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![]() ![]() Journaux correspondants Balkans InfoDie Rote Fahne Global Research Mondialisation.ca Monthly review Rizospastis WSWS.... ![]() ![]() | Les dossiers du BIP n° 133-134 novembre-décembre 2009 texte intégral Lettre d’Anne
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Lettre d’Anne (2) L’appel historique de Chavez pour une Ve Internationale — Frederico Fuentes, Monthly Review La Ve Internationale en gestation — Complément Comaguer Des législateurs étasuniens payés pour soutenir la politique anti-cubaine — ACN Le présumé terroriste prend le vol 253 de Northwest sans passeport, alors qu’il est fiché dans la base de données sur le terrorisme — François Marginean, Mondialisasion.ca Les déficits publics étrangleront les états et les systèmes sociaux occidentaux vers le printemps 2010 — par GEAB, Mondialisation.ca L’insatiabilité des grandes entreprises contre la santé des étasuniens — Cesar Chelala Silence, les fonds de pension s’écroulent —Thierry Brun, Politis La Chine accuse les banques étasuniennes «d’intention malveillante» avec des produits dérivés — Jamil Anderlini, Financial Times Combattre le retour de l’idéalisme — www.sitecommunistes.org Le Mur d’Acier de Moubarak — «Ayman El Kayman», Tlaxcala Déclaration à l’occasion du premier anniversaire de la guerre d’agression contre la Bande de Gaza et de la poursuite du blocus israélien et arabe — l’Union internationale des oulémas musulmans, Tlaxcala Selon un rabbin en Cisjordanie, les juifs peuvent tuer des gentils qui menacent Israël — Haaretz D’après le rabbin en chef de l’armée israélienne: Les soldats montrant de la pitié pour l’ennemi seront «damnés» — Anshel Pfeffer, Haaretz Les juifs yéménites refusent d’émigrer en Israël — MRS/SC/DT, PressTV Étude: Les employeurs israéliens préfèrent ne pas embaucher des Arabes — Dana Weiler-Polak, Haaretz Shlomo Sand ou la nouvelle guerre du Soldat qui rêvait de lys blancs de Mahmoud Darwich — Elias Khoury, Tlaxcala L'Assurance Maladie — Evelyne Dubin Les prisons de la CIA découvertes en Lituanie — Hans-Jürgen Falkenhagen & Brigitte Queck Tlaxcala Des soldats tchèques portaient des insignes de la SS — Tom Mellen, Morning Star online.co.uk Haïti «Vous voulez les pauvres secourus, je veux la misère abolie», Victor Hugo Bonsoir, Certaines personnes m'ont demandé si je faisais quelque chose pour Haïti, si, comme pour le groupe électrogène en 2006, j'allais centraliser pour envoyer quelque chose quelque part... Si Nebez* avait déjà répondu à mes mails, je vous répondrais précisément. Mais peu de nouvelles arrivent d'Haïti. Selon ce que j'ai pu entendre à droite, à gauche et dans les différents reportages, l'hôpital du père Erick est en mauvais état et le centre d'apprentissage (où se trouvait le groupe électrogène) aussi. J'espère que je me trompe. Je vérifierai cette info au plus vite. Je suis en contact avec de nombreuses associations haïtiennes de France. Je vous proposerai alors concrètement quelque chose dans les jours qui viennent. «Quelque chose» que nous pourrons suivre jusqu'au bout. J'ai appris que l'orphelinat de Delmas 31 (où je suis allée en 2005, puis en mars 2009) est debout. Tout le monde est sain et sauf. Dehors, mais sain et sauf. Voici un extrait de la lettre d'une française qui vit à Port au Prince; elle écrivait ceci tout à l'heure (ce jeudi après midi): «(...) Il y a encore des secousses régulières, c'est tout à fait effrayant et devrait continuer jusqu'à samedi ou dimanche. Donc des maisons s'écroulent encore. Globalement le calme règne, les gens prient beaucoup (...) Nous allons essayer de voir tout ce que nous pouvons faire et au maximum organiser les choses car il n'y a pas de secours organisé, pas d'information et bientôt très peu d'eau et de nourriture. D'ailleurs l'électricité viendra peut-être à manquer et donc internet. Les téléphones ne fonctionnent pas. Nous avons tous des moments d'angoisse difficiles. Il faut espérer que les semaines à venir se passeront le mieux possible.» Ca fait peur. Difficile d'imaginer les jours prochains. Les gens ont tellement faim là bas et depuis tellement de temps. Comment la distribution de nourriture va-t’elle pouvoir s'organiser sans heurts. Rien que la circulation et la surpopulation pose un problème majeur. Les soins, la nourriture, l'eau,... Avant le tremblement de terre, TOUT CELA était déjà un éNORME PROBLèME. Et les «dirigeants» qui ne montrent pas le bout de leur nez! Ou sont-ils? Disparus, tous? Enfuis? Avant le tremblement de terre, il n'y avait pas de places dans les hôpitaux, pas d'électricité dans les quartiers pauvres, pas de soins, pas d'éducation, pas d'eau, pas de justice, pas de nourriture, pas d'électricité, pas de culture, pas d'information, pas de logement décent... pour les pauvres. Ne trouvant plus de solutions, certains dirigeants ont même été jusqu'à soumettre «l'idée» d'ériger de grands murs pour enclaver les zones des bidonvilles, histoire d'incarcérer la misère, pour qu'elle ne se répande pas! Pour la cacher, la contenir, la maîtriser, la réprimer. En mars dernier, je suis allée à Waf Jeremi avec 2 sœurs très connues du quartier - Waf Jeremi est un bidonville installé sur des tas de fatras en bordure de mer, en face du port - pour faire