obama a déclaré que
la mort de Mouammar Kadhafi de Libye et la fin de la guerre en Irak
sont des rappels puissants du renouveau de la direction étasunienne
dans le monde.» A.P. «Les insurgés libyens méritent l`'aide de tous les démocrates.»[…], voir Libye, le juste et l'injuste, Ignacio Ramonet, ancien directeur du Monde Diplomatique, fondateur d'ATTAC, de l'Observatoire International des Media,... (1/4/2011) [Source: http://www.medelu.org/Libye-le-juste-et-l-injuste] À cent ans de la première guerre de Libye: Retour à «Tripoli, bel suol d’amor» par Manlio Dinucci Le 5 octobre 1911, après deux jours de bombardement naval, le premier contingent italien débarqua à Tripoli, commençant l’occupation coloniale de la Libye qui, poursuivie et renforcée par le fascisme, allait durer trente ans. Est-ce une page historique définitivement tournée? N’y a-t-il donc aucune analogie entre la première guerre de Libye et l’actuelle? Certes, en un siècle beaucoup de choses ont changé. Mais les mécanismes de la guerre sont restés en substance les mêmes. Les intérêts derrière la guerre Au début du 20ème siècle l'Italie, demeurée après la défaite d'Adua (1896) puissance coloniale de second plan avec les possessions d'Érythrée et de Somalie, relança sa politique expansionniste: l'objectif était la conquête de la Libye, qui faisait partie de l'Empire ottoman en train de s'effriter. Ceux qui poussaient vers cette direction étaient les cercles dominants financiers, industriels et agraires, qui voulaient pénétrer en Afrique du Nord, et les fabricants de canons qui voulaient une guerre pour augmenter leurs profits. La conquête débuta avec une stratégie économique agressive, opérée par le gouvernement à travers le Banco di Roma, puissant institut financier lié aux milieux du Vatican et des catholiques. Avec de gros capitaux et de fortes contributions gouvernementales, il commença en 1907 à pénétrer en Libye, en ouvrant des succursales, des banques de gage et des agences commerciales. Il mit la main aussi sur l'agriculture, en achetant des terrains, en implantant un gros établissement agricole et d'élevage près de Benghazi et un énorme moulin à Tripoli, et promut des recherches minières. En trois années il réalisa un train d'affaires de plus de 240 millions de lires. Cela suscita l'hostilité croissante des autorités turques. L'Italie répondit en déclarant la guerre à la Turquie, malgré l'ample disponibilité de celle-ci à faire des concessions. Aujourd’hui, pour les élites économiques et financières européennes et étasuniennes, la Libye est encore plus importante. Dans le «gros tas de sable» se trouvent les plus grandes réserves pétrolières d’Afrique, précieuses pour leur haute qualité et leur bas coût d’extraction, et de grosses réserves de gaz naturel; et il y a l’immense réserve d’eau de la nappe nubienne, en perspective plus précieuse que le pétrole. Et la Libye est le pays qui a atteint en Afrique le plus haut niveau de développement économique, qui a de gros capitaux investis dans de nombreux pays. Sur ces ressources, ce sont surtout la Grande Bretagne et les États-Unis qui mirent la main quand le pays obtint son indépendance en 1951 mais resta dépendant du colonialisme qui avait pris de nouvelles formes. Condition qui se termina quand, en 1969, les «officiers libres» de Mouammar Kadhafi abolirent la monarchie du roi Idris, instrument de domination néocoloniale, et fondèrent la république, nationalisant les propriétés de la British Petroleum et obligeant les compagnies pétrolières à verser à l'État libyen des quotas beaucoup plus élevés de leurs profits. À présent, avec la guerre, tout est remis en question. La préparation de l’opinion publique Il y a un siècle, la guerre pour l’occupation de la Libye fut préparée et accompagnée par une propagande martelée, conduite par quasiment tous les plus grands quotidiens, surtout ceux catholiques liés au Banco di Roma. Un véritable délire se propagea : dans les cafés-chantants on fredonnait «Tripoli, belle terre d’amour, qu’arrive à toi ma chanson! Que flotte le Drapeau tricolore sur tes tours au grondement du canon! Navigue, ô cuirassé: propice est le vent et douce la saison. Tripoli, terre enchantée, tu seras italienne au grondement du canon!». La motivation conductrice était que l’Italie, nation civilisée, devait libérer la Libye de la barbare domination turque, ouvrant la voie à son développement politique et économique. En réalité les Libyens avaient déjà conquis de nombreux droits politiques, que les Italiens abolirent quand ils occupèrent le pays. Le Parti socialiste, surévaluant sa propre force et ne croyant pas Giolitti (Premier ministre libéral, NdT) capable de jeter l’Italie dans une aventure coloniale, resta substantiellement immobile. Au dernier moment seulement, sous la pression des cercles ouvriers et de jeunesse, la direction du Psi proclama une grève générale le 27 septembre 1911. Tout en recommandant cependant qu'elle fût «digne et posée». En réalité, depuis longtemps déjà, de notoires représentants socialistes étaient devenus des soutiens du colonialisme. Giovanni Pascoli (célèbre poète de la fin du 19ème et début du 20ème siècle, NdT) écrivait: «L'aspiration de l'expansion coloniale ne contraste pas avec mon socialisme». Et, la guerre pour la conquête de la Libye étant commencée, il annonçait: «la grande prolétaire s'est mise en marche» pour donner du travail à ses enfants, pour «contribuer à l'humanisation et à la civilisation des peuples». Une énonciation avant la lettre du concept de «guerre humanitaire», qui est aujourd’hui à la base du martèlement de propagande médiatique en faveur de l’attaque contre la Libye. La motivation est encore celle de libérer le peuple libyen, dans ce cas non pas de la barbare domination turque mais de celle du dictateur Kadhafi, pour lui ouvrir la voie vers le développement politique et économique avec la contribution du travail italien. Et aujourd’hui bien plus qu’en 1911, on a une «gauche» qui appuie la guerre. Et un secrétaire du PD (Partito democratico) qui affirme: «L’article 11 de la Constitution répudie la guerre comme solution des controverses internationales, mais certes pas l’usage de la force pour des raisons de justice» L’attaque et la résistance La guerre de 1911 fut longuement préparée, en infiltrant des agents secrets en Libye avec une double mission: recueillir des informations militaires et recruter des chefs arabes disponibles pour collaborer. L’attaque décidée, l’Italie utilisa son écrasante suprématie militaire: plus de 20 cuirassés et autres navires de guerre bombardèrent Tripoli sans subir aucun dommage, puisque leurs canons avaient une portée beaucoup plus grande que celle des vieux canons de défense de la ville. On utilisa aussi l’aéronautique, qui le 1er novembre effectua en Libye le premier bombardement de l'histoire. Mais immédiatement après le début du débarquement du corps d'armée expéditionnaire, fort de 100.000 hommes, éclata une révolte populaire et plusieurs soldats italiens furent massacrés. Les Italiens déchaînèrent une véritable chasse à l'arabe: en trois jours environ 4.500 furent fusillés ou pendus, dont 400 femmes et de nombreux enfants. Des milliers furent déportés à Ustica et dans d'autres îles, où quasiment tous moururent d'épuisement ou de maladies. Ainsi commençait l'histoire de la résistance libyenne. En 1930, sur l’ordre de Mussolini, furent déportés du haut-plateau de Cyrénaïque environ 100.000 habitants, qui furent enfermés dans une quinzaine de camps de concentration le long de la côte. Pour exterminer les populations rebelles, l’aéronautique utilisa aussi des bombes à l’ypérite, interdites par le récent Protocole de Genève de 1925. La Libye fut pour l’aéronautique de Mussolini ce que Guernica fut en Espagne pour la luftwaffe de Hitler: le terrain d’expérimentation des armes et techniques de guerre les plus meurtrières. En 1931, pour isoler les partisans conduits par Omar al-Mukhtar, on fit construire par le général Graziani, sur la frontière entre Cyrénaïque et Égypte, une barrière de fil de fer barbelé large de plusieurs mètres et longue de 270 Km, surveillée par des aéroplanes et par des patrouilles motorisées. Omar al-Mukhtar fut capturé et pendu le 16 septembre 1931, à plus de 70 ans, dans le camp de concentration de Soluch, devant vingt mille prisonniers. On retrouve de significatives analogies dans la guerre actuelle. Celle-ci aussi a commencé par l’infiltration d’agents secrets et le recrutement de chefs arabes disponibles à collaborer. Cette guerre aussi est conduite avec une écrasante supériorité militaire: les forces aériennes É-U/OTAN, dont font partie les forces italiennes, ont effectué depuis le 19 mars plus de 10.000 missions d’attaque, larguant environ 40.000 bombes, détruisant plus de 5.000 objectifs sans subir aucune perte. Et l’objectif de la guerre demeure celui d’occuper un pays dont la position géostratégique, à l’intersection entre Méditerranée, Afrique et Moyen-Orient, est de première importance. Aujourd’hui, surtout, pour les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, qui avec la fin de la monarchie du roi Idris perdirent les bases militaires que celui-ci avait concédées à la Libye et qu’ils cherchent maintenant à retrouver. Reste cependant à voir quelle sera la réaction du peuple libyen à ce qui se profile comme une nouvelle occupation d’allures néocoloniales. Qui sait si le président Napolitano - persuadé que l’Italie, aujourd’hui ferme gardienne de la paix, a laissé derrière elle les sombres années du bellicisme fasciste - célèbrera aussi, après le 150ème anniversaire de l'unité nationale, le centenaire de la première guerre de Libye. Pour comprendre non pas tant ce que fut alors l'Italie mais ce qu'elle est aujourd'hui. ————————————————— [il manifesto www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20111005/manip2pg/09/manip2pz/311068/, du 5.10.2011] [Source www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26937] [Traduction Marie-Ange Patrizio] «Nous avons pris connaissance
avec tristesse et consternation des propos tenus sur Twitter
par le président vénézuélien Chavez à propos du régime
dictatorial de Kadhafi...» «Le Nouveau parti anticapitaliste [NPA] soutient totalement les révolutions actuellement en cours dans les pays arabes ainsi que le peuple libyen désireux de chasser du pouvoir un dictateur au pouvoir depuis plus de 40 ans, qui a réduit à néant toute les libertés démocratiques et est prêt à tous les carnages pour rester au pouvoir» (4.3.2011) [Source: npa79.org]
Entretien
entre le président Saddam HUSSEIN (7.5.2005) Dans sa dernière édition, l’hebdomadaire cairote Al Ousboue a rapporté les détails de la réunion sécrète qu’a eue Donald Rumsfeld avec le président irakien déchu, Saddam Hussein, au cours de sa dernière visite surprise en Irak. L’aggravation de la situation sécuritaire dans ce pays - relevée par le rapport de Rumsfeld - où l’on enregistre une moyenne de trente morts par jour, contraint les Américains à chercher un moyen autre que la force pour parvenir à un apaisement. Leurs contacts avec diverses personnalités irakiennes ayant échoué, les émissaires étasuniens n’avaient plus qu’à tenter de convaincre Saddam Hussein d’intervenir dans ce sens, comme cela avait été recommandé par toutes les personnes sollicitées jusque-là. À partir de là, George W. Bush a chargé son secrétaire d’État à la Défense de prendre langue avec l’ancien chef de l’État irakien, dans sa prison située aux alentours de l’aéroport de Bagdad, afin qu’il accepte de lancer des appels au calme. En échange de sa collaboration, Saddam bénéficierait de mesures de grâce, consistant en un départ en exil vers le pays de son choix, avec des moyens financiers qui lui permettraient de vivre aisément. Il faut dire que la discussion entre les deux hommes n’a guère été amicale, à voir les réponses sèches du prisonnier, qui avait tenu au début du contact à rappeler à son vis-à-vis que ce sont les États-Unis qui sont responsables de la situation que traverse l’Irak, depuis son occupation. Saddam Hussein insista pour savoir si les soldats étasuniens avaient trouvé les armes de destruction massive, raison de la guerre menée contre son pays. — «Pas encore, répondit Rumsfeld» qui essayait, à chaque fois, de concentrer la discussion sur le but de sa mission, à savoir l’offre de liberté en contrepartie d’un appel au calme. La proposition de Donald Rumsfeld: — «Je vous fais une seule proposition qui consiste en votre libération. Vous aurez la possibilité de choisir le pays d’exil, à condition que vous apparaissiez sur les écrans de télévision pour condamner le terrorisme et appeler vos hommes à cesser leurs actions» dit le premier responsable du Pentagone. — «Avez-vous l’assentiment de votre président pour cette offre?» rétorqua Saddam. — «Oui, cette proposition a été adoptée lors d’une réunion qui a regroupé le président et son adjoint, le directeur des services du renseignement, ainsi que la secrétaire d’État aux affaires étrangères. Et j’ai été chargé de vous la présenter» dit Rumsfeld. La réponse fut — «C’est vil». Ne s’arrêtant pas là, le ministre étasunien ajouta: — «Nous sommes également disposés à faire participer des personnalités proches de vous au pouvoir.» — «Et quoi encore?» demanda Saddam. — «Nous vous donnerons une aide financière respectable. Vous serez en sécurité et bénéficierez de la confidentialité dans le pays que vous choisirez» continua le représentant de George Bush. — «Voulez-vous connaître mes conditions?», répliqua l’ancien président irakien. — «C’est mon souhait» répondit son interlocuteur. Les conditions de Saddam Hussein: — «Tout d’abord, j’attends de vous l’établissement d’un échéancier de départ de vos forces d’Irak et que votre gouvernement s’engage publiquement à le faire. La première étape de retrait doit avoir lieu immédiatement. Deuxièmement, je vous demande de libérer tous les prisonniers irakiens et arabes des prisons. Troisièmement, vous vous engagez à dédommager le peuple irakien pour toutes les pertes matérielles et humaines que vous avez causé à travers votre agression, depuis 1991 à aujourd’hui», demanda entre autres Saddam. — «Est-ce de la plaisanterie?» interrogea Rumsfeld. Très sérieux, l’homme qui a dirigé l’Irak d’une main de fer pendant trois décennies répondit: — «Non, mais c’est l’amère vérité que vous refusez de voir. Monsieur Rumsfeld, vous avez commis le grand crime de l’histoire contre un pays arabe musulman. Nous nous sommes déjà rencontrés durant les années quatre-vingt. Vous rappelez-vous de vos propositions?» Devant la réaction de son interlocuteur, Donald Rumsfeld tente de le convaincre qu’il ne faut plus revenir sur le passé et que les États-Unis étaient en passe de revoir leurs positions sur plusieurs questions. — «Nous avons décidé de dialoguer avec les islamistes modérés et nous ne nous opposons plus à leur arrivée au pouvoir par les urnes. Mieux que cela, nous avons décidé d’ouvrir toutes les voies de dialogue avec les organisations terroristes, comme le Hamas, le Djihad et le Hezbollah, ainsi que toutes les mouvances intégristes à travers le monde», affirma le secrétaire d’État étasunien. — «Ainsi, vous avez enfin décidé de revoir votre méthode erronée!» s’exclama Saddam. — «C’est l’évolution naturelle des choses. Nous œuvrons à imposer la démocratie dans tous les pays et les mouvements du monde, soumis à la dictature», rétorqua Rumsfeld, avant d’ajouter: — «Cette offre est historique pour vous. Nous allons vous libérer et nous discuterons avec vous de tout ce qui intéresse le pouvoir en Irak. Si vous refusez, c’est une occasion qui ne se renouvellera pas.» Le «niet» du Raïs: — «Je ne suis pas en quête d’occasion pour sauver ma vie de la potence que vous avez érigée pour tout le peuple irakien. Si j’avais voulu cela, je n’avais qu’à accepter l’offre russe. J’aurais sauvé mes deux fils et mon petit-fils du martyr. Je ne sais pas ce qu’il est advenu de ma famille, mes filles et mes petits-enfants, mais soyez sûr que je m’intéresse à ce qui arrive à tous les citoyens et à l’avenir du grand Irak plus qu’à moi et à ma famille. Vous m’avez déjà fait des offres similaires par le passé, notamment lorsque vous avez voulu que je dise que les armes de destruction massive avaient été ont été cachées en Syrie en échange de ma liberté. J’ai rejeté votre proposition et je vous renouvelle mon refus aujourd’hui», trancha Saddam. — «Je ne vous demande pas de me répondre maintenant. Je vous demande seulement de réfléchir. Nous sommes en train de revoir nos positions dans la conjoncture actuelle et notre objectif est de cesser l’écoulement de du sang. Partant de là, notre offre émane d’une position de force et non de faiblesse» argumenta l’envoyé spécial de George Bush. Essayant de faire pression, Rumsfeld lança: — «Mais vous avez perdu le pouvoir.» — «Il ne me reste que mon honneur, et l’honneur ne se vend ni ne s’achète» répliqua Saddam. — «Mais la vie a une valeur inestimable» insista l’émissaire américain. — «La vie n’a pas de valeur sans dignité, et vous, vous avez dépossédé l’Irak de sa dignité, en souillant sa terre. Cette dignité sera récupérée avec ou sans Saddam, s’il tombe en martyr» rétorqua sèchement le président déchu, pour montrer son refus définitif. ——————————————- [www.djazairess.com/fr/liberte/38600, le 7 mai 2005] «Est-ce parce que Kadhafi est «fou» et «incontrôlable»? Bien sûr c`est un barbare qui a réagi en barbare quand son peuple s`'est rebellé...» «On a entendu ceux qui criaient dans nos radios ‘– Ne nous laissez pas mourir’ sous les roquettes de Kadhafi et qui reprochaient aux états occidentaux de tergiverser voire, à l'excès, de «laisser faire un génocide»: ils doivent être aidés puissamment, bien sûr. La moins belligérante des solutions était de les armer et de désarmer au maximum Kadhafi…» «Les insurgés combattants auraient dû recevoir et doivent recevoir toutes les armes efficaces, adaptées, avec tout l'argent et vivres nécessaires, pour leur permettre de se libérer eux-mêmes de la dictature….», Gérard FILOCHE, dirigeant LCR, passé au PS, Inspecteur du travail… (20/3/2011) [Source: www.filoche.net]
Entretien avec Pascal Boniface: Les intellectuels faussaires C’est une sévère critique des intellectuels les plus médiatisés de France à laquelle Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), s’adonne dans son dernier livre, «Les Intellectuels faussaires»*. Un essai pamphlétaire dont le très corrosif sous-titre, «le triomphe médiatique des experts en mensonge», s’attaque aux dérives du débat intellectuel d’aujourd’hui. Daniel Salvatore Schiffer: Votre dernier ouvrage a comme très explicite et critique titre «Les Intellectuels faussaires». Son sous-titre n’est pas moins corrosif, ni dévastateur: «Le triomphe médiatique des experts en mensonge». Qu’est-ce à dire? Pascal Boniface: Je ne m’attaque pas, dans ce livre, à des gens avec lesquels je règle là des désaccords idéologiques, même si j’en ai avec la plupart des personnes que je cite. J’ai voulu y démasquer ces «intellectuels faussaires» uniquement dans le domaine de spécialisation qui est le mien: les relations internationales. Je ne m’aventure pas, par exemple, sur le terrain de l’économie, que je ne connais pas assez. Non: ceux que j’y critique, ce sont ces gens qui prétendent se faire une spécialité, alors qu’ils n’en ont pas les connaissances, des questions stratégiques. Et, ce, en employant des arguments qui, non seulement sont faux, mais dont ils savent, chose plus grave, qu’ils sont fallacieux! DSS: Pourquoi? A quelle fin se rendent-ils coupable de pareille forfaiture intellectuelle? P.B.: Leur but est d’influencer le public, pour une triple raison: soit pour les amener à des idées qui sont les leurs; soit par intérêt professionnel; soit, plus dommageable encore, parce qu’ils vont dans le sens du vent. Ils ne font que suivre, tout en se présentant comme de courageux résistants, la pensée dominante. DSS: Un conformisme médiatique, doublé d’un dogmatisme politico-idéologique, en somme? P.B. Oui. Ils se gardent bien de dire certaines choses, même lorsqu’ils pensent qu’elles peuvent être vraies, car ce qu’ils craignent par-dessus tout, c’est de subir des représailles de la part de ce système médiatique dont ils ne sont, en réalité, que les porte-parole. Cette malhonnêteté intellectuelle, dont j’ai été souvent le malheureux témoin lors de débats télévisés, s’avère particulièrement néfaste pour nos démocraties. C’est contre ce genre de mensonges délibérés que mon livre s’insurge: livre qui s’est vu par ailleurs refusé par quatorze éditeurs! DSS: Avez-vous des exemples concrets quant à ce genre d’attitude, particulièrement répréhensible sur le plan moral et intellectuel?P. B.: On peut avoir un réel et très légitime débat sur le concept d’«ingérence». La Libye du colonel Kadhafi nous en fournit, ces semaines-ci, une nouvelle occasion. De même pour l’Irak. Au moment où Saddam Hussein était à sa tête, on pouvait avoir un véritable débat sur la nécessité ou non, pour nos démocraties occidentales, de s’ingérer dans les affaires internes de ce pays afin d’y renverser son dictateur. Les questions, de ce point de vue-là, sont aussi nombreuses que fondées: est-ce la meilleure méthode pour libérer un pays de la tyrannie? est-ce que le remède est pire que le mal? comment atténuer les souffrances d’un peuple opprimé? la notion de «guerre juste» est-elle recevable? Ces problématiques peuvent faire, et doivent faire, l’objet d’un débat, y compris entre intellectuels. Mais à partir du moment où on affirme péremptoirement, sans preuves, que ce même Saddam Hussein possède des armes de destruction massive, et qu’il faut donc une guerre pour l’éliminer et l’empêcher ainsi de nuire, on n’est plus, là, dans le débat intellectuel; on est, au contraire, dans la volonté d’influencer unilatéralement, dans un sens bien précis et par rapport à des intérêts bien calculés, l’opinion publique: c’est de la pure et simple propagande, destinée à justifier, à travers le mensonge, les fins les plus injustifiables: une guerre, illégale, de surcroît, car menée sans mandat international de l’ONU! C’est cela qui me heurte le plus dans le comportement de ces intellectuels: la fabrication, à l’instar des politiques et pour leur seuls intérêts personnels, de mensonges. DSS: Certains d’entre eux vous rétorqueront, à tort ou à raison, qu’une guerre, aussi abominable soit-elle, vaut parfois mieux que maintenir au pouvoir un dictateur, surtout lorsque c’est la démocratie que l’on veut instaurer!P.B.: Dans le cas spécifique de la guerre d’Irak, cela s’est révélé, en tout état de cause, faux! À l’inverse, toutes les mises en garde que j’avais pu, avec d’autres, adresser, à l’époque, se sont révélées, a posteriori, exactes. Mais le pire, en l’occurrence, c’est que ces mêmes personnes, qui avaient justifié cette guerre au prétexte fallacieux de la présence d’armes de destruction massive, continuent, à ma grande surprise, à être considérés comme des experts en matière de géostratégie et, donc, à occuper le terrain médiatique. DSS: Quelles conclusions en tirez-vous?P.B.: De deux choses, l’une. Soit ces intellectuels mentaient sciemment, et donc ils étaient de vulgaires propagandistes, auquel cas il ne faut les considérer que comme tels. Soit ils se sont lourdement trompés, auquel cas ce ne sont tout simplement pas des «experts»… sinon en mensonges éhontés, précisément! Postures médiatiques et impostures intellectuelles DSS: D’autres exemples de ce genre de manipulation? P.B.: J’ai été frappé par la façon dont ces mêmes intellectuels ont détourné l’irruption de la morale, dont tout humaniste était pourtant censé se féliciter, dans les relations internationales. J’en veux, pour preuve, la guerre du Kosovo, en 1999, qui a été menée par l’OTAN sans, là non plus, de mandat international. En ce sens, la guerre du Kosovo annonçait celle d’Irak. Cela n’a cependant pas empêché, à l’époque, cette sortie incroyablement arrogante de Bernard-Henri Lévy, à la «une» du journal «Le Monde», à l’encontre de Régis Debray. Certes pouvait-on avoir, là aussi, un débat, entre intellectuels, de haute tenue: sur la guerre du Kosovo elle-même; sur le nettoyage ethnique; sur les méthodes employées par les Serbes pour résoudre leur conflit avec les Kosovars; sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes; sur les limites de l’autodétermination; sur le sécessionnisme, etc. Mais non: toutes ces questions se sont vues transformées, par Lévy, en un sommaire et expéditif article intitulé «Adieu Régis». Avec, comme conséquence, la condamnation de ce même Debray, intellectuel à l’œuvre pourtant nettement plus conséquente que celle de son accusateur, à une sorte d’exil, de forclusion médiatique. Telles sont les raisons pour lesquelles, indigné, je me suis décidé, après moult hésitations, à écrire ce livre, «Les Intellectuels faussaires»: afin de lever le voile sur ceux qui nous racontent, du haut de leurs postures médiatiques et impostures intellectuelles, des sornettes! DSS: Votre ouvrage ne se limite pas à une simple, pour acerbe qu’elle soit, galerie de portraits. Il tente de pousser un peu plus loin, dans sa première partie, intitulée «De la malhonnêteté intellectuelle en général», la réflexion: comment se fait-il que des gens, dont l’absence de sérieux tout autant que de crédibilité est connue par le public comme par les journalistes, peuvent continuer, malgré tout, à triompher sur la scène médiatique? Quelles en sont les raisons profondes? Quelles sont les causes de cet incroyable paradoxe, du moins en France?P.B.: Les causes en sont multiples et diverses. Car il n’y a pas à cette incompréhensible dérive - le triomphe médiatique de ces intellectuels faussaires - qu’une seule raison. Il ne faudrait pas tomber, non plus, dans une absurde théorie du complot. Mais il y a là, c’est vrai, une spécificité française. DSS: Qu’entendez-vous par là? P.B.: Nous sommes, en France, plus accommodants, avec le mensonge, que dans d’autres pays. C’est peut-être dû à notre culture latine. Ce déplorable état de fait, en Angleterre et, plus généralement, dans les pays anglo-saxons, ne serait pas possible. Surtout pas aux États-Unis, où ceux qui sont pris en flagrant et répétitif délit de mensonge ne sont guère appréciés. Davantage: un Bernard Henri Lévy, en Amérique, ne jouirait plus d’aucune crédibilité, et ne serait plus invité nulle part, après l’affaire Botul! On pourrait multiplier ce genre d’exemples en France, où il y a une sorte de bienveillance négligente, une espèce de laisser-faire ou de laisser-aller, quant au mensonge, surtout lorsqu’il émane de gens qui détiennent le pouvoir. Ils sont intouchables. Peu importe ce qu’ils racontent: on continue, indéfiniment, à les respecter ou à les encenser. Pis: personne, à de rares exceptions près, n’ose dénoncer, tant ils sont craints, leurs petits arrangements avec la vérité! DSS: N’est-ce pas aussi là l’image que donne à voir, hélas pour nos démocraties, la classe politique elle-même?P.B.: Absolument! Nous assistons au même phénomène, en France, avec la politique: ses responsables peuvent mentir et continuer leur activité, comme si de rien n’était, sans que rien ne s’oppose à leurs démagogiques mensonges. Aux États-Unis, pays dont les français aiment à se moquer, le jugeant trop rigoriste, le mensonge est disqualifiant dans la vie politique. En France, bizarrement, il ne l’est pas, ni dans la vie politique ni dans la vie intellectuelle. C’est très dangereux! Sérial-menteurs DSS: Pourriez-vous préciser la nature de ce danger? P.B.: Cela conduit, à terme, au populisme, que ces mêmes intellectuels dénoncent pourtant. Cela mène à une sorte de méfiance par rapport aux élites. Il y a, en France, une très grande coupure entre les masses populaires et les élites intellectuelles, du moins celles, privilégiées, occupant le haut du panier. Car il existe aussi des élites intellectuelles qui, bien que très informées, n’ont aucun accès à la voix médiatique: des enseignants, des professeurs, des médecins, des avocats, etc. Il y a, dans l’Hexagone, des dizaines de milliers de gens qui possèdent une excellente information, qui ne sont pas dupes de ces faussaires, mais qui, malheureusement, n’ont pas d’autre choix que de constater, parfois à leur détriment, que ce système leur impose constamment, quotidiennement, les mêmes personnages, les mêmes figures, les mêmes faussaires. Bref: ceux que j’appelle, dans ce livre, les «serial-menteurs», lesquels assènent sans scrupules ni vergogne, chaque soir sur tel ou tel plateau de télévision, chaque matin dans telle ou telle chronique radio, un nombre invraisemblable de contrevérités. DSS: La deuxième partie de votre essai, intitulée «De quelques ‘faussaires’ en particulier», nous livre, de ce point de vue-là, quelques exemples concrets!P.B.: Effectivement: ces intellectuels faussaires, qui squattent en permanence nos plateaux de télévision et occupent régulièrement nos studios de radio, ont pour nom, principalement, Alexandre Adler, Caroline Fourest, Mohamed Sifaoui, Thérèse Delpech, Frédéric Encel, François Heisbourg, Philippe Val et, bien entendu, Bernard-Henri Lévy, leur seigneur et maître. DSS: Ne croyez-vous pas qu’il y ait là, en cet arbitraire éventail de noms disparates et même hétéroclites, quelque amalgame un peu trop rapide, facile ou simpliste? C’est là un des reproches adressés, par une certaine critique philosophico-littéraire, à votre livre. Qu’ont en commun, par exemple, une Caroline Fourest et un Bernard-Henri Lévy, un Alexandre Adler et une Thérèse Delpech, hormis ce fait, par-delà leurs différentes sphères de compétence, qu’ils publient tous, même si cela n’est probablement pas un hasard, chez Grasset, maison d’édition germanopratine par excellence? P.B.: Ce à quoi on a affaire là, avec ces intellectuels faussaires, c’est, pour reprendre l’heureuse et célèbre expression de Julien Benda, une nouvelle «trahison des clercs», où l’intérêt personnel prime, moyennant une série de mensonges les uns plus énormes que les autres, sur l’intérêt général. C’est là une menace qui pèse aujourd’hui, non seulement sur l’information, mais sur la démocratie elle-même. Il est donc impératif, à l’heure actuelle, de se montrer vigilant: c’est là, face à ce danger qui nous guette, une nouvelle forme de résistance intellectuelle, alliée à une exigence sociale en même temps qu’à un devoir moral! Daniel Salvatore SCHIFFER