une distribution de coupons (un coupon donnant droit à un sac de nourriture pour une famille). Les gens forment une queue et reçoivent un à un 1 coupon. Certains essaient alors de repasser, mais les sœurs les connaissent et refusent que certaines familles prennent le pain d'autres qui n'ont rien. L'histoire a tourné à l'émeute et la distribution n'a pas pu se faire. Et pourtant, Dieu sait si les sœurs ont bonne presse dans les bidonvilles en Haïti! Des distributions de nourritures de convois humanitaires ont déjà fini à coup de lance à eau pour disperser la population! Et puis il y a cette angoisse, le traumatisme de l'occupation étasunienne (encore une page de l'histoire d'Haïti dont on ne parle pas vraiment), l'armée étasunienne, les bâtiments de guerre mouillant dans la rade de Port au Prince, comme le spectre d'une occupation, à venir... Les secours accourent, heureusement; les dons arrivent, heureusement; les prêts (FMI et BM en tête) malheureusement; et la note s'il vous plait! Haïti chérie. Endettée jusqu'à en mourir. Endettée dès le jour de sa naissance, pour la reconnaissance... En 1804, suite à la victoire des esclaves de Saint Domingue contre l'armée napoléonienne, Haïti proclame son indépendance. Mais elle est soigneusement isolée du reste du monde, maintenue à l'écart par les puissances coloniales esclavagistes. L'oligarchie haïtienne accepte alors, en échange de sa reconnaissance, de verser à la France, aux colons français - ceux là mêmes qui ont bâti leur fortune sur l'exploitation des esclaves noirs - un «dédommagement» de 150 millions de francs or (ce qui équivaudrait actuellement à environ 22.000 millions de dollars ou 44 budgets totaux d'Haïti) que LE PEUPLE HAÏTIEN a payé de son travail. Si la victoire des esclaves sur leurs maîtres a bien eu lieu, leur (notre) libération n'est pas encore achevée. Gary Victor, que j'ai rencontré en mars dernier à Port au Prince, me disait ceci: «la victoire de 1804 est la victoire d'une classe, celle des affranchis qui s'est battu pour gagner les privilèges qui lui étaient refusés par les blancs. Esclavagistes comme leurs maîtres, ils ont contribué à l'élimination des révolutionnaires.» Contraint à emprunter pour rembourser, Haïti était déjà entrée dans le cycle infernal de la dette. Avril 2009, de retour de Port au Prince: «Le peuple a faim. L'érosion gagne du terrain. Les bidonvilles s'étendent, se construisent n'importe où, dans le lit des rivières; tel un château de cartes, les baraques s'entassent et recouvrent les mornes, ou encore s'étirent vers la mer, sur des tonnes de monticules de déchets; l'air est quelque fois irrespirable, chargé d'une odeur d'excréments; les aides internationales sont détournées; les prix des produits alimentaires de première nécessité ne cessent de grimper; les plans de restructuration imposés par le FMI ont décimé l'agriculture: Haïti, anciennement productrice et exportatrice de riz, importe aujourd'hui du riz des états-Unis pour plus de la moitié des ventes locales. À cela s'ajoutent les catastrophes: cyclones, écroulement d'une école. Sur les murs de la capitale on peut lire ‘Nou gwan gou’ (nous avons faim) ‘Aba lavichè!’ Quand on voit l'état du pays, on se dit qu'il a touché le fond. Et pourtant les scénarios catastrophe abondent: famine, épidémie, révolte, tempête, ouragan séisme: 7/7 sur l'échelle de Richter; deux failles actives délimitent le nord et le sud du pays. Au Sud, elle traverse Haïti et la République dominicaine, d'Est en Ouest, à partir de Pétion Ville (...)» C'était dans un bel hôtel du centre ville (est-il toujours debout?) près du Champ de Mars, non loin du Palais présidentiel. Claude Pretty, géologue haïtien s'exprimait au cours d'un débat organisé par un groupe d'intellectuels, dont Arnold Antonin, dans le cadre des rencontres du Forum libre. Claude Pretty avait mis en garde comme beaucoup d'autres avant lui. Ils savaient, mais, impuissants, ils espéraient que... cela arrive... le plus tard possible. Je vous tiens au courant, Bien à vous, Anne
Lettre
d’Anne (2)
J’ai enfin eu Nebez au téléphone. La communication a très vite été coupée. J’ai a peine eu le temps de lui demander comment il allait, si l’hôpital était debout et de quoi ils avaient besoin, que la communication a été coupée. Je crois qu’il pleurait. Peut-être riait-il. Il y avait beaucoup d’émotion. On ne s’est pas dit grand chose, on était tellement surpris, surpris d’être en présence, de réussir à se parler; comme si on appartenait à deux mondes différents qui, dans un autre temps avaient coexistés et que ces 6 derniers jours avaient éloignés de milliers d’années lumières. Et la communication a été coupée. Et depuis, je n’ai pas réussi à le joindre. J’ai envoyé des mails, sans réponse pour l’instant. J’ai du mal à imaginer les jours, les semaines à venir. J’ai peur de la pluie qui va tomber en mars et qui transforme les rues en cascades, les bidonvilles et la terre en bouillasse. J’ai peur des blessés pas soignés, des villages isolés sans secours, de la faim, de la soif aussi, des épidémies, de la révolte, de la violence, de la haine. Je vois les armes, j’entends les hélicoptères tournoyer dans le ciel, les mouvements de panique pour un morceau de pain. Comment éviter cela. Pas de réponse, pas de remède. «Bondye bon» comme ils disent là-bas jour et nuit au milieu des décombres. En s’écroulant, Port au Prince (et la région) dévoile au monde sa misère, notre honte à tous. On savait. On savait qu’Haïti était le pays le plus pauvre au monde. (Et il y en a d’autres!) On savait que si jamais ce séisme se produisait, ça serait une catastrophe insurmontable. Je me souviens de mon retour d’Haïti la première fois, c’était en 2005, un an après le départ d’Aristide. À cette époque, la région de Port au Prince était encore très dangereuse à cause de la misère, des enlèvements, des échanges de tirs, des balles perdues et des violences policières. À mon retour, je voulais témoigner. Certaines personnes (dans le milieu humanitaire) m’ont fait alors comprendre qu’il valait mieux que je la ferme, parce qu’aujourd’hui il était de bon ton de parler de façon «positive» d’Haïti, qu’ Haïti s’en sortait… Je ne crois pas à cette «façon» qui tient plus de la superstition et de l’opportunisme que d’une stratégie intelligente. Cacher la misère d’Haïti c’est comme dire d’un enfant famélique qu’il va bien, et le laisser mourir. «Il n’existe aucune fatalité, un enfant qui meurt est un enfant assassiné» a écrit Jean Ziegler, ancien rapporteur à l'ONU pour le droit à l'alimentation. À l'heure actuelle, on peut nourrir 12 milliards d'êtres humains alors que nous ne sommes qu'un peu plus de 6 milliards. Si la situation en Haïti est aussi catastrophique c’est parce qu’elle était catastrophique avant le tremblement de terre. Les dirigeants occidentaux (France et états-Unis en tête) le savent très bien. Ils agissent notamment par crainte de devoir rendre des comptes. Cette catastrophe humaine sera la honte du XXIe siècle. Le 7 février 1986, en pleine nuit, l’avion de Jean-Claude Duvalier atterri sur l’aéroport de Grenoble. Jean-Claude Duvalier, dictateur haïtien surnommé «Baby Doc» au pouvoir de 1971 à1986 succéda à son père «Papa Doc» (au pouvoir de 1957 à 1971) responsable de 30.000 à 50.000 assassinats et exécutions. Jean Ducharme, journaliste, écrivait: «Paris a accepté de recevoir Jean-Claude Duvalier pour un séjour bref: 8 jours. Le dictateur possède une résidence à Monté Carlo et un château dans le Val d’Oise près de la propriété de l’Empereur Bokassa, lui aussi, venu pour 8 jours après sa fuite de Centrafrique.» … Effectivement, Jean-Claude Duvalier vit encore aujourd’hui en France! Alors que pas un pays ne voulait sur son sol de ce dictateur en fuite, la France l’accueille, lui et sa fortune. (qu’il placera sur des comptes français et suisses). à l'époque, elle était évaluée à 800 millions de dollars, soit le montant de la dette d'Haïti. Dès 1886, Gérard Bloncourt, photographe haïtien expulsé de son pays par la junte militaire en 1946, s’associe à une démarche qui vise à poursuivre Duvalier en justice pour récupérer cette fortune: «Nous avons purement et simplement été éliminés de cette entreprise et le procès n’a jamais abouti» Fin de citation. Comment avait-il une telle fortune? Les créanciers internationaux et les institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale…) ont accordé des prêts au développement aux autorités haïtiennes alors qu’ils savaient que ces sommes seraient détournées au profit de quelques uns et au détriment du pays et de son peuple. «Les détournements de fonds et la grande corruption sont ainsi tolérés, voir encouragés, par les créanciers internationaux pour s’assurer du soutien des dirigeants locaux, afin de pérenniser une domination très subtile sur les pays endettés et un accès facile à leurs richesses» écrit Claude Quémar, CADTM-France (Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde). C’est pourquoi on parle de dette odieuse. Et c’est entre autres pourquoi, les institutions financières internationales ne peuvent pas exiger du peuple haïtien qu’il rembourse les sommes qui lui ont été dérobées! J’ai rencontré Camille Chalmers en 2009 à Port au Prince dans les locaux de PAPDA, La Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif; c’est une coalition de diverses organisations de la société civile travaillant sur différents aspects de la promotion et la mise en action d’un développement durable et citoyen en Haïti. Camille a survécu au tremblement de terre. Voici ce qu’il dit: «soulignons que le cynisme qui se dégage dans le cadre des relations de notre pays avec les institutions financières internationales est un élément consubstantiel du marché de l’aide internationale qui ne sert qu’à maintenir la dépendance des pays du Sud et qui prolonge un mécanisme de pillage de nos ressources. Haïti, malgré sa situation économique déprimée, est devenue un exportateur net de capitaux vers la Banque mondiale au cours des dernières années. La Banque mondiale opère dans un contexte dominé par les intérêts des grandes puissances et des firmes transnationales qui ont, au cours des deux dernières décennies, acquis un volume important de capitaux venant des processus de privatisation du patrimoine de nos pays. Ces privatisations sont souvent entachées de corruption et d’interminables scandales financiers». Alors, parlons-en des pillages! Quant à Jean-Claude Duvalier, certains disent que sa femme est partie avec sa fortune, ne lui laissant que quelques millions de dollars. D’autre part, un