* Publié chez J-C Gawsewitch, Paris. «En hésitant, la communauté internationale a laissé Kadhafi massacrer une partie de son peuple. Il y avait grande urgence à intervenir, c`'était presque la décision de la dernière chance», Jean-Marc AYRAULT, président du groupe des députés socialistes, député/maire de Nantes. (18/3/2010). [Source:: http://jmayrault.fr/libye-il-y-avait-grande-urgence-a-intervenir/] Syrie «Les Syriens, dans leur majorité, n’adhèrent pas à la politique du pire» Interview de Gilles Munier par Kinan al-Kurdi* M. Munier, vous revenez d’un voyage en Syrie, à l’invitation de chefs d’entreprise syriens, lors duquel vous vous êtes rendu à Damas et à Hama. Quelle est l’atmosphère générale dans ces deux villes, dont l’une, Hama, a connu une période d’insurrection? Quelle estimation faites-vous de l’intensité du soutien à Bachar al-Assad, d’une part, et à l’opposition’autre part, au sein de la population syrienne? L’invitation en Syrie m’a été adressée directement par une association de chefs d’entreprise syriens cherchant à combler un déficit en matière de communication sur la situation dans leur pays. Ces hommes d’affaires qui voyagent beaucoup savent bien que ce n’est pas en adoptant la stratégie de l’autruche que l’on répond à une campagne de diabolisation. Une centaine de personnalités, de journalistes venus d’un peu partout dans le monde, y ont répondu. Evidemment, l’initiative était soutenue par le gouvernement syrien, mais il ne s’agissait pas d’un voyage organisé par le ministère de l’Information, comme j’en ai connu beaucoup, en Irak et ailleurs, depuis les années 70. Damas était telle que je l’ai toujours connue. Je suis arrivé à 2 heures du matin. Il n’y avait pas de mesures de sécurité renforcées à l’aéroport, un seul check point – mais fluide – à l'entrée de la capitale. Le lendemain, je me suis baladé sans accompagnateur et n'ai remarqué aucun déploiement de force particulier, ni aux carrefours, ni devant les bâtiments officiels. Dans le souk Hamadiyé, cœur de Damas, la vie suivait son cours habituel. Je n'ai pas vu de présence policière anormale près de la mosquée des Omeyyades ou aux alentours du tombeau de Salah Eddine, comme le prétendent les communiqués de l'opposition extérieure. Mais à Hama, l’atmosphère est différente. Pour moi, le temps y semblait suspendu. Je pense que ma perception de la ville est faussée par ce que j’ai lu ou entendu sur le soulèvement organisé en 1982 par les Frères musulmans, durement réprimé. En juin et début juillet, les manifestations d’opposants qui s’y sont déroulées, infiltrées par des extrémistes armées, ont fait d’importants dégâts. Le gouverneur, partisan de la négociation, avait ordonné aux forces de sécurité et à l’armée de quitter la ville. Il n’a pas pu empêcher les émeutes et pillages qui ont suivi et a été remplacé. Son successeur, Anas Naëm, a repris la situation en main. Il y a eu des combats de rues, des morts et des arrestations. La vidéo qu’il nous a fait projeter témoigne des échauffourées et des destructions, mais la Syrie ne s’est pas «enflammée du sud au nord, d’est en ouest» comme le prédisait le «facebookiste» Rami Abdelrahman, directeur de l'obscur Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH), officine pro-OTAN basée à Londres. Je pense que les Syriens, dans leur majorité, n’adhèrent pas à la politique du pire. Ils refusent l’irakisation de leur pays. Globalement, Bachar al-Assad est soutenu par ceux qui craignent que les désordres sanglants actuels débouchent sur le chaos. L’intensité du soutien dont il bénéficie dépend en grande partie de cette prise de conscience. L’opposition extérieure surfe, à des degrés divers, sur la vague de mécontentement manipulée par les services secrets occidentaux, saoudiens, jordaniens, turcs. L’opposition intérieure, plus nationaliste, en phase avec les réalités du pays, est en général pour une solution négociée de la crise. Elle répond donc favorablement aux offres de dialogue du régime, trouve que les réformes proposées vont dans le bon sens, même si elle les juge insuffisantes, ce qui est normal de la part d’une opposition. Quelle appréciation générale portez-vous sur les causes et origines de l’actuelle crise en Syrie? Y voyez-vous le résultat d’un plan de déstabilisation de l’étranger ou un phénomène spontané de décomposition des vieux systèmes autoritaires dans le monde arabe? Je pense qu’il n’y aurait pas eu de crise en Syrie - du moins pas maintenant - si les pays de l'OTAN ne s'étaient pas senti dépassés par les révolutions arabes de Tunisie et d’Egypte. Ce qui était en cause, c’était l’inféodation de la plupart des régimes de ces pays aux desiderata politiques et économiques occidentaux, et leur inaptitude à se réformer de l’intérieur. Tout le monde s’attendait à ce qu’un jour la colère des peuples explose contre l’injustice, la misère, le chômage, l’impossibilité de s’exprimer librement. Il y a longtemps qu’aux Etats-Unis, des think tanks planchaient sur des scénarii de gestion des crises futures. Les stages offerts à des jeunes originaires des pays arabes pour les former aux techniques d'influence via Internet et Facebook le prouvent. Mais loin de moi l'idée que les réseaux sociaux sont à l'origine des «Printemps arabes». Les messages repris par la presse occidentale sont souvent conçus hors des pays concernés, par des officines spécialisées! Un exemple… Prenons le cas de Rami Abdelrahman, agitateur syrien dont j’ai parlé tout à l’heure. Sa véritable identité n’est pas établie. Personne ne l’a rencontré, l’AFP l’a interviewé, mais par téléphone. On dit qu’il aurait été formé à Stockholm aux techniques de subversion par réseaux sociaux et Internet, par l’Institut suédois, une institution financée par l’Etat dispensant des cours pour «façonner l’opinion publique» dans le monde arabe. Il affirme diriger un réseau de «200 correspondants» en Syrie, disposant de matériels de communication sophistiqués et lui rendrait compte «heure par heure» de l'état de la situation.! Aucun média n'a pris la peine d'enquêter sur cette machine de guerre «droit-de-l'hommiste», pourtant tous répercutent ses communiqués sans se poser de question. Curieux, non? Plus menaçant est le jeu des Frères musulmans syriens. Leurs relations avec l’Intelligence Service - MI6 - datent des années 40, celles avec la CIA des années 50. Le soulèvement organisé à Deraa, ville située près de la frontière jordanienne, déclencheur des événements actuels, n’est pas sans rappeler l’«ération straggle», montée en 1956 par les anglo-américains avec l'aide des services secrets jordaniens et des Frères musulmans pour se débarrasser d'un gouvernement syrien qui ne leur plaisait pas. Un des organisateurs du complot était Kermit Roosevelt junior, l'homme qui a renversé le docteur Mohammad Mossadegh en 1953, en Iran. En Syrie, les États-Unis ont allumé un contre-feu pour sauver, au moins provisoirement, les régimes qui leur sont inféodés. Rien ne dit qu’ils y parviendront. La panique du roi Abdallah d’Arabie rentrant d’urgence du Maroc, où il était en convalescence, pour étouffer à coup de milliards de dollars le mécontentement dans son pays, est un signe qui ne trompe pas. Quelles sont selon vous les conditions nécessaires à un scénario de sortie de crise en Syrie? A l’inverse le risque d’une intervention de l’OTAN en Syrie, dans un scénario à la libyenne, vous paraît-il possible? Je ne crois pas à un scénario à la libyenne en Syrie. Comme l’a dit Nicolas Sarkozy: «il n'est pas nécessaire, devant des réalités politiques différentes, d'agir chaque fois de la même façon»! Mais, il ne faut pas se faire d'illusion, l'OTAN ira jusqu'au bout de sa logique. En revanche, une intervention israélienne au Liban, entraînant la Syrie dans le conflit, est de l’ordre du possible. L’octroi d’un mandat international de l’ONU permettrait alors à l’OTAN, France en tête bien sûr, d’intervenir. Au fond de lui-même, Sarkozy rêve peut-être d’entrer dans Damas, de poser son pied sur le tombeau de Salah Eddine et de dire comme l’a fait le général Gouraud en juillet 1920: «Réveille-toi Saladin, nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant»! L’intervention en Libye a été l’occasion d’une alliance militaire d’un nouveau style entre les monarchies arabes du CCG (avec à leur pointe le Qatar) et l'OTAN. Quels sont les intérêts qui cimentent cette alliance que l'on voit actuellement mettre la pression sur Damas? L’intérêt de l’OTAN, occupée par le théâtre d’opération libyen, et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) est d’empêcher que les «évolutions arabes» renversent un émir ou un roi arabe. Craignant l’effet domino, ils ont vite étouffé les manifestations de mécontentement au Bahreïn et au Koweït. Les Emirats arabes, l’Arabie, sont des dictatures obscurantistes créées, pour la plupart, par le gouvernement des Indes britanniques et l’Intelligence Service, soutenues par la CIA depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. Les rois et émirs arabes savent qu’ils auraient dû être les premières victimes des mouvements de contestation. Ils mettent la pression sur Damas pour retarder leur chute en livrant des armes aux rebelles, entraînent des terroristes et font d’Al-Jazeera une chaîne de propagande occidentale, alors que dans leur pays la liberté de parole n’existe pas. Le pire, c’est qu’ils savent aussi que les Etats-Unis n’hésiteront pas à les lâcher si leurs intérêts sont menacés… On sait que le gouvernement irakien de Nouri al-Maliki (chiite), qui subit l'influence contradictoire de l'Iran et des Etats-Unis, est proche de Damas. Par ailleurs certains indices montrent que Damas a soutenu un temps certains groupes de l'insurrection sunnite (le Baas clandestin d'al-Douri, notamment). En quoi a consisté le jeu politique syrien en Irak depuis 2003? La Syrie soutient comme elle le peut la résistance irakienne, tout en entretenant de bonnes relations avec le régime de Bagdad. Elle ne soutient pas seulement le Baas clandestin dirigé par Izzat al-Douri, mais également des courants bassistes dissidents. Il ne faut pas oublier que le Commandement national (pan-arabe) baasiste siégeant à Damas comprend un représentant irakien depuis la scission historique survenue après l'éviction de Syrie du fondateur du parti, Michel Aflak. Depuis avril 2003, je crois qu'à Damas on est conscient que l'opposition baasiste n'a de chance de revenir au pouvoir que par la voie parlementaire. Mais, pour cela, le Baas irakien doit évoluer. Nouri al-Maliki, réfugié à Damas à l’époque de Saddam Hussein, a eu maille à partir avec Bachar al-Assad lorsqu’il l’a accusé de soutenir le terrorisme, mais tout est rapidement revenu dans l’ordre sur pression de l’Iran. Aujourd’hui, les organisations bassistes irakiennes et le gouvernement de Nouri al-Maliki soutiennent officiellement Bachar al-Assad. Pour finir, pouvez-vous nous dire quelques mots sur les conséquences du mouvement de révoltes arabes en Irak, pays que vous connaissez bien? Depuis l’invasion de 2003, les Irakiens résistent à une double occupation étrangère, américaine et iranienne. Ils manifestent dans les grandes villes du pays tous les vendredis, depuis février, réclamant de meilleures conditions de vie, la fin de l’occupation, des élections véritablement démocratiques. Nouri al-Maliki et Massoud Barzani font tirer à balles réelles sur les rassemblements. Bilan: des dizaines de morts et de blessés. Un journaliste, un des principaux organisateurs des «Journées de la colère irakienne», a été assassiné dernièrement à son domicile de deux balles dans la tête, après avoir été menacé de mort par des agents du régime. Aux États-Unis et en Europe, les médias ne crient pas au scandale, Alain Juppé ne parle pas de crime contre l’humanité, car les tyrans locaux servent, pour l’instant, les intérêts occidentaux. Imaginez qu’un tel événement se soit produit en Syrie… * algerie-network.com (portail de la diaspora algérienne) [Amitiés franco-irakiennes, Flash n°120, octobre 2011]
«Heureusement qu'il était là. Parce que le monde entier s'apprêtait à contempler à la télévision des massacres commis par le colonel Kadhafi, heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies et puis la Ligue arabe et l'Union africaine», a déclaré Claude GUEANT, [ministre de l'Intérieur], hier dans l'émission le Talk sur le site lefigaro.fr. (22/3/2011) «Je voudrais rendre hommage au peuple libyen. Son courage de mourir pour ses idées, de dire 'ça suffit, nous ne voulons plus de ce régime' est en singulière opposition à la lâcheté de nos gouvernements», Eva JOLY député européenne et candidate à l'élection présidentielle de 2012 du parti Europe Ecologie-Les Verts. (4/3/2011) [Source: lemonde.fr/] Syrie Les chrétiens d'Orient s'érigent en rempartsface au nouveau colonialisme occidental La guerre de Syrie aura-t-elle lieu? par mère Agnès-Mariam de la Croix et Thierry MeyssanLa guerre contre la Syrie, planifiée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni pour la mi-novembre 2011, a été stoppée in extremis par les veto russe et chinois au Conseil de sécurité. Selon Nicolas Sarkozy, qui en avait informé le patriarche maronite lors d’une entrevue houleuse à l’Élysée le 5 septembre, le plan prévoit l’expulsion par les Occidentaux des chrétiens d’Orient. Dans ce contexte, une campagne de presse est conduite en Europe pour accuser les chrétiens d’Orient de collusion avec les dictatures. Mère Agnès-Mariam de la Croix, higoumène du monastère de Saint Jacques le Mutilé (l’intercis — NdR) à Qâra (Syrie) répond à cette propagande de guerre. Thierry Meyssan: Le synode spécial pour le Proche-Orient a affirmé le caractère arabe des Chrétiens de cette région, ce qui introduit une rupture par rapport au XXe siècle où le christianisme, bien que né dans cette région, apparaissait comme la religion du colonisateur. Ce virage idéologique a conduit le Saint-Siège et les Églises d'Orient à soutenir la cause palestinienne et les forces de la Résistance antisioniste, Syrie incluse. Cette évolution avait été anticipée au Liban par le général Michel Aoun et son alliance avec le Hezbollah. Les Chrétiens d'Orient sont-ils devenus les ennemis des Occidentaux? Mère Agnès-Mariam de la Croix: Oui, le synode a affirmé avec force le caractère arabe des chrétiens d'Orient par immersion et symbiose avec leur environnement historique et culturel. N’oublions pas que les chrétiens d’Orient ont été les pionniers de la Renaissance arabe appelée Nahda, face au colonisateur ottoman. C'est eux, avec certaines éminentes figures musulmanes, qui ont redonné vie à la langue arabe et à son