collectif suisse qui militait pour que l’argent volé soit rendue au peuple haïtien, a obtenu des autorités suisses, après de longues procédures, que cinq millions d’euros soient versés à des organismes humanitaires haïtiens. Et avant-hier, dimanche 17 janvier 2010, alors que l’argent est bloqué, Jean-Claude Duvalier a demandé aux autorités suisses de transférer la totalité de l’argent au compte de la Croix-Rouge étasunienne pour l’aide aux Haïtiens! Pour en revenir à nous, ce que nous pouvons faire. Ce que je suis en mesure aujourd’hui de vous proposer c’est, d’attendre encore, d’attendre la réponse de Nebez. Et nous pouvons dores et déjà, dans un engagement plus militant, lancer un appel pour la régularisation de tous les sans-papiers haïtiens dans les pays gouvernés par la France (Guadeloupe, Martinique, Guyane… et dans l’hexagone aussi). Je vous embrasse, Anne Nebez est un «ancien orphelin» qui, avec d'autres «anciens orphelins» ont décidé de faire eux-mêmes ce que font les ONG étrangères: écoles, orphelinats, hôpitaux, pour la reconstruction de leur pays. C'est à lui que nous avons envoyé en 2007 le groupe électrogène (qui était utilisé à la construction d'un centre d'apprentissage. Je ne sais pas dans quel état est le chantier suite au tremblement de terre). Il n'y a donc aucun intermédiaire entre lui et nous, aucun salaire pour des occidentaux en mission.
Dans son roman «à l'angle des rues
parallèles», Gary Victor (qui a survécu au tremblement de
terre) écrit ceci: Venezuela
L’appel historique de Chavez pour une Ve InternationaleMonthly ReviewFrederico FUENTES S’adressant aux délégués de la Rencontre internationale des partis de gauche qui s’est tenue à Caracas du 19 au 21 novembre (2009), le président vénézuélien Hugo Chavez a déclaré: «il est temps de constituer la Ve Internationale». Face à la crise capitaliste et la menace d’une guerre qui représente un danger pour l’avenir de l’humanité, «les peuples réclament» une unité plus forte des partis de gauche et révolutionnaires qui sont prêts à lutter pour le socialisme, a-t-il dit. À l’instar de son appel de 2005 pour la construction «d’un socialisme du XXIe siècle» et son appel de 2006 pour la création au Venezuela d’un nouveau parti de masse révolutionnaire – le Parti socialiste unifié du Venezuela – l’appel de Chavez à l’unité de la gauche et pour une nouvelle internationale est un événement historique. Il s’appuie sur l’expérience des quatre précédentes «internationales», la première créée par Karl Marx en 1864, qui s’est effondrée. La IIe Internationale fut créée en 1889, mais s’est disloquée lorsque les partis membres se sont rangés aux côtés de leurs gouvernements respectifs lors du bain de sang de la première Guerre Mondiale. La IIIe Internationale fut fondée au lendemain de la Révolution russe. Mais, selon Chavez, elle a «dégénéré» sous le Stalinisme et a «trahi» les luttes pour le socialisme à travers le monde. Léon Trotsky a fondé la IVe Internationale en 1938. Mais Trosky est mort en 1940 et ses successeurs n’ont jamais réussi à construire un mouvement de masse. Cet appel pour une nouvelle Internationale est historique aussi à cause de l’autorité de Chavez, dirigeant d’un mouvement révolutionnaire qui compte des millions de membres qui luttent pour une société socialiste. Après l’approbation par une majorité des délégués d’une résolution spéciale en faveur de la fondation de «la Ve Internationale Socialiste comme un espace où les partis, mouvements et courants à orientation socialiste peuvent coordonner une stratégie commune de lutte contre l’impérialisme et le renversement du capitalisme par le socialisme,» Chavez a réitéré son appel, cette fois en ouverture du 1er Congrès Extraordinaire du Parti socialiste unifié du Venezuela, qui a commencé le 21 novembre. Devant 772 délégués élus par les organisations de base lors d’un processus sans précédent auquel ont participé prés d’un million de membres du parti, il a demandé que sa proposition soit inscrite à l’ordre du jour du Congrès: «à ce premier congrès extraordinaire du Parti socialiste unifié du Venezuela, je demande que soit inscrit à l’ordre du jour la proposition de convoquer les partis politiques et les courants à la création de la Ve Internationale Socialiste, une nouvelle organisation devant répondre aux défis de notre temps et qui pourrait devenir un instrument d’unification et de coordination des peuples en lutte pour sauver la planète». La proposition sera soumise à discussion pendant le Congrès, qui durera jusqu’au mois d’avril 2010, date prévue pour la création de la Ve Internationale. La discussion «doit s’ouvrir au peuple, aux organisations sociales et autres formes de pouvoir populaire dans le pays,» selon le pan proposé par Chavez. De même, cette décision sera discutée par des partis de gauche partout dans le monde, qui devront adopter une position par rapport à cette proposition transcendantale à laquelle sans doute s’attèlera de toute vigueur le parti révolutionnaire de masse en construction. Unité face à la contre-offensive impérialiste. La discussion centrale du premier jour de la Rencontre avec les Partis de Gauche portait sur la nouvelle contre-offensive impérialiste dans la région, illustrée par l’expansion des bases militaires étasuniennes et le coup d’État au Honduras. Étaient présents 55 partis politiques de plus de 30 pays, représentés par des représentants de l’ancienne et de la nouvelle gauche, dont certains partis communistes et sociaux-démocrates d’Asie et d’Europe, des mouvements de libération nationale d’Afrique et du Moyen-Orient, de nouveaux partis politiques tels que Die Linke (Allemagne), Bloc de Gauche (Portugal), Parti de Gauche (France) et des forces radicales et de gauche de l’Amérique latine, certains plus anciens, comme le FSLN (Front sandiniste de libération nationale) et certains plus récents, comme le Mouvement vers le Socialisme (Bolivie) et, bien entendu, le PSUV. Pratiquement toutes les tentatives pour créer un nouveau modèle de société au XXe siècle ont été détruites par l’impérialisme, a expliqué Nicolas Maduro, dirigeant du PSUV et ministre des Affaires étrangères du Venezuela. «Il n’y a eu qu’une seule expérience qui a eu la force politique, militaire et populaire, ainsi qu’une direction révolutionnaire, qui a réussi à déjouer les plans de l’impérialisme: la Révolution cubaine.» À la fin du siècle, de nouveaux mouvements révolutionnaires et de nouveaux dirigeants ont émergé pour changer la face de la région. L’élection de Barack Obama a soulevé de nombreux espoirs auprès de vastes secteurs de la population qui espéraient que de nouvelles relations avec les États-Unis, basées sur le dialogue, seraient possibles. Mais les illusions ont été rapidement brisées par les initiatives de la nouvelle administration, a dit Maduro. L’Alliance Bolivarienne, ALBA – «un projet solide d’intégration et d’union de nos pays et de nos peuples» - a progressé cette année, avec l’arrivée de l’Équateur et plusieurs pays Caribéens; cependant, le premier coup de l’impérialisme fut porté contre le Honduras le 28 juin par un coup d’état militaire. Le coup d’État visait l’ALBA et fut réalisé avec le soutien des États-Unis, a-t-il dit. Peu après, la nouvelle est tombée: l’accord militaire entre les États-Unis et la Colombie et la concession de sept nouvelles bases militaires aux États-Unis, «une menace sérieuse contres les mouvements révolutionnaires de notre continent,» a ajouté Maduro. Selon ce scénario, l’unité des forces progressistes et de gauche est nécessaire afin de créer un mouvement de paix et de justice dans la région ayant la capacité de convertir le continent en une «territoire libre de bases étasuniennes», a-t-il dit. Jorge Marti, responsable du secteur des relations internationales du Parti communiste de Cuba, a souligné qu’actuellement, «la gauche n’est pas à la hauteur des défis auxquels elle est confrontée», raison pour laquelle il est nécessaire de tracer une stratégie claire pour une unité dans la lutte. Alors qu’il est tout à fait possible que les forces de droite remportent les prochaines élections au Chili et au Brésil, Nidia Diaz, du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) du Salvador a souligné que «si nous ne pensons qu’aux échéances électorales en oubliant l’accumulation des forces sociales en faveur du changement, il est facile de brosser un tableau pessimiste.» Il est essentiel que la gauche promeuve la proposition de Chavez de créer les bases pour la paix et un point de convergence pour les actions et la mobilisation de nos peuples, a-t-elle ajouté. «Nous ne sommes que les porte-paroles de nos peuples qui résistent,» a expliqué le ministre des Affaires étrangères du Honduras, Patricia Rodas. Notre responsabilité est de construire un espace commun pour rassembler les partis et consolider l’union des nos peuples, «et permettre la création d’une force diversifiée inconnue jusqu’à présent» parce qu’ils veulent détruire «cette même démocratie pour laquelle nous avons déposé les armes,» a-t-elle dit. En concluant les contributions de la journée, le dirigeant du PSUV et Ministre de l’éducation Hector Navarro a affirmé que «le problème n’était pas les bases militaires, le problème était la crise structurelle du capital... nous sommes confrontés à la question de la survie de l’humanité.» Ainsi, cette réunion, qui a rassemblé quelques unes des forces de gauche les plus importantes au monde, doit être vue comme le théâtre des opérations à partir de laquelle a été déclenchée la lutte pour la défense de l’humanité, a-t-il dit. Une internationale socialiste pour le XXIe siècle La deuxième journée a commencé par une discussion sur la nature de la coordination. Valtar Pomar, secrétaire des relations internationale du Parti du travail (PT) du Brésil a présenté les vues de son parti, en mettant en avant une stratégie centrée sur l’unité régionale et l’intégration, ou en termes plus classiques «anti-impérialistes». Si nous faisons du socialisme le plus petit dénominateur commun de notre unité, cela aboutira inévitablement à des divisions; pour cette raison, a dit Pomar, le PT continuera à privilégier le Forum de Sao Paolo (FSP). Aristóbulo Istúriz, un des vice-présidents du PSUV, a répondu que la gauche avait besoin d’espaces plus dynamiques et actifs que le FSP. Le FSP a été crée au début des années 90 à l’initiative du PT pour rassembler la gauche latino-américaine dans le contexte de l’effondrement de l’Union soviétique. Aujourd’hui, le Forum, comme le PT, a dérivé loin de ses racines