extension universelle à travers les traductions entreprises, vers ou depuis l'arabe, par de grands intellectuels notamment à Alep, Damas et au Mont-Liban. Les premières imprimeries du monde arabe sont le fait de chrétiens tel qu'Abdallah Zakher. Cependant, avec les mouvements panarabes du début du XXe siècle et certaines tensions à la veille des indépendances, des factions chrétiennes ont été conduites à se démarquer idéologiquement de leurs frères arabes d'autres confessions. Ceci a été très éloquent durant la guerre du Liban lorsque certains chrétiens libanais récusaient haut et fort leur appartenance au monde arabe pour se réclamer d'hypothétiques racines phéniciennes, cananéennes ou autres. La déconfiture chrétienne de la guerre du Liban a ramené les cœurs vers une juste mesure concernant l'histoire et l'identité. Les chrétiens se sont reconnus envoyés en mission sur la terre de leurs ancêtres, depuis la Mésopotamie jusqu'à la Méditerranée, en passant par les rives du Nil, pour témoigner de leur espérance face à leurs frères musulmans qu'ils avaient accueillis parfois en libérateurs face au colonisateur byzantin lors des guerres islamiques. Il faut garder en mémoire l'œuvre de feu le père Corbon, auteur d'un ouvrage qui a beaucoup influencé les pasteurs des églises chrétiennes dans le sens de l’adoption de la cause arabe et de l’identification arabe. Ce livre, dont je récuse le titre, est L’Église des arabes. Depuis toujours, le Vatican a pris position pour la cause palestinienne, non par alignement politique, mais par souci de la Justice. Aujourd’hui cette position est admise par tous les chrétiens d’Orient, y compris les anciens militants anti-arabes. Cependant, l’ingérence injustifiée de l’Occident — États-Unis et France en tête — dans les affaires régionales déjà suffisamment et amèrement expérimentée durant la guerre du Liban et non encore effacée de la réalité du terrain en Irak trouve les chrétiens, prélats en tête, extrêmement précautionneux. Il ne s’agit pas de devenir des ennemis des Occidentaux, mais de se rendre compte une fois pour toutes que la survie des chrétiens en Orient ne pourra plus être débitrice d’un quelconque protectorat ou Sublime Porte; notre avenir dépend du mariage convaincu des chrétiens avec leurs frères qui cohabitent avec eux en Orient, en qui ils reconnaissent des frères de sang par delà les divergences confessionnelles qui sont moins grandes qu’elles ne paraissent. Les chrétiens ont toujours servi de paravents culturels à l’Occident. Lorsque les Ottomans, l’homme malade de l’Europe, n’avaient d’autre alternative que d’accueillir les divers consuls occidentaux qui venaient avec leurs missionnaires à Alep (Français, Italiens, Vénitiens, Génois, Hollandais, Autrichiens, Anglais, etc…), les chrétiens étaient l’interface qui leur permettaient de s’adapter à l’Orient mystérieux. En définitive les chrétiens ne sont les ennemis de personne. Ils ont aussi bien accueillis les Occidentaux que les musulmans. Quoi qu’il en soit, ils se réservent le droit après tant de revers de critiquer les bévues, la courte vue, ou l’emportement intempestif des uns et des autres en Occident qui promeuvent leurs propres intérêts au détriment de la présence multiséculaire des chrétiens et autres composantes ethnico-culturelles du tissu socio-démographique oriental. Ou bien on accepte les principes démocratiques et on prend en compte notre point de vue, ou bien admettez que nous faisons face une fois de plus à un système impérialiste qui exige que nous nous taisions et veut nous contraindre à obéir. Thierry Meyssan: On assiste dans la presse catholique occidentale à une offensive en règle contre le nouveau patriarche maronite et ses déclarations hostiles à une intervention internationale pour changer le régime en Syrie. Ses détracteurs l’accusent de collaboration avec «la dictature des Assad». Est-il vrai que la minorité chrétienne d’Orient a peur de la démocratie? Mère Agnès-Mariam de la Croix: Je suis déçue par la presse catholique qui suit aveuglément la tendance dictée par les maîtres du monde et qui ne fait que répéter comme un perroquet ce que les médias mainstream propagent à satiété. Dommage que nous ayons, en ces jours difficiles, à nous expliquer d'abord avec nos coreligionnaires qui sont totalement dans la méprise, le malentendu et la désinformation; à part quelques exceptions dont je salue le courage. Les Occidentaux se sont habitués à être les juges, les maîtres à penser, les commanditaires, et disons les tuteurs des chrétiens d’Orient. Cela est dû à la trop grande complaisance de certains d’entre nous envers une culture alternative qu’ils ont adoptée. De surcroît, une chose est d’être francophone, une autre est de permettre aux Français - ou à d’autres occidentaux - de s’ériger en pédagogues et tuteurs des chrétiens d’Orient. Le patriarche maronite a dit ce qu’il pensait, de concert avec ses collègues les autres patriarches d’Orient. Il ne l’a pas fait en connivence avec une dictature, mais en harmonie avec ce qu’il croit être la Justice, le Droit et l’intérêt des communautés chrétiennes. Bien sûr, les propos du patriarche contrecarrent d’une manière très autorisée les manigances de la communauté internationale visant à instaurer à n’importe quel prix un régime alternatif fantoche en Syrie comme en Libye. Le fait de s’intéresser tellement aux affaires syriennes - oh! que ne l’eut-on fait lors de la guerre du Liban lorsque nous étions massacrés dans l’indifférence! - au point d’en faire la «une» quotidienne des médias du Nouveau Totalitarisme devrait éveiller l’attention de toute personne libre et critique. Prétendre que les chrétiens d’Orient et leurs pasteurs sont réticents à accompagner les révolutions arabes par crainte de la démocratie, est une calomnie malveillante. Les chrétiens ont été partout des pionniers de la liberté d’expression, de l’égalité entre citoyens, et de la dignité du peuple. Il est faux de dire que nous ignorons culturellement la démocratie, que nos familles sont autoritaires et qu’en général, il n’y a pas de démocratie dans l’Église. Il s’agit d’une lecture réductrice, superficielle, Pourquoi ne pas parler de l’amour qui règne dans nos familles? Cette concorde fait que nous n’avons pas besoin de majorité pour diriger puisque le consensus est la réalité quotidienne qui soude les divers membres de cet édifice. Quand à l'Église, c'est la communion qui préside à la relation entre ces membres. Traiter la famille et l'Église sous l'angle de la démocratie, c'est politiser ces réalités qui sont infiniment plus profondes que les intérêts de la Polis. Je suis étonnée que des prêtres qui lancent des séminaires de prière et de jeûne soient en réalité axés sur une vision unilatérale politicienne de la famille, de l'Église, de la société, au point de devenir des consultants bénévoles qui dictent, comme faisaient jadis les colonisateurs, leurs avis assénés comme des oracles du haut d'une estime surabondante de soi à la pauvre plèbe du peuple syrien considéré comme mineur, inculte, aveugle et impuissant. Les Occidentaux sont gonflés d’orgueil à tel point qu’ils ne peuvent pas penser à d’autres schèmes civils que les leurs, bien que leur monde soit confronté à une crise sociale, économique, morale, insoluble. Dans les sociétés traditionnelles fidèles au système ancestral hérité des temps bibliques, il existe d’autres moyens, d’autres paramètres qui peuvent régir d’une manière autrement réussie la vie quotidienne de la société. Je pense au système patriarcal. Je pense au système des alliances entre familles, entre tribus, entre villes, entre régions et entre États; un système fédératif basé sur les libertés et les intérêts particuliers de la famille, de la tribu, liés à la terre des ancêtres. Malheureusement l’Occident a balayé le concept d’appartenance à la terre, à la famille, à l’ethnie, et somme toute celui d’identité ontologique. Son modèle est basé, non pas sur la reconnaissance de l’individu, mais sur des intérêts périphériques. C’est au nom de l’économiquement utile que l’on sacrifie — au profit des multinationales — les principes de la patrie, de la famille, de l’identité personnelle. On ne se rend pas compte que nous sommes embarqués dans un totalitarisme ô combien plus effréné et maléfique que ces petits régimes autoritaires que l’on cherche à renverser. Eux ont eu le mérite de profiter du tissu social, identitaire, familial, tribal et clanique de notre mystérieux Orient. Je suis consciente que notre vie heureuse est, à distance, totalement incompréhensible pour l’Occident. Thierry Meyssan: Le Conseil national syrien de transition (CNS), qui s’est constitué en Turquie, est dominé par les Frères musulmans. Cette confrérie a été longuement et sévèrement réprimée par Damas. Les villes où elle est historiquement présente sont désormais au cœur de la contestation. Les Frères musulmans sont avant tout partisans d’une application moderne de la Charia. Leur préoccupation ne rejoint-elle pas celle de nombreux mouvements chrétiens en faveur d’une restauration de la moralité? Mère Agnès-Mariam de la Croix: Je déplore que de soi-disant opposants n'aient pas pris au mot le président Bachar el Assad pour débattre avec lui la série de réformes qu'il est en train de conduire. Au lieu de cela, cette opposition a fermé les portes à toute négociation, non seulement par ses déclarations, mais par la force des armes, des attentats, et autres violences. Le CNS ne se présente pas comme une émanation naturelle d'une aspiration réelle du peuple syrien à ses droits légitimes, mais comme l'accouchement forcé d'une collaboration occulte avec des intérêts étrangers à la Syrie. L’Alliance entre les Frères musulmans et l’Occident est un scandale pour les chrétiens et pour les musulmans qui ne veulent pas que le religieux empiète dans leurs vies sur le civil. Dans les régimes laïques, instaurés après le colonialisme dans la foulée panarabe, le soulagement pour tous était une certaine distance entre la religion et le civil. Or, les Occidentaux qui rejettent chez eux avec raison l’amalgame civil-religieux cherchent à le favoriser ici pour renverser des régimes laïques! C’est ce qui fait peur à la majorité du peuple syrien. La Charia appliquée dans sa totalité telle que cherchent à l’instaurer les Frères musulmans, fonde des régimes théocratiques surannés, obscurantistes, tel celui d'Arabie saoudite. Comment accepter une telle régression au XXIe siècle et quel modernisme les Frères musulmans peuvent-ils apporter à la Charia qui étant de nature divine ne saurait être tempérée ou rectifiée par aucun pouvoir humain? Je soupçonne une connivence cachée entre les intérêts néocoloniaux de l’Occident et la coercition mentale effectuée au moyen de la Charia. Les puissances occidentales ont malheureusement besoin, pour démocratiques qu’elles se présentent, d’un système qui les aide à subjuguer les masses sous couvert de piété et de fidélité à la religion. En somme, les puissances occidentales ont peur des chrétiens qui d’après l’enseignement de l’Évangile sont libres de choisir le Bien ou le Mal et sont rendus à leur dignité de créatures raisonnables, responsables de leur pensées, de leurs paroles et de leurs actions, ce qui n'est pas le cas du fondamentalisme musulman. Thierry Meyssan: Des clercs occidentaux vivant dans le monde arabe se sont résolument engagés dans le «Printemps arabe». Ils soulignent que les Européens ne doivent pas être des privilégiés, mais que tous les peuples ont le droit de vivre avec les standards occidentaux et de bénéficier de la démocratie. Pourtant, le patriarche comme vous même semblez inquiets de la révolution syrienne. En définitive, les chrétiens ont-ils une position communautaire sur ce sujet ou sont-ils politiquement divisés? Mère Agnès-Mariam de la Croix: Je crois vraiment que les clercs occidentaux qui vivent dans le monde arabe ne sont engagés que mentalement dans le printemps arabe, ce sont des révolutionnaires de papier. Qui plus est, ils n'ont pas pris la peine — parce que étrangers au tissu social et à la synthèse identitaire orientale — d'ausculter la tendance réelle de l'immense majorité silencieuse, chrétienne et musulmane. Ces clercs occidentaux sont les premiers à être induits en erreur et à démontrer qu'ils méprisent les valeurs orientales pour lesquelles ils disent s'être engagés puisqu'ils cherchent à importer par la force d'une conviction hors de propos le standard occidental comme étant la norme universelle, uniquement viable, du bien être et de la dignité. Malheureusement, regardons en face ce standard, avec des yeux orientaux: où est l'importance donnée à la famille qui s'effrite au point que l'identité du genre est devenue un débat à l'ONU? qu'en est-il des mœurs totalement révulsives pour un oriental et pourquoi ne pas le dire puisque nous sommes libres de nous exprimer, jamais en Orient nous n'accepterons la banalisation des avortements ou l'isolement des personnes âgées en dehors de leurs familles. Il est certain que le standard occidental n'est une référence que pour les orientaux qui sont déracinés de leur propre identité et qui vivent dans un monde virtuel pour se laisser façonner à l'image de leurs idoles. Ce n'est pas la révolution qui fait peur au patriarche et aux Chrétiens, mais c'est l'ingérence de l'Occident qui laisse à penser qu'il s'agit d'une conspiration ou d'un mouvement détourné plutôt que d'un événement entièrement spontané. Les chrétiens peuvent être divisés politiquement, c'est leur droit. Ils ont toujours été pluralistes et c'est leur honneur. Il n'en demeure pas moins qu'à cause de la liberté inhérente à leur formation religieuse, ils sont les artisans et je dirai une référence pour toute révolution digne de ce nom. —————————— [Mondialisation.ca www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27034] «Je souhaite que le peuple libyen soit en mesure d'instaurer une véritable démocratie, dans le respect des droits fondamentaux et de la liberté fraîchement acquise. Il revient aux Libyens maintenant de prendre leur destin en mains et aux autorités libyennes de tenir leurs engagements. Je condamne les propos de celles et de ceux qui, dans notre pays, agitent les peurs pour mieux s'opposer à la paix et à la démocratie [américano-otaniennes, bien-entendu — NdR du BIP] qui doivent s'établir sur toutes les rives de la mer Méditerranée» " [Syrie comprise, mais bien entendu, pas la Palestine de 1947 ni les pays de la péninsule arabique — NdR du BIP] François HOLLANDE, candidat PS à l'élection présidentielle de 2012. (Sans date, Lu le 25/10/2011) [Source: http://francoishollande.fr/engagements-cnt-libye] Mère Agnès-Mariam de la Croix, Supérieure du couvent de Saint Jacques l’Intercis: Au crible des informations tendancieuses, la situation en Syrie On m’a demandé mon avis sur ce qui se passe chez nous. Vous le savez je travaille en Syrie à la réhabilitation d’un monastère du VIe siècle tombé en ruine. Notre communauté monastique est dévouée au témoignage et à l’unité