radicales pour devenir une tribune de discussions dominée par les forces réformistes. Alors que des différences ont commencé à faire jour, ce sont les interventions de Chavez cette nuit-là qui ont tracé la ligne de partage. «L’impérialisme yankee se prépare à la guerre en Amérique-latine... presque toujours, les États-Unis se sortent d’une situation de crise par la guerre,» a-t-il prévenu. Dans le même temps, les conditions d’une construction du socialisme sont favorables, a-t-il dit. «C’est pourquoi je vous demande que vous m’autorisiez à aller de l’avant, avec ceux qui veulent m’accompagner, dans la création de la Ve Internationale.» Une nouvelle Internationale sans manuel et sans obligations, a expliqué Chavez, où les différences seront les bienvenues. Il a sévèrement critiqué l’exemple du Parti communiste de l’Union soviétique qui a imposé ses dogmes tels que «le socialisme dans un seul pays» sur ses partis satellites à travers le monde. Ce qui a fait que de nombreux partis communistes en Amérique latine ont tourné le dos à Che Guevara à cause de son rejet du dogmatisme soviétique, a dit Chavez. Par opposition aux échecs du «socialisme réel» et de la social-démocratie, a-t-il dit, une nouvelle internationale devrait représenter l’esprit et l’héritage collectif laissé à l’humanité par les fondateurs des quatre premières internationales, Karl Marx, Friedrich Engels, Clara Zetkin, Rosa Luxembourg, Jose Carlos Mariategui, et Léon Trotsky. Elle devrait aussi incorporer les idées des radicaux latino-américains et des libérateurs tels que Simon Bolivar, Francisco Morazan, Maurice Bishop et Sandino, a-t-il ajouté. Un nouveau projet de coordination de la gauche doit se faire au sein d’une internationale pour affronter l’impérialisme, battre l’impérialisme, et lutter pour le socialisme du XXIe siècle. Il est nécessaire de travailler ensemble à l’élaboration d’un manifeste afin de créer l’unité autour du socialisme du XXIe siècle, a-t-il poursuivi. À la remarque d’un délégué qui a dit qu’il existait déjà d’autres organisations de coordination des partis politiques, la réponse de Chavez fut rapide et cinglante: il existe de nombreux espaces de discussion, mais aucune pour des actions concrètes, raison pour laquelle beaucoup ont cessé d’exister. «Nous avons perdu beaucoup de temps, nous continuons à en prendre, à chercher des excuses à notre inaction. Je considère qu’un tel comportement constitue une trahison envers les espoirs de nos peuples.» Nous avons besoin de l’unité des partis de gauche, «mais des partis qui sont véritablement de gauche». «Il nous incombe d’assumer le rôle d’avant-garde» Alors que le lendemain divers partis ont exprimé leurs réserves, en arguant qu’il n’était pas possible d’arriver à un accord dans le cadre d’une telle rencontre et qu’il fallait un débat profond sur le programme avant de pouvoir réaliser une unité, les réactions en faveur d’une telle proposition était majoritaires. «Nous ne pouvons continuer à simplement débattre... il nous faut définir clairement ce que nous voulons, et le projet alternatif pour l’Amérique latine, c’est le socialisme,» a affirmé Salvador Sanchez Ceren, dirigeant du FMLN et vice-président du Salvador, qui s’exprimait en faveur de la proposition. Le commentaire de Sanchez a provoqué une réaction du président Salvadorien Mauricio Funes, un indépendant qui a été élu sous l’étiquette du FMLN, et qui s’est distancé ainsi que son gouvernement de tout soutien au socialisme du XXIe siècle. Les membres de la délégation bolivarienne du Mouvement Vers le Socialisme ont informé les participants de la rencontre qu’ils avaient appelé la direction nationale du parti, ainsi que le président Evo Morales, et que tous étaient d’accord pour se joindre au projet et participer activement aux commissions préparatoires pour un congrès fondateur. Le dirigeant de Alianza Pais et Ministre équatorien Ricardo Patino a annoncé aussi que son parti avait décidé d’y participer. Promettant le soutien actif de la «résistance» hondurienne, Rodas a ajouté sa voix en soutien à la proposition. Ainsi, les dirigeants actuels des plus importants mouvements pour le changement – auxquels il faut ajouter le Parti communiste de Cuba qui n’a pas exprimé une position formelle lors de cette réunion – ont annoncé leur volonté d’œuvrer à l’organisation d’une coordination internationale. Avec la résolution spéciale de créer un «groupe composé de partis socialistes, de courants et de mouvements sociaux qui soutiennent l’initiative, pour préparer un programme qui définira les objectifs, le contenu et les mécanismes de cette entité révolutionnaire globale,» un document intitulé «Les engagements de Caracas» a aussi été approuvé. Le document affirme que, face à la «crise structurelle du capital, qui combine une crise économique, une crise écologique, une crise alimentaire et une crise énergétique, qui ensemble représentent une menace pour l’humanité et la terre mère» la seule alternative possible était «le socialisme du XXIe siècle». En tirant encore une fois les leçons des quatre premières internationales, Chavez a remarqué, cette fois-ci devant le congrès du PSUV, que toutes ces internationales étaient nées en Europe, «où la théorie du socialisme scientifique a surgi avec force au cœur des grandes luttes populaires et ouvrières, et la domination de la bourgeoisie.» Cependant, aujourd’hui, «l’épicentre de la lutte révolutionnaire se situe dans notre Amérique (nuestra America). Et le Venezuela est au centre de cette bataille. Il nous incombe d’endosser le rôle d’avant-garde et nous devons l’assumer, afin de prendre conscience des énormes responsabilités qui pèsent sur nous.» Federico Fuentes, avec Kiraz Janicke, a participé à la Rencontre Internationale des Partis de gauche en tant que représentants de l’Alliance socialiste. ———————————————————————————————
http://mrzine.monthlyreview.org/fuentes281109.html EN COMPLEMENT La Ve Internationale en gestation C’est ce qu’a annoncé Hugo Chavez à l’issue d’une conférence internationale de partis et de mouvements de gauche qui s’est tenue à Caracas du 19 au 21 novembre. La proposition est audacieuse mais s’inscrit tout à fait dans la démarche habituelle du président vénézuélien qui a déjà insisté dans ses interventions à des réunions de ce type: conférences, forums sociaux, colloques et rassemblements divers, sur la nécessité de constructions politiques permanentes plus solides et débouchant sur des programmes d’action concrets et coordonnés. D’où l’idée ambitieuse de Ve Internationale qu’il veut respectueuse de la diversité de ses membres et sans contraintes. Ce projet a d’abord une utilité nationale: le PSUV, parti socialiste unifié du Venezuela, parti de masse récemment créé, a besoin de s’inscrire dans un cadre international. Ce cadre ne peut pas être l’Internationale socialiste qui regroupe les partis sociaux démocrates les plus néolibéraux du monde et qui a pignon sur rue dans les institutions financières internationales les plus néolibérales (voir DSK au FMI par exemple) et il n’y a plus d’Internationale communiste. La liste des partis et mouvements invités et participants à la conférence de Caracas dessine les contours de cette nouvelle internationale: une majorité de partis communistes dont deux partis de gouvernement: le chinois et le cubain, des mouvements latino-américains parmi lesquels le MAS bolivien d’Evo Morales, le FMLN salvadorien, le Front sandiniste nicaraguayen et l’Alianza Pais d’Équateur et des petits partis de gauche comme Die Linke. Deux organisations françaises étaient présentes: le PCF et le Parti de gauche. Plusieurs partis présents ont exprimé des réserves ou même une opposition au projet: PC brésilien, PC grec, PT brésilien et PC vénézuélien. Le PC cubain a qualifié l’idée d’excellente mais ne s’est pas prononcé formellement. Ces positions expriment une réaction à un projet encore peu mûri et une réserve face à une trop grande diversité qui ne pourrait qu’être préjudiciable à l’efficacité. Les autres partis latinos ont dans l’ensemble été favorables témoignant ainsi de leur volonté de résistance commune à l’offensive réactionnaire de l’administration OBAMA sur le continent. Ils sont avec le PSUV et le PC vénézuélien les plus conscients de cette urgence et de la nécessité d’apporter une réponse politique collective globale et pas seulement militaire aux menées contre révolutionnaires avérées en Colombie, au Honduras, au Pérou et au Panama ou prévisibles comme au Paraguay. À l’issue de la Conférence les participants ont adopté l’engagement de Caracas:
- affirmation de leur volonté de construire le socialisme du XXIe
siècle face à la crise généralisée us système capitaliste
global, Bref, une bonne analyse des périls de l’heure face à la contre offensive impériale en Amérique Latine et beaucoup de propositions intéressantes. Reste à voir la capacité d’organisation et d’action collective de cette future internationale. par COMAGUER Terrorisme Le présumé terroriste prend le vol 253 de Northwest sans passeport alors qu’il est fiché dans la base de données sur le terrorisme Le dernier épisode de terrorisme hollywoodien vient tout juste de se produire et déjà les critiques sont sévères. C’est que le scénario, les effets spéciaux et la mise en scène comportent de sérieux manques et contradictions. Voyons voir ensemble. L’histoire officielle va ainsi: un étudiant nigérien de 23 ans, Umar Farouk Abdulmutallab, a tenté de détoner une bombe à bord du vol 253 de Northwest, en partance d’Amsterdam vers Détroit, et ce, la journée de Noël même. Heureusement, l’engin explosif n’a pas bien fonctionné. Le feu ainsi causé ainsi que l’homme furent rapidement maitrisés. Al Qaïda aurait revendiqué l’attentat terroriste, en revanche des attaques étasuniennes sur le Yémen la semaine auparavant. Les états-Unis ont accusé Abdulmutallab d’être lié à une cellule d’Al Quaïda située au Yémen et en Arabie Saoudite. Vous vous rappelez quand on nous disait qu’Al Qaïda était en Afghanistan? Nous avons ensuite envahit. Et la fois où on nous disait que l’Irak était devenu la nouvelle base d’Al Qaïda? Nous avons aussi envahit le pays. Que pensez-vous que nous risquons de voir se produire si Obama et les média clament que le Yémen et l’Arabie Saoudite sont la nouvelle demeure du célèbre groupe terroriste créé à l’origine par la CIA? Alors quel est le problème avec cette histoire? À peu près tout. À mesure que les informations font surface, ces dernières tendent à indiquer qu’il y a eu un échec retentissant du renseignement américain et