de l’Église d’Antioche et chargée de servir les pèlerins et les personnes en recherche spirituelle. Nous recevons près de 20.000 visiteurs par an. Cette affluence, avec le réseau local et régional d’amitiés de la communauté, nous permet d’avoir une idée assez objective de la situation qui nous préoccupe. J’aimerai d’abord souligner que la politique n’est pas un domaine où je m’aventure, ce qui m’intéresse c’est le salut final de l’homme qui est son bien suprême. Cet angle de vue aide à juger de la politique. Aussi, pour ne pas me fier uniquement à ma propre vision je me suis documentée sur le web. Je suis tombée sur des analyses que j’ai trouvées pertinentes et qui m’ont confirmée dans mes intuitions. Ces sites sont en «marge» des réseaux d’informations officiels qui, nous nous le concédons, pratiquent la langue de bois, ou pire, le lissage sémantique pour parvenir à des fins occultes quand ils ne font que puiser, sans vérification, à des sources douteuses. Il va sans dire que le Moyen-Orient vit des moments de bouleversements majeurs. Il nous est demandé en tant que chrétiens de lire les signes des temps, ce que le Seigneur, Maître de l’histoire, est en train de travailler –au sens johannique (cf. Jean 5,17). Il est important aussi de juger de la situation avec un œil spirituel pour pouvoir s’engager dans la réalité des faits d’après notre responsabilité de témoins du Christ. Monastère Saint Jacques l’Intercis Un nouveau-né très médiatisé Les manifestations qui ont commencé en Égypte pour atteindre le Yémen, le Bahreïn, la Jordanie, la Libye et la Syrie, sans oublier l’Arabie saoudite, sont acclamées et favorisées dans les médias mondiaux comme des mouvements légitimes et spontanés et mêmes charismatiques et inspirés. Quoi de plus louable et digne de sympathie que des foules qui réclament la liberté, la démocratie et le changement constructif au sein de leurs pays respectifs dont les monarchies vétustes et les régimes désuets au pouvoir désormais héréditaire sont tous tyranniques et corrompus? On nous annonce avec fracas qu’un enfant vient de naître des cendres de l’arabisme moribond, il s’appelle révolution. Avec l’Amérique pour parturiente, et pour marraines la Ligue Arabe et les Nations-Unies, présidées par la France et l’Angleterre, le nouveau-né a été déclaré enfant légitime de la communauté internationale alignée. Son père est l’antinationalisme arabe et sa mère la liberté. Pour asseoir sa légitimité il a eu pour témoins les cousins princiers du Golfe, Qatari en tête. Attendrie par sa naissance la communauté internationale s’engage à le protéger contre tout mal, même au prix d’une ingérence qui sera, toujours dans son cas, strictement humanitaire. Vraie sosie du Christ coranique l’arabisme mondialisé est un enfant-prodige qui parle dès son berceau la nouvelle langue planétaire. Il est le signe de la toute-puissante providence du sacro-saint monde virtuel qui brasse les idées des hommes comme le chef de cuisine mélange sa sauce au goût du jour. Nourrices consciencieuses du nouveau-né, encore aux tétines dans les aréopages du net, les chaînes satellitaires, viennent, à grand renfort de câlins, en aide à son isolement affectif. Elles le bercent de nouvelles cantilènes où il apprend qu’en vertu de la nouvelle paternité internationale il n’est pas orphelin mais seulement libéré de sa mère-vampire. Voilà qu’autour de son berceau une nouvelle arabophonie voit le jour en un phénomène médiatique nouveau qu’on n’a pas eu le temps de voir venir et qui s’impose. On zappe à longueur de journée et c’est le même discours, habilement basé sur les dogmes de la nouvelle religion mondiale. En fait, ce qui nous pose problème n’est pas le phénomène des manifestations contre les régimes de notre région mais le timing, et l’accompagnement tendancieux qui est réservé à ces dernières de la part des chaînes satellitaires, en coordination parfaite avec certains gouvernements. Elles étaient préparées pour l’année, le jour et l’heure. Al Jazzirah, huée cependant par les forces de la coalition en Iraq mais transformée aujourd’hui en porte-parole international – oh combien ambigu – des valeurs du nouveau Moyen-Orient; Al Arabiyah, qui s’exprime, oh paradoxe, au nom de la liberté à partir du fief de la plus grande théocratie arabe en Arabie Saoudite; Al Hurra, née des cendres du régime de Saddam Hussein par insufflation washingtonienne; CNN, le vétéran de la guerre du Golfe, le très royal BBC New, France 24, à peine adoubé, dans leurs versions internationale et arabe. Ces mastodontes évoluent en parfaite harmonie idéologique avec les aréopages du net: les leurs propres ainsi que Facebook, Tweeter, Utube ou autre et sont relayés par la presse écrite en ligne. Notre expérience en Syrie Tant que l’information ne nous concernait pas nous ingurgitions passivement les nouvelles savamment orchestrées des autres pays en souffrance. Mais lorsque il s’est agi des évènements éclatés en Syrie, nous avons commencé petit à petit à nous rendre compte que ces chaînes n’informent pas elles cherchent à infléchir le cours des évènements par des moyens virtuels perfectionnés. Ce faisant elles représentent un totalitarisme d’un type nouveau qui manipule l’opinion publique. Il nous a été aisé de découvrir que les données médiatiques sont soumises à un subtil filtrage qui fausse leur sens. On les traite d’une manière sélective pour aboutir à une image donnée de la situation et, ce qui est pire, l’orienter insidieusement dans un sens voulu. Une nouvelle «source» de renseignements pour ces chaines est qu’elles quémandent les messages MMS, multimédia, envoyés clandestinement à partir de téléphones portables. Ces messages téléphoniques sont souvent l’unique source d’information visuelle ou sonore pour retransmettre ce qui se passe dans tel ou tel pays. Nos jeunes ont été sollicités, par des SMS ou par des mails, à envoyer ces documents aux chaînes satellitaires avec, en contrepartie, la promesse d’une rémunération financière. Par appât du gain et parce qu’il y a preneur, tout et n’importe quoi est offert sur ce marché dérisoire de l’information. Un de nos contremaîtres m’a montré un vidéo-clip local réalisé par des jeunes syriens pour illustrer une chanson arabe. On y voit une bande de jeunes habillés de noir circulant armés dans des voitures décapotables comme des gardes de sécurité. À notre grande stupéfaction cette même vidéo a été montrée sur la chaîne Al Jazzira comme étant la preuve de l’arrogance des services secrets syriens! On s’allongerait beaucoup s’il fallait revenir sur tous les montages et fictions des chaînes satellitaires qui ne traitent qu’une partie de l’information et cherchent à imposer leurs propres vues de la réalité. Comme cela a été attesté sur l’excellent Blog Syria Comment de Joshuah Landis1, on arrive à transmettre le contraire de ce qu’attestent les personnes interviewées. Le Colonel ‘Uday Ahmad témoigne qu’il roulait avec son beau-frère le Colonel Yasir Qash’ur sur l’autoroute près de Banyas le 10 avril 2011, lorsque des tirs les ont pris en chassé croisé et ont tué sur le coup Qash’ur et huit autres soldats dans leur camionnette. À qui voulait l’entendre le Colonel ‘Uday a affirmé qu’ils n’avaient pas été tués par l’armée mais dans un guet-apens d’inconnus, on lui a fait dire le contraire. De même sur ce blog on fait état du journal anglais en ligne the Guardian2 qui assure que des soldats syriens avaient été fusillés parce qu’ils refusaient de tirer sur la foule et se réfère à une vidéo sur YouTube où, en réalité, l’interviewer harcèle un soldat blessé pour lui arracher l’aveu qu’il avait refusé de tirer sur les gens. Question: quand vous n’avez pas tiré que s’est-il passé? Mais le soldat ne comprend pas la question parce qu’il venait de dire qu’il n’avait pas reçu des ordres pour tirer sur les gens, aussi répond-t-il «rien, les tirs ont commencé de toutes les directions». L’interviewer répète sa question d’une autre manière en demandant «pourquoi tiriez-vous sur nous, des musulmans?» Le soldat lui répond: «je suis aussi un musulman». Alors l’interviewer lui demande: «pourquoi alors alliez-vous tirer sur nous? et le soldat de répondre: «nous n’avons pas tiré sur les gens ont nous a tiré dessus sur le pont». Non seulement ces pauvres soldats sont abattus cyniquement par des mercenaires mais les médias s’évertuent à en faire des bourreaux! Des ingérences étrangères dans les évènements Il faudrait vraiment se désintoxiquer de la désinformation concertée des ces méga medias. Quel zèle haineux a soudainement envahi leurs comités de rédaction pour qu’ils puissent à ce point mentir dans l’agencement de l’image et du son? En campagne au nom de la liberté les voici qui commencent par nous imposer un totalitarisme de l’opinion qui surpasse en efficacité celle des pires régimes d’antan. Il est décrété que les peuples arabes doivent se révolter et changer de régime à l’aveuglette et à n’importe quel prix pour exorbitant qu’il soit. Il est clair qu’on cherche à créer un vide sécuritaire et à affoler l’habitant. Parallèlement les médias soufflent sur le feu pour l’amener au paroxysme. Ces agissements sont loin de la déontologie journalistique, ils sont manipulateurs, ils devraient être stigmatisés. Alix Van Burren, reporter vétéran de la Repubblica, le journal italien bien connu est à Damas et il a envoyé un rapport sur le rôle possible d’agitateurs à la solde de Khaddam à Banyas. Le dimanche deux personnes de l’entourage de l’ex-vice président ont été arrêtées. Des activistes des droits de l’homme ont confirmé qu’ils étaient en train de semer le trouble en distribuant de l’argent et des armes. Haytham al Maleh, un membre de l’opposition, a été le plus explicite à montrer du doigt l’interférence des gens de Khaddam qui «joue avec le sang des innocents» dans et autour de Banyas. Il a aussi mentionné les chiens galeux, loyaux de Rifa’t al Assad, oncle mafieux et déchu de Bashar El Assad. Ces gens, d’après la Repubblica, sont actifs sur la côte entre Tartous et Lattaquieh. Depuis l’assassinat de Rafic Hariri au Liban, son fils Saad qui accuse la Syrie d’avoir commandité le meurtre cherche à affaiblir le régime, voire à l’éradiquer par tous les moyens. La semaine passée nous avons lu dans Wikileaks que ce même Saad Hariri avait demandé aux é-U de mettre fin au régime de Assad stipulant que Khaddam et les Frères Musulmans, aidés de Hikmat Al Shebahi pourraient remplir le vide occasionné. Depuis quelques années nous savons que souvent des armes passent par les montagnes qui nous entourent, limitrophes avec le Liban qui sont difficilement contrôlables par la douane en provenance du village pro-haririen de ‘Arzâl. Pas plus tard qu’hier un tracteur a été intercepté contenant des armes, il est passé par devant notre monastère sis sur le chemin de contrebande à l’orée du village. Depuis les années 60 le fondamentalisme sunnite cherche à émerger au sein des régimes arabes. Réprimés par ces régimes, les Frères musulmans et les djihadistes salafistes ont constitué des réseaux occultes qui ces dernières années ont infiltré des jeunes désœuvrés. Certains, dans notre village, ont été enrôlés pour se battre à côté d’Al Qaeda en Iraq et ont été tués. Nous avons su que ce qu’on croyait être de simples ouvriers égyptiens, des résidents jordaniens ou libanais ou des réfugiés irakiens faisaient partie en réalité des cellules dormantes qui s’équipaient petit à petit pour un scénario de renversement du régime savamment élaboré entre diverses capitales et patronné par certaines grandes puissances et quelques pays arabes. Cependant, et c’est le comble, ces médias et leurs invités tournent en dérision toute nouvelle concernant l’implication de tierces personnes dans les évènements en Syrie et se hâtent de démentir les preuves apportées de l’implication active de régimes et de factions à l’arrière-fond des évènements en Syrie, avec la présence de mercenaires professionnels armés et équipés. Des informations dignes de foi assurent le contraire. Des mercenaires circulent un peu partout. Le cousin de notre tailleur de pierre allait au restaurant depuis une semaine. Une voiture sans immatriculation passe près de lui et l’abat à bout portant. Hier à Deir Atiyeh, village cossu à quatre kilomètres du nôtres, un groupe armé a tiré sur le restaurant le plus sélect et a endommagé plusieurs magasins. La présence de ces mercenaires a fait que nos jeunes des quartiers chrétiens de Homs, Rableh, Qusayr, Dmaineh, Jousseh, ont formé des comités populaires pour fermer l’entrée des ruelles et villages et s’assurer de l’identité de tout arrivant. Ils témoignent que les forces de sécurité elles-mêmes acceptent d’être fouillées. Nos jeunes de Homs ont poursuivi et attrapé des fauteurs de troubles, qui étaient des étrangers de nationalités irakienne, libanaise ou égyptienne, armés et arborant des téléphones portables type Thuraya (connectés par satellites). Mais ce qui donne le frisson est le récit que m’a fait ce matin un témoin oculaire. G.B.A.N qui est institutrice Cette personne est digne de foi, elle est membre de notre paroisse et très proche de notre monastère depuis des années: Voici ce qu’elle m’a raconté: Témoignage d’une institutrice «Les manifestants que nous avons vu déferler le jour des Rameaux ne sont pas de Homs. Ils nous demandaient comment se diriger dans les rues. Beaucoup sont des gamins qui portent des sortes de pantoufles qu’ils égarent dans la rue. Ces adolescents se sont targués devant nous de «gagner de l’argent». Ils ont fait état de sommes d’argent qui leur ont été distribuées pour participer à la manifestation. Pour quelques-uns c’était 500 livres syriennes [7€50] la journée, pour d’autres c’était 1000 livres syriennes [15€00]. Nous avons entendu nos voisins se répéter les uns les autres: «d’où viennent ceux-là et pourquoi doivent-ils s’exprimer chez nous à notre place?». Les gens de Homs avaient peur et se barricadaient chez eux. Les manifestants étaient mal élevés, des Hardabasht. À 18h30 ils se sont arrêtés à l’église Saint Antoine des grecs-orthodoxes à Bab El Sbah et ont parlé insolemment avec les Pères Wahib Bitar et Tohmeh Tohmeh qui faisaient les prières des Rameaux. Ils les ont interrompu et leur ont intimé l’ordre de se dépêcher pour terminer. Du jamais vu en Syrie où la coexistence islamo-chrétienne est idéale. Nos jeunes étaient à leur poste à l’entrée des quartiers sous le contrôle des comités populaires: à Adawiya, Al Nuzhat, Bab El Sbah, Al Zahra’ et Khaldiyé. Ils ont réussi à empêcher l’accès de nos quartiers aux manifestants. Les manifestants ont continué leur chemin, cassant des magasins, brûlant des pneus et molestant les passants. Ils proféraient des paroles vulgaires et insultantes. On a fait état de personnes assassinées, comme un général qui allait dans sa voiture faire des achats. On leur a tiré à bout portant puis on les a coupés en morceaux pour causer la plus grande frayeur au public. Le même procédé a été utilisé par les salafistes à Nahr El Bared avec l’armée libanaise, où les soldats eurent les yeux crevés et les membres coupés. Durant leurs obsèques tout Homs était bouleversé et acclamait le Président. Mais les médias étrangers n’ont donné aucune importance à cet incident. Ils attribuent tout à des «coups montés» du régime. Le lendemain après-midi les manifestants sont revenus. Les services d’ordre ont remarqué qu’un immeuble en réfection était infiltré par des snipers. Ils ont entouré l’immeuble pour se saisir des snipers et ont demandé aux forains d’éteindre toute lumière. Quelques-uns des snipers qui cherchaient à fuir ont été touchés par les balles de nos soldats. Ils ont été transportés à l’hôpital militaire. Je connais le médecin en chef de cet hôpital, Dr. Kasser Finar. Le soir il était bouleversé en nous racontant que ces snipers étaient des syriens venus des villages reculés aux confins du désert. Ils étaient drogués au point de ricaner tout le temps et de n’avoir aucune sensation de souffrance. Hier l’armée a mis la main sur une cache d’arme importante à Homs, dans la mosquée de Mreij à Bab El Sbah. Ce soir les manifestants se sont rassemblés autour de la place de l’horloge qu’ils ont nommée «place de la libération». Nous les avons entendus vociférer sans arrêt durant la nuit des slogans effrayants: «Le front de Homs proclame le Jihad, habitants de Homs, au Jihad!». Mais personne de la ville n’a bougé. Vers 4 heures du matin nous avons entendu des salves d’armes à feu et le matin quel fut notre soulagement de voir que toute cette foule hirsute avait été dispersée. Aujourd’hui Homs est comme en état de siège. Les forces de sécurité ont interdit les motocyclettes. Personne ne peut rentrer à Homs mais on peut en sortir. Nous avons tous vu que ces manifestants étaient des occupants à la solde d’une entité extérieure à la Syrie. On nous dit que ce sont des salafistes. Nous n’avons aucune hésitation à le croire, nous avons vu de nos yeux leurs agissements. Ils ne sont pas des nôtres, ils viennent pour un complot occulte, pas pour une réforme constructive. Que Dieu nous assiste.» Témoignage de M.S. étudiant de Qâra, résidant à Homs «Le mercredi 19 avril j’étais à Homs. J’habite près de l’université Baath, à côté du rond-point du président. En marge des manifestants j’ai vu des voitures 4x4 équipées avec de grosses mitraillettes bien fixées sur l’arrière. Un milicien se tenait derrière la mitraillette et tenait la gâchette appuyée pour cribler de balle tous les magasins de la rue commerçante qui va du rond-point au centre-ville. Les gens qui circulaient s’aplatirent sur le sol, il y eu quelques blessés. Les jeunes du comité populaire avec les forces de l’ordre finirent par tirer sur le véhicule qui dérapa. Nous accourûmes pour maîtriser ses occupants. Ils étaient trois. Quel ne fut notre étonnement de voir qu’ils étaient dans un état inexplicable, comme drogués. Celui qui actionnait la mitraillette avait été blessé par une balle qui avait laminé son bras en profondeur, mais il riait aux éclats, insensible à la souffrance. Ces gens ont été arrêtés et transportés ailleurs par les forces de l’ordre.» En recueillant les témoignages de nos amis à Damas (Zamalka, Jobar, Abbasiyyin-tijara, Koussour, Kassa-Dweila, Zablatani, Souk El Hâl, Saaba-Gotta, reliée aux camps palestiniens qui font un juteux commerce d’armes) ou Daraa, Suwaida, Lattaquieh et littoral ou Jezzirah, nous relevons plus ou moins le même scénario. Les gens, jeunes et adultes confondus se rassemblent au sortir des mosquées ou à une autre occasion. Ils s’avancent dans une manifestation pacifique. À l’intérieur de la foule il y a des groupuscules qui commencent à faire monter la tension. Les slogans deviennent plus violents et fanatiques. À un moment donné ces intrus commencent à commettre des actes violents: casser des magasins, brûler des voitures, s’en prendre aux passants ou aux forces de l’ordre. L’ensemble des manifestants n’est pas forcément au courant de ces agressions qui se déroulent à un bout de la file de la manifestation. À un moment donné des snipers embusqués sur les toits ou des gens armés de l’intérieur de la foule, tirent tant sur les forces de l’ordre que sur les manifestants. C’est la débandade. Les séquences de vidéo sont prises à ce moment-là pour prouver que les forces de l’ordre ont tiré gratuitement sur une foule pacifique. C’est une évidence pour des observateurs impartiaux qu’il s’agit d’un scénario habilement monté et orchestré par les médias mondiaux à partir de concepts-clés. Ce scénario se répète un peu partout en Syrie pour infléchir la situation de sorte à pouvoir renverser le régime. Chez nous, dans nos petits villages du Qalamun, cela se reproduit à une moindre échelle. Nous ne cherchons pas à protéger le régime. Nous voulons des réformes, mais pas de cette manière manipulatoire qui est loin d’être innocente. Pour essayer de comprendre les enjeux de la situation présente en Syrie ou au Moyen-Orient essayons de situer les évènements dans le fil du temps. Les évènements au passé et au présent D’abord le passé: Il est inévitable de faire mémoire pour comprendre à quel point nous nous trouvons de notre long calvaire au Moyen-Orient. Par quels labyrinthes mortifères nos peuples ont été obligés de s’engager à cause des alliances et contre-alliances ayant trait au conflit israélo-arabe qui à notre grand détriment n’a pas encore été résolu mais s’est compliqué en une nécrose purulente.3 Depuis la création de l’État d’Israël, nous nous trouvons dans une situation de continuelle réélaboration géopolitique sur l’échiquier de la diplomatie et de la politique mondiale à coup d’actions et de réactions. D’abord le panarabisme de Naguib et de Nasser, puis la politique des petits pas de Mr Kissinger autorisant la partition de Chypre, le dépeçage confessionnel du Liban avec, en arrière-fond la chute du Shah et l’émergence de la République Islamique. Ensuite l’invention du fondamentalisme sunnite avec les Ousamma Ben Laden et les Talibans explosant dans le World Trade Centre puis la guerre du Golfe, celle d’Iraq et d’Afghanistan. On nous prédisait le nouveau Moyen-Orient à partir d’une anarchie créatrice suite au limogeage du méchant Saddam Hussein. Nous y voilà! Piètre réalisation en vérité. Combien de sang, de morts, de destructions? Quelle instabilité, quelle misère, combien de voitures piégées jusqu’à aujourd’hui! Sans oublier la subtile et occulte redistribution démographique qui, comme au Liban, à Chypre, dans les Balkans ou en Iraq, cherche à morceler la géographie en des entités faibles à prédominance confessionnelle, où souvent les chrétiens n’ont pas de place. Afin que se réalise dans toute sa puissance l’hypothèse du choc des civilisations de Samuel Hungtinton. Ensuite le présent: Derrière le brouhaha des manifestations et le fracas des armes et des slogans pseudo-humanitaires, on assiste à l’émergence réelle d’un front shiite qui s’oppose à un front sunnite. Pour mettre en place cet ultime scénario on a favorisé d’une manière occulte les mouvements «religieux», Frères musulmans ou ayatollah. Soudainement les grandes puissances sont très soucieuses des Droits de l’Homme dans nos pays. N’avaient-elles pas pactisé, mieux collaboré, au grès de leurs intérêts avoués ou occultes, pendant des décennies avec les régimes décriés aujourd’hui? Mais voilà que, soudain, les dirigeants mondiaux deviennent attentifs aux principes de la démocratie chez nous, au point que Messieurs Obama, Cameron et Sarkozy écrivent une lettre conjointe, apparue le 14 avril dans le Herald Tribune pour consacrer dans des termes pathétiques le principe de leur ingérence «humanitaire» en Libye. Cette ingérence à caractère humanitaire (?) a déjà fait des dizaines de morts dans la population civile. Elle crée un précédent effrayant. Elle élimine l’État de droit et sape les fondements de l’indépendance des nations, mieux la notion elle-même de nation. La rapidité avec laquelle la communauté internationale, Ligue Arabe et ONU, a réagi contre le régime libyen est déconcertante. Alors qu’il s’agissait de «protéger» la population civile contre les tyrannies de Kadhafi voilà que les frappes de l’OTAN sont en fait pour favoriser et accompagner une rébellion armée qui change la donne. Il ne s’agit plus d’un peuple pacifique qui réclame le changement à ses dirigeants mais d’une guerre civile où la communauté internationale prend parti effective avec l’une des factions contre l’autre. L’objection humanitaire est bien la motivation de ce droit à l’ingérence. Mais alors pourquoi ne pas en faire bénéficier tous les spoliés de la terre. Pourquoi deux poids, deux mesures? Pourquoi intervient-on en Libye en «faveur» des manifestants tandis qu’au Bahreïn on intervient à leur détriment? Et que dire du calvaire quotidien de la population civile à Gaza qui sert de perpétuelle chair à canons à Tsahal avec un usage immodéré de la force contre la population civile? Aussi, pour notre part, sommes-nous loin de reconnaître dans les manifestations qui envahissent le monde arabe en général et la Syrie en particulier, les prodromes d’un quelconque printemps, au contraire nous préconisons le maximum de retenue et de prudence. Nous n’y voyons qu’un acte hivernal impitoyable pour nous enrôler dans un nouveau façonnement qui plaise aux maîtres du monde. Et la preuve est à bout portant, nous lisons dans le Figaro du 18 avril que les états-Unis ont financé l’opposition en Syrie: «Selon le Washington Post, la chaîne Barada TV est proche du Mouvement pour la justice et le développement, un réseau d’opposants syriens exilés. Le Département d’État américain a financé ce mouvement à hauteur de 6 millions de dollars depuis 2006. L’administration américaine a commencé à financer des figures de l’opposition sous la présidence de George W. Bush quand ce dernier a rompu ses relations avec Damas en 2005. Les financements ont perduré avec le président Barack Obama….» Nous lisons aussi à propos des évènements en Égypte, jugés si spontanés que la plupart des commentateurs disent que les États-Unis et leurs alliés ont été pris de vitesse et qu’ils cherchaient à se rattraper en Libye: «Cependant, bien que Moubarak ne soit certainement pas un ange, l’opposition qui lui fit face apparaît avoir été cooptée par des forces qui sont encore plus questionnables»4. Quelles sont-elles? L’article les analyse avec précision: Freedom House, une fondation étasunienne majeure prépare des activistes pour la révolution5. La stratégie s’inscrit dans celle de l’administration étasunienne divisée en néoconservateurs et néolibéraux. Pour l’organisation et le soutien des manifestions a été appliqué le principe de Joseph Nye, un membre de la commission Trilatérale, qui écrit dans son livre Soft Power: The Means to Success in World Politics: «Quand tu obtiens que les autres admirent tes idéaux et veulent ce que tu veux tu n’as pas besoin de te dépenser à droite et à gauche pour les attirer dans ta direction. La séduction est toujours plus effective que la coercition». Nye parle de l’importance des ONG comme possible collaborateurs dans l’administration de la puissance douce. L’alliance entre l’ONG Freedom House et le gouvernement étasunien a entraîné la mise en marche de forces privées qui exercent des influences malsaines dans la politique étrangère et nationale. De plus Freedom House et ses ONG alliés emploient la puissance douce pour faciliter ce que le néoconservateur Michael Ledeen appelle: «la destruction créatrice». Un concept révolutionnaire et subversif qui cherche à abattre et à reconstruire chaque aspect de la société pour le rendre inoffensif. Pour finir nous dirons que Freedom House n’est qu’une entité dans un réseau d’organisations gouvernementales et non gouvernementales que des élites déviante utilisent pour conduire des campagnes de déstabilisation, pour remodeler le paysage politique, social, économique des pays et punir les dirigeants nationaux récalcitrants et les dictateurs. C’est bien de destruction créatrice qu’il s’agit. Les architectes de nos nouvelles révolutions peuvent se vanter qu’à un prix dérisoire ils ont pu allumer des incendies qui tiennent à la fois du virtuel, du sentimental, de la boule de neige, bref, de la suggestion médiatique. Mais pour mettre le feu aux poudres il n’en faut pas plus et la puissance douce peut se changer en volcan qui charrie tout. Car il s’agit bien d’en arriver là? Quelles voies pour une vraie réforme Par-delà le factice, il y a des facteurs composés qu’il faut détecter pour être en mesure d’analyser la situation et lui trouver des solutions adéquates en évitant d’idéaliser l’information qui nous parvient de ces mouvements de masse sous forme de désinformation manipulatrice. Pour ce faire il faut comprendre la spécificité socioculturelle syrienne qui tient sur des équilibres non pas seulement politiques mais humains. Bien que le parti Baas soit idéologique et essentiellement laïc, il n’en a pas moins gardé, comme tous les autres régimes monarchiques, républicains ou parlementaires de la région, des profondes ramifications dans le tissu tribal et clanique, spécifique du Moyen-Orient. Il tient grâce à ces accointances, grâce à un continuel réajustement des relations cordiales à travers les représentants des grandes et des petites familles. C’est cela qui fait sa force ou sa faiblesse, comme celle des autres régimes de la région. Les médias n’ont pas retransmis la réunion du Président Bachar El Assad avec les notables de Daraa par exemple et le témoignage d’un des participants. Accueillis sans aucun protocole, ils ont été touchés par l’intérêt réel du Président et ce contact a réussi à apaiser les esprits et à créer un espace de dialogue et de concorde. Cependant cette atmosphère n’a pas perduré. Entre-temps les évènements de Homs, de Banias, de Jableh et autres sont venus verser de l’huile sur le feu avec les nouvelles de plus en plus impartiales de l’existence d’un véritable réseau sunnite de soutien aux manifestants. Ceci aboutit à des mesures préventives qui sont forcément répressives comme nous le voyons aujourd’hui à Daraa, Douma, Jableh avec, en contrepartie, la démission de plusieurs officiers de l’armée, de deux députés, du vice-président de la chambre de Commerce et du mufti de Daraa. Un dialogue serein entre les diverses composantes de la Syrie peut commencer. Jamais une ingérence étrangère ne pourra remplacer le dialogue intérieur et serein dans une famille, une région ou une nation. Je rapporte ici le point de vue d’une blogueuse du nom de Nour qui écrit le 14 avril: «Je crois qu’il serait naïf de croire que ces ‘révolutionnaires’ avec les médias Arabes postent simplement des vidéos pour disséminer une information qu’ils sont incapables de vérifier. Ils ne sont pas de simples amateurs qui font des erreurs tout le temps. Ceci fait partie d’une campagne organisée et concertée pour inciter les gens à la violence et à la haine. C’est pourquoi je la rejette totalement ainsi que ceux qui organisent cette charade. Quand aux vrais protestataires j’ai déjà accepté quelques-unes de leurs requêtes car elles sont légitimes et j’ai assuré qu’ils avaient le droit absolu de manifester pacifiquement. Mais je condamne avec les termes les plus sévères l’usage de la violence (TOUTE VIOLENCE) par les officiers de sécurité contre les pacifiques protestataires. Cependant je ne cois pas que je devrais soutenir toute personne qui s’oppose au régime pour le simple fait d’être opposition avec le régime. Je ne soutiens pas l’usage de moyens déshonnêtes et dégénérés pour combattre le régime parce que les gens qui utilisent de tels moyens ne sont pas meilleurs que le régime»6. Un changement réalisé par la force coûtera cher laissant présager le pire des scénarios à l’avenir. C’est l’inconnu et l’horreur du vide, même si les médias et leurs distingués invités semblent confiants dans l’avenir et pressent vers la déstabilisation du régime. Sous cette angle les protestations violentes (admettons-le, il y a des intrus qui sont chargés de faire monter la tension) nuisent à la cause de la vraie réforme. Déjà au XVIIIe siècle l’orientaliste Sir William Jones, écrivant des Indes coloniales britanniques, argumentait «qu’un système de liberté imposé à une peuple invinciblement attaché à des habitudes opposées serait en vérité un système de tyrannie.» Ce que nous craignons est bien prédit par le président russe Dimitri Medvedïev parlant de la situation présente: «Ces pays sont difficiles et il est très probable que des temps durs nous attendent y inclus l’arrivée au pouvoir de fanatiques. Ceci veut dire du feu pour des décades et l’extension de l’extrémisme». Aussi notre désir est que l’on cesse de mettre de l’huile sur le feu et nous opposer aux formes dévoyées de toute ingérence tendancieuse qui ne peut qu’être intéressée, et ce faisant aveugle et insensible au vrai bien de la patrie. Mère Agnès-Mariam de la Croix et Communauté du Monastère Saint Jacques l’Intercis
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http://www.joshualandis.com/blog/ ?p=9115 [www.silviacattori.net/article1586.html] Grèce Que le peuple se venge par une contre-attaque et un puissant PCG Larges extraits de l’allocution de la SG du CC du PCG à la place de la Constitution [juste avant le vote à l’assemblée nationale] Dans quelques heures nous saurons si le gouvernement usurpera le vote de confiance, s’il mettra en route, avec ou sans sa chute, un nouveau gouvernement de soi-disant «salut national» qui fonctionnera quatre ou cinq mois, peut-être même un peu plus, avec comme objectif: que soit votée par l’Assemblée nationale ce que on appelle l’accord de prêt - dangereux pour le peuple - négocié au Conseil du 26-27 octobre; ainsi qu’un nouveau mémorandum, incroyablement pire que le dernier, et le budget d’état plus antipopulaire que nous ayons connu. Tout cela pour que l’on puisse recevoir la 6ème tranche dont, de très loin, la plus grande partie irait, d’une manière ou d’une autre, aux groupes entrepreneuriaux, au capital. À bas le gouvernement et les partis au service de la ploutocratie; éloignez-vous de ces partis qui cultivent délibérément parmi le peuple la notion qu’un autre gouvernement - dont ils feraient partie - pourrait résoudre le problème. Nous nous adressons aux couches ouvrières et populaires, aux partisans et électeurs du PASOK [social-démocrate - NdT] et de la Nouvelle démocratie [Droite - NdT] et nous leur disons: Faites attention, ils vous préparent un grand piège, ils vous terrorisent avec la 6ème tranche des versements pour que vous acceptiez un gouvernement de soi-disant salut public, pour attacher - excusez l’expression - l’âne et pour que nous allions aux élections devant des faits accomplis, qui nous accableront pendant des années à venir. Cependant, à l’heure qu’il est, il n’est pas trop tard, il est possible au moyen de l’organisation ouvrière populaire et de l’alliance populaire qui est en train de tourner contre les monopoles et leur personnel politique, de mettre des obstacles, de mettre en échec leurs desseins. Il faut que nous allions aux urnes avec la classe ouvrière débarrassée des partis du «sens unique européen», avec les couches populaires en contre-attaque, aux côtés du PCG. Nous ne cachons à personne, que la lutte de classe doit s’orienter vers un seul but: la conquête du pouvoir ouvrier, un pouvoir qui servira la classe ouvrière et les couches populaires. Nous sommes conscients qu’il faudra encore beaucoup de travail pour que le sens de cette lutte soit compris par les travailleurs et les travailleuses qui espèrent encore que le changement de gouvernement apportera quelque chose de bon pour le pays sans que ce soit nécessaire un renversement radical de fond. Rencontrons-nous dans les luttes d’usine en usine, de bureau en bureau, de voisinage en voisinage, de champ en champ, d’école en école, dans les combats quotidiens pour entraver la politique antipopulaire. Rencontrons-nous devant les urnes avec un but: affaiblir de manière drastique la ND et le PASOK. Pour que le travailleur soit vengé de tout ce qu’il a souffert, il n’a qu’un seul choix: aux urnes renforcer le PCG, pour que le lendemain, la force du PCG puisse apporter son appui à la contre-attaque contre le mouvement, celui de l’alliance populaire. Ils veulent un gouvernement puissant pour casser le peuple À l’heure qu’il est nous ignorons si la collaboration entre PASOK et ND avance. Peut-être que si, peut-être que non. Il est significatif que la tentative ait commencé, et si nécessaire seront mis de côté les personnes qui, pour des raisons personnelles, ne faciliteront pas l’accord immédiat. Les élections qui auront lieu n’auront pas de pareil avec toutes celles qui les ont précédées. Elles se feront dans un climat de terrorisme inouï, avec pour thème essentiel les soi-disant enveloppes d’aide de l’UE, sous la menace d’une faillite incontrôlable. Ce sera dans une atmosphère de paroxysme anticommuniste et de provocation, qui seront les moyens pour réduire le peuple à l’état de prosternation. La faillite contrôlée était déjà convenue, alors que la possibilité qu’elle soit incontrôlable est grande, elle ne pourra être évité grâce aux enveloppes négociées avec l’UE, ni avec une collaboration de centre-droit ou de centre-gauche. Qu’entendons-nous par anticommunisme? Nous n’entendons pas par là être seulement critiqués et traités en adversaires, relativement à nos positions, mais de voir ces dernières calomniées et déformées dans le but de piéger le peuple et de porter atteinte à sa lutte. Qu’entendons-nous encore comme anticommunisme? C’est la diffamation de toute forme de résistance et de soulèvement populaire en faveur du bien être social du peuple; ce sont les provocations organisées contre le Parti et le mouvement; des intimidations contre les communistes et d’autres militants. Les chantages pour que nous changions notre orientation et que nous devenions un parti du système. Le soutien et le financement de la propagande anticommuniste de type fasciste rouge et noir, avec des mécanismes qui font le sale boulot des partis bourgeois sans qu’ils soient officiellement exposés. Nous déclarons: Nous sommes des noix trop dures pour vos dents. Le gouvernement PASOK, la ND, Mme Bakogianni, Karatzaféris (l’adorateur de Metaxás et de Maniadakis), mais aussi les directions des syndicats patronaux de l’industrie, du grand commerce, des banques, des rentiers qui ont des parts dans des sociétés «off-shore» et les politicards qui s’accrochent à leurs sièges. Quels sont ceux qui menacent le peuple, l’avertissant qu’en cas de désaccord il n’aurait pas la possibilité d’acheter du sucre et du pain, et qu’il aurait faim pour Noël? Ceux qui lui boivent littéralement le sang, ceux qui au départ lui ont graduellement, et maintenant dans un rythme effréné, soustrait de ses conquêtes, celles qu’il avait arraché au prix de son sang et de sacrifices inouïs. Nous nous adressons particulièrement à ceux qui ont basé leurs espoirs sur la ND et le PASOK, alors que leur condition sociale les situe à l’autre bord; qu’ils réfléchissent à une seule chose: Avant que la première, la seconde et jusqu’à la cinquième tranche ne soient versées, avaient été votées des mesures qui avaient désespérément réduit les salaires et les retraites. Au préalable avaient été votées des lois qui permettaient des licenciements massifs parmi les fonctionnaires; avait été votée l’abolition des conventions collectives; avaient été votées des lois qui permettaient des impôts insupportables; avaient été votés des lois qui abolissaient la stabilité de l’emploi et instauraient des petits boulots et le travail-partiel, et ce n’est qu’après toutes ces mesures que les tranches avaient été versées. Ils souffrent grandementIl est vrai que les partis bourgeois, les classes bourgeoises de tous les pays européens de l’euro zone, mais aussi en dehors de celle-ci, souffrent grandement. Ils sont littéralement paniqués face la crise économique capitaliste qu’ils ne peuvent maitriser, et devant les signes avant coureurs de l’arrivée d’une nouvelle crise avant que la présente ne soit bouclée. Ils sont paniqués parce qu’ils ne peuvent faire passer au peuple leurs lignes politiques comme ils le faisaient il y a quelques années. Ils ne peuvent réprimer la lutte de classe, même pas avec le fouet. Ils ont peur des soulèvements qui conduiront à leur renversement complet. Ils sont dans une situation difficile parce qu’à cause de la crise se renforce la concurrence menaçante entre états membres de cette alliance de loups, entre groupes entrepreneuriaux. Les partis politiques bourgeois et leurs associés ont peur de l’apparition de signes, même en Grèce, de rupture de la cohésion de la classe bourgeoise elle même. Ils ont une terrible inquiétude, en Grèce comme dans toute l’Europe, parce qu’ils n’arrivent pas à gérer, alors que de plus en plus le système capitaliste est entrain de pourrir, l’immense masse de capital accumulé, dont une partie devra être perdu. Ils ne peuvent pas ou ont des difficultés à gérer l’antagonisme entre une partie du capital susceptible de subir les attaques de l’autre partie. Ils sont effrayés même par la phase, où un pays amorcerait un redressement si anémique qu’il serait incapable de se confronter, comme nous avons déjà dit, à la probabilité d’une nouvelle crise. La crise en Grèce n’est pas le seul et unique problème. Leur problème c’est les grandes différences entre puissances dirigeantes impérialistes de l’UE, sur la manière de gérer le surendettement de l’Espagne et de l’Italie, pour éviter la grande crise de la France. Ils sont préoccupés par les antagonismes entre états bourgeois eux-mêmes, entre groupes monopolistes en Europe, mais aussi par les antagonismes avec les groupes monopolistes et les états bourgeois de la Chine et de l’Inde, les problèmes économiques des États-Unis et du Japon, qui donnent lieu à des forces centrifuges. Ceux qui terrorisent le peuple grec et ceux des autres pays d’Europe sont les mêmes qui pensent à expulser des états non seulement de l’euro zone mais aussi de l’Union européenne. Ils continuent néanmoins leur intimidation prétendant que le départ de l’UE est un danger mortel pour les travailleurs. Ils veulent pouvoir expulser à leur initiative, mais ne veulent pas que les peuples puissent briser d’eux-mêmes leurs liens avec l’UE. Il aura une orgie d’intimidations et de chantagesQue fera le peuple, les aidera-t-il à dépasser leurs difficultés ou saisira-t-il l’opportunité pour les renverser? La seule issue est la seconde. De quel accord sur la dette est-il question ? Et quel est le rapport entre cet accord sur la dette et les intérêts du travailleur, du chômeur, du retraité, du petit entrepreneur artisan, du pauvre agriculteur, du jeune et de la femme de la classe ouvrière et populaire? Un seul point concerne les intérêts populaires. Ce nouvel accord contiendra une nouvelle tempête de mesures qui accablera le peuple. Nous arriverons aux élections soit bientôt, soit dans les mois à venir avec une tempête d’intimidations et de chantages. Tous les scenarii seront utilisés par la ND et le PASOK surtout, ainsi que par leurs groupes apparentés. Nous entendrons parler de danger de guerre civile, d’apostasies et d’alliances impies. Nous en entendrons beaucoup sur Staline et sur Zachariadis, sur les accords de Varkiza, alors que «Synaspismos» [Sociaux démocrates de gauche - NdT] fera de la guérilla avec un seul but, l’instauration d’un gouvernement déclaré de gauche qui convaincra les monopoles et les banques de servir les intérêts des travailleurs. Aucune proposition politique bourgeoise, libérale, social-démocrate, gauchiste, «novatrice», ne peut apporter une issue favorable au peuple si elle ne pose pas au préalable comme une question de principe la rupture avec les monopoles – industriels, financiers, maritimes [armateurs - NdT], commerciaux - c'est-à-dire la rupture avec la propriété capitaliste, ses institutions étatiques, ses alliances internationales. Voilà où en est arrivé l’opportunisme au début du 21ème siècle, à parler officiellement et à promettre ouvertement et impudemment de cohésion sociale, c’est-à-dire de collaboration de classe, de la soumission de la classe ouvrière à la bourgeoisie, de la soumission des couches populaires pauvres aux monopoles. La lutte de classe et son exacerbation est celle qui assurera le climat qui permettra de contrer tous les scénarii, réels ou aujourd’hui imaginaires, relatifs au danger d’extrême droite etc.. L’histoire politique contemporaine en Europe a montré que les partis d’extrême droite, bandes de nervis, provocateurs, sont des compléments au service politique des monopoles en période de crise, servant à contrer la montée ou l’anticipation de la montée du mouvement populaire. Souverain est le peuple qui possède la richesseBeaucoup d’encre se verse au nom de la souveraineté nationale. Pour notre part nous croyons au pouvoir populaire. Pour que le peuple ait le pouvoir, c'est-à-dire de pouvoir de décider sur la base de ses intérêts, il doit avoir entre les mains la richesse qui existe et qui est produite dans le pays, la richesse que lui-même avec ses mains et son cerveau a produit. Il doit avoir entre les mains les moyens de production, parce que sans cela il ne peut exercer aucun pouvoir, ni avoir aucune maîtrise. Il ne peut pas planifier, ni assurer du travail pour tous et pour toutes. Chaque fissure au système politique, aux mécanismes du pouvoir capitaliste, chaque affaiblissement du gouvernement bourgeois et de l’opposition marque le renforcement des forces de l’alliance populaire en faveur du renversement radical du système capitaliste d’exploitation, de la dictature des monopoles. De manière active, avec des mobilisations-manifestations de grève nous nous battrons pour le renversement du gouvernement, le renversement de la politique antipopulaire, quelque soit la formation politique qu’il y aura, avant ou après les élections. C’est à cet objet que doivent servir les élections. Le peuple organisé possède la force pour balayer les obstacles érigés par le système avec des théories de consensus et de cohésion sociale. Nous vous appelons pour que nous commencions une nouvelle orientation sur des fronts qui doivent, indépendamment de la date des élections, être développés avec toutes les formes de lutte, et pour exemple ce qui suit: Renflouement immédiat de toutes les pertes des caisses d’assurance sociale par l’état, le règlement de toutes les dettes de l’état et du patronat et la réduction immédiate des contributions des salariés. Imposer les bénéfices du grand capital sur la base de 45%, prendre des mesures contre la fraude et l’évasion fiscale des groupes monopolistes, et faire payer les grands actionnaires par la confiscation et la vente de leur patrimoine. Que le peuple par un refus organisé, arrête de payer des impôts d’extorsion, empêche activement la coupure du courant électrique pour ceux qui ne paient pas et abolisse la loi. Mesures de protection des chômeurs et de leurs familles pour toute la période de leur chômage. Protection de l’enfant, du chômeur, du vieux handicapé, avec une restauration gratuite aux crèches, à l’école etc. Des mesures pour l’égalité de la femme, prenant en considération des multiples obligations. Abolition de la TVA dans les produits de grande consommation populaire, au fuel domestique. Abolition des Conventions d’entreprise embastionnées par la «loi-générale à moyen terme», et obligation d’appliquer des Conventions collectives de travail. Que les familles des classes populaires n’aient pas à payer les médicaments, les examens médicaux et les prestations sociales; le livret de santé pour tous sans conditions. Abolition des intérêts sur les intérêts pour tous les prêts. Interdiction par la loi de toute vente par adjudication d’habitations principales et de propriétés agricoles. Que soient abolis tous les frais pour le repas des enfants; que tous les enfants des familles populaires soient admis aux écoles maternelles et que de nouvelles écoles maternelles soient créées. Abolition de tous les péages d’autoroute et attribution de tickets [des transports publics] gratuits pour les travailleurs, les retraités, les sans emploi de 6h00 à 9h00. Nous vous appelons en même temps à examiner, relativement à votre propre expérience, la proposition politique générale du Parti pour un front populaire ayant pour objet le pouvoir populaire, l’économie populaire. Le PCG appelle le peuple à se battre pour qu’il acquière la propriété des moyens de production de l’industrie; que soient socialisées la terre et les grandes entreprises du domaine agricole et du commerce concentré. établie sur ces relations, la production agricole se redressera avec comme incitation au départ sa concentration dans des coopératives de production agricole. La socialisation des moyens de production et la mise en place d’une économie nationale centralisée, avec des instruments scientifiques, libérera de grandes capacités de production jusque là inutilisées, assurera avec une hiérarchisation scientifique la satisfaction des besoins sociaux, à condition que soit mis en place un vaste contrôle ouvrier et populaire pour répondre des besoins sociaux de base, par exemple: la nourriture, le toit, l’éducation, la santé et les prestations, les travaux d’infrastructure. Renforcement et accompagnement du PCGLe renforcement et l’accompagnement du PCG est la seule perspective d’espérance: Quitter l’UE et dénoncer le prêt avec un pouvoir populaire. Accompagner le PCG parce que le front social, politique et populaire ne peut pas se faire autrement. La seule perspective d’espoir pour le peuple est ce mot d’ordre immédiat de lutte et d’action: Quitter l’UE, dénoncer de la dette avec un pouvoir populaire. C ’est un mot d’ordre de mobilisation et d’action. Demain matin nous connaitrons le nouveau gouvernement. Il se peut que demain nous ayons de nouveau le gouvernement Papandreou et que commence la ronde ou les discussions avec le chef de l’opposition Samaras. Nous ne chercherons pas maintenant à savoir, si Papandreou acceptera Samaras, ou si Samaras acceptera Papandreou. Ne nous occupons pas de ces choses. Il faut nous occuper sur comment renforcer la lutte dans les lieux de travail et dans les voisinages. Une lutte de masse. Nos états de comptes sont arrivés. Les licenciements vont avoir lieu. Notre regard sera tourné vers le bas, vers le peuple, ce n’est pas vers les bourgeois que notre regard se tournera, nous les connaissons. Quoi que nous leur disions nous ne les convaincrions pas. Pourtant, simultanément nous devons nous battre sur deux fronts. En tant que PCG, avec un dialogue large et ouvert, discussion avec le peuple et le mouvement de masse, comme des militants communistes, ensemble avec tous ceux qui viennent avec nous et tous ceux que nous n’avons pas encore convaincus. Mais ça ne fait rien, nous les convaincrons demain, après-demain, il suffit que nous soyons avec les travailleurs, avec les agriculteurs pauvres, avec les petits artisans et commerçants pauvres, avec les femmes, avec les jeunes. Nous devons avoir confiance en nous-mêmes, et précisément parce que nous avons confiance en nous-mêmes, nous ne devons pas perdre la confiance des ouvriers, qui sont notre base. Ayant la classe ouvrière pour base, nous pouvons tendre la main à des alliés. ——————————————— [Ριζοσπάστης, 5.11.2011. p.8] [Traduction Alexandre MOUMBARIS] Grèce Appel de PAME aux travailleurs d’Europe Chers collègues, travailleurs d’Europe, Nous exprimons notre solidarité avec les luttes difficiles que vous menez dans votre pays. Vous devez savoir que chaque mobilisation et les luttes que vous engagez, nous donne un nouvel élan et le courage de continuer de façon plus décisive notre propre lutte. La lutte du PAME est partie intégrante de votre lutte. Nous sommes à un carrefour crucial. Le caractère généralisé et global de la crise capitaliste, les développements en Grèce et dans tous les pays d'Europe rendent actuel le vieux slogan «Prolétaires de tous les pays unissez vous!» «Pas de soumission, pas d'indulgence à l’égard du capitalisme», mais plutôt se faire entendre plus fort que jamais. Riches de notre propre expérience et à l’école des réalités actuelles, nous devons rejeter les mensonges de la ploutocratie et de son personnel politique: la crise résulterait des droits acquis par les travailleurs ou serait due à une mauvaise gestion. Non, la crise est une crise du capitalisme et résulte d’un chômage massif, des immenses profits du grand capital et de leur accumulation. Le capitalisme est un système qui est corrompu et obsolète. Il ne peut pas être moralisé. Tant que le capitalisme existe, il aura toujours pour conséquence, le chômage, la faim, la guerre, l'exploitation brutale et de l'oppression de la classe ouvrière et des couches populaires. La situation que nous vivons aujourd'hui en Grèce n'est ni un cas particulier, ni une exception. Nous sommes confrontés à une crise généralisée qui ramène nos vies et nos conditions de travail à celles du siècle dernier. Elle ne concerne pas seulement la classe ouvrière de la Grèce. Ce flot de mesures antipopulaires est promu partout par l'Union européenne, le FMI et la BCE, par les gouvernements libéraux et socio-démocrates, par leurs grandes coalitions et par leurs variantes centre-droit ou centre-gauche. Ces gouvernements répondant aux besoins contemporains du capital ont généralement le soutien des nationalistes et des Verts. Grâce à l'expérience de la classe ouvrière, des couches populaires le rôle de l'UE comme un «alliance prédatrice» et oppressive de la classe ouvrière et des peuples se révèle. Les mythes selon lesquels l’U.E est censée être «une union de solidarité et d'un havre pour les peuples», comme la ploutocratie et ses partisans le prétendent sont infirmés. La crise capitaliste dans la zone euro va continuer à s’approfondir. L’UE deviendra de plus en plus réactionnaire et les travailleurs vivront dans des conditions de grande pauvreté et de dégradation s'ils ne se rebellent pas. Les compétitions féroces entre capitalistes, leurs divisions ne reflètent pas les intérêts populaires. Au contraire, les gouvernements dans le cadre de l'UE sont en concurrence pour le partage du butin obtenu par l'écrasement des droits des salariés. Ces gouvernements ont généralement la même cible en commun : afin de disposer d’une main-d'œuvre (salaires, avantages pour la santé, retraites, etc.) encore moins chère pour que les profits du grand capital puissent encore croître. La vie elle-même, l'expérience prouvent clairement que dans le cadre de l'UE, dans le cadre du pouvoir des monopoles, il n'existe aucune solution en faveur du peuple. Le renversement du pouvoir des monopoles est nécessaire. Une solution en faveur du peuple ne peut exister sans les renverser! La Confédération européenne des syndicats (CES) et la Confédération syndicale internationale (CSI) ont d’énormes responsabilités dans l'aggravation de la vie de la classe ouvrière en Europe, dans la situation que nous connaissons aujourd'hui, en se prononçant pour la collaboration de classe, pour la compétitivité, l'assujettissement à l'employeur, en répandant des illusions et en désorientant la lutte des travailleurs. Les nombreuses mobilisations comme celles des indignés (mouvement des places publiques) ne sont pas une solution non plus ; elles contribuent plutôt à désamorcer l'esprit militant du peuple et sont hostiles à l'organisation de classe; ces mobilisations dévient l'indignation des forces populaires vers une lutte sans perspective. Contre l'alliance anti-ouvrière du capital, l'éveil des forces populaires est impératif aujourd'hui; l'organisation immédiate de leur lutte sur chaque lieu de travail, dans chaque secteur, chaque quartier populaire est nécessaire; la coordination au niveau national et international est nécessaire afin d’élever le niveau des luttes; la libération de la classe ouvrière de l’influence des partisans du capital est également un impératif. Nous avons jeté un appel à partir de l'Acropole à la classe ouvrière de l'Europe en affirmant que les peuples ont le pouvoir et qu'ils doivent s'organiser aujourd'hui et passer à la contre-attaque [«Peuples d’Europe soulevez vous!»] Nous croyons profondément dans le slogan «aucune machine ne fonctionne sans vous - travailleur, vous pouvez vous passer des patrons!:». Tel est le slogan qui donne force et courage aux travailleurs grecs de l'industrie sidérurgique qui sont en grève depuis plus d'un mois. Ce slogan concerne tous les pays. Nous vous appelons à coordonner nos démarches. La réponse des travailleurs d'aujourd'hui ne peut pas être limitée uniquement à des luttes défensives. Organisation, contre-attaque populaire, lutte en vue de renverser le pouvoir des monopoles sont nécessaires. Nous devons intensifier notre lutte afin de se libérer de l'UE, pour l'annulation unilatérale de la dette, pour la socialisation des principaux moyens de production, avec le peuple assumant le pouvoir. Nous sommes confiants dans les luttes de classe engagées, et dans le fait que les plus beaux jours sont encore à venir! Vive la solidarité de classe! Athènes 1er décembre 2011 Le procès «Carlos» - 7 novembre au 16 décembre SOUTIEN AU COMMANDANT CARLOS AFP, Caracas, Venezuela, le 11.11.2011 - Le procureur général de la République du Venezuela Carlos Escarra a jugé vendredi «illégal» le procès ouvert lundi à Paris contre le Vénézuélien Ilich Ramírez Sánchez, alias «Carlos», accusé de quatre attentats commis en France dans les années 1980. L'arrestation de Carlos par les services secrets français en 1994 au Soudan relève de la «séquestration», donc «à partir de ce moment-là» toute la procédure est «illégale», y compris sa condamnation à la prison à vie en 1997 pour un triple homicide commis en 1975 à Paris, a déclaré le procureur général à la télévision d'État VTV. «Je pense qu'à partir de là, l'État vénézuélien (...) doit agir en faveur d'un de ses ressortissants», a-t-il poursuivi, estimant que Caracas devait «garantir» les droits des Vénézuéliens détenus à l'étranger «au-delà des crimes» qui leur sont reprochés. Selon M. Escarra, Carlos «est une personne qui lutte pour ses idées» en faveur du peuple palestinien. Lundi, le président vénézuélien Hugo Chavez avait affirmé que Carlos avait été en son temps le «digne héritier des plus grandes luttes» pour les peuples et demandé à son ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro de veiller au respect de tous ses droits lors de son procès en France. Qui est Ilich RAMÍREZ SÁNCHEZ, le Cdt CARLOS? Vénézuélien, fils d’avocat communiste le commandant CARLOS répond: «à la tête d’unités de fédayins, j’ai commandé plus d’opérations de la Résistance palestinienne que personne d’autre, sans parler des autres opérations, nombreuses, que j’ai planifiées ou coordonnées. i. Le Président-martyr Yasser Arafat l’avait reconnu devant témoins, et j’en suis fier; ii. le Dr Georges Habache a gardé le contact avec moi, ainsi que son amitié et sa solidarité, jusqu’à la fin de ses jours; iii. le Parti communiste et les Jeunesses communistes du Venezuela me désignent comme un héros exemplaire qui collabore au développement idéologique du Parti.» - - - - Nous considérons le commandant CARLOS comme une référence d'envergure mondiale dans la lutte anti-impérialiste. Qu'il soit désigné comme emblème du terrorisme par un état engagé ces derniers mois dans une guerre de terreur et de rapine contre un pays souverain, la Libye, assassinant directement ou indirectement de dizaines de milliers de ses habitants, causant d'effroyables destructions, devrait susciter de profondes réflexions, morales, éthiques et politiques. [Extraits d’un tract du Comité de soutien à Ilich Ramírez Sánchez, le commandant «Carlos», du 7.11.2011] CommentaireJ’ai assisté durant quelque jours au procès de Carlos, et ni les témoignages, ni les documents présentés lorsque j’étais présent — des photocopies de photocopies ou des photos provenant des services de renseignement d’anciens pays socialistes — ne seraient à mon avis des preuves recevables devant une cour de justice. De surcroît, presque trente ans après les événements, de nombreux témoins — sont soit morts, soit indisponibles, soit leur mémoire des événement s’est atténué. Ce qui est jugé devant cette Cour, n’est pas seulement Carlos, mais aussi la lutte armée anti-impérialiste et antisioniste. D’un autre côté le monde jugera la Justice française par rapport à son indépendance et son équité. Mon avis personnel est que ces types d’attentats ne correspondent pas aux buts et au caractère de Carlos et de son organisation. Clairement l’attentat de la gare St Charles à Marseille avait pour but de tuer des innocents. Je ne crois pas non plus que Carlos aurait attenté à la vie du président Chirac (TGV Capitole),…. Les coupables sont ailleurs. Finalement on ne peux avoir que de la sympathie pour toutes les vraies victimes de ces attentats.
Alexandre MOUMBARIS |
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