un grave manque à la sécurité. Encore une fois, à la suite des attentats du 11 septembre 2001, le gouvernement et les médias déblatèrent en nous expliquant que tous ces extraordinaires manques sont le produit d’une simple négligence ou un échec de faire les liens nécessaires. Mais qu’en est-il réellement? Nous pourrions commencer par demander comment Umar Farouk Abdulmutallab a pu être capable de monter à bord de l’avion qui partait d’Amsterdam vers Détroit sans passeport. Nous savons tous que le profilage ethnique existe, surtout envers les musulmans. Particulièrement depuis le 11 septembre 2001 et la subséquente guerre contre le terrorisme. Imaginez maintenant un jeune homme provenant d’un pays musulman voyageant seul et sans bagage, avec un billet aller simple en direction des États-Unis et sans passeport. Imaginez en plus de cela que le nom de cet homme soit fiché dans la banque de données sur le terrorisme des états-Unis depuis deux ans. Cet homme, qui représente exactement Abdulmutallab, ressemble à une alerte générale ambulante qui clignote rouge lorsqu’il entre dans un aéroport et tente de prendre l’avion en direction des États-Unis. C’est la raison d’avoir mis en place le Homeland Security à la suite des attaques du 9/11. On y a investi des milliards de dollars et transformé le pays en État policier depuis; coupé massivement dans les droits et libertés ainsi que le droit à la vie privée. Et pour quel résultat? Celui qu’un apprenti terroriste ait pu monter sur un avion sans passeport, alors qu’il était sur la liste du terrorisme des états-Unis, tout cela en transportant joyeusement des explosifs attachés à sa jambe (ou ses sous-vêtements, si les media et les autorités peuvent se brancher sur leur version officielle, qui elle, ne cesse de changer!), alors que l’aéroport d’Amsterdam utilise déjà ces super-scanners «on-vous-voit-complè-ement-à-poil» dont on parle tant de ces jours-ci dans les médias. Dire que le Canada planifie nous installer des douzaines de ces charmants super scanner XXX pour assurer notre sécurité et celle de nos enfants, que Abdulmutallab a pu si habilement déjoué. Ou était-ce bien lui… Nous avons appris que la sécurité de cet aéroport était assurée par ICTS, la même et identique compagnie israélienne qui était responsable de la sécurité à tous et chacun des aéroports desquels les terroristes du 9/11 sont partis, apparemment en déjouant la sécurité là encore. Pensez-y. Et qui est cet homme d’apparente nationalité indienne «habillé de façon élégante» et qui a convaincu le personnel à la porte de sécurité de laisser passer Umar Farouk Abdulmutallab sans passeport? Plus précisément quelle position cet homme possédait-il pour que le personnel de l’aéroport accède à ses souhaits? Le journal britannique The Telegraph, ne citant aucune source, nous dit que les explosifs étaient du même type que ceux que Richard Reid a utilisé, soit du PETN, l’homme au soulier qui a fait que depuis, nous sommes parfois obligés de retirer nos chaussures au contrôle de sécurité à l’aéroport. Si tel est le cas, comment se fait-il que nous n’ayons pas de dispositif mis au point depuis pour détecter ce type d’explosif? D’ailleurs, d’où provient ce PETN, un explosif militaire? La compagnie de sécurité qui a laissé Reid monter à bord du vol 63 de American Airlines était encore une fois ICTS (International Consultants on Targeted Security). Les directeurs de ICTS sont tous d’anciens officiels israéliens de la sécurité. C’est largement ICTS qui a développé les procédures de «profilage» des passagers utilisés à Schiphol, Amsterdam et ailleurs à travers le monde à travers une de ses branches, ICTS Holland Products BV. ICTS a précédemment été lié à de l’espionnage israélien contre les États-Unis. ICTS International est basé à Amstelveen, en Hollande et assure une présence majeure dans la sécurité de plusieurs aéroports du monde, avec des contrats à Hong Kong, Bangkok, Suva, Auckland, Singapour, Macao, Chicago O’Hare, Londres Gatwick, Newark, Los Angeles, et Belfast. En 1999, l’aéroport Détroit, a brusquement annulé son contrat de sécurité avec Argenbright Security Inc et les ont remplacé avec Huntleigh of St-Louis. Huntleigh a récemment été racheté par ICTS. Revenons donc à Abdulmutallab: comment a-t-il pu monter à bord d’un avion en direction de Détroit? Son nom figurait sur la liste noire du terrorisme des États-Unis après que son propre père ait averti des officiels hauts placés du Département d’État qu’il était inquiet à propos des croyances radicales et des connexions que son fils partageait avec des extrémistes. Si son père avait été un plombier, pas certain que cela aurait laissé eu un grand impact. Mais la réalité est que son père, Dr. Umaru Mutalla, est un ancien directeur d’une importante banque nigérienne, un ministre, tête de l’industrie nationale de l’armement, un proche associé de l’ambassadeur étasunien et une des personnes la plus riches du monde. Il s’est donc fort probablement directement adressé à l’ambassadeur lui-même, en place à Abjua, Nigeria. Il est aussi confirmé que Mutallaha a rencontré le chef de la station de la CIA de son pays. Umaru Mutalla a ainsi donc mené l’industrie nationales de l’armement (DICON) en partenariat avec Israël et particulièrement le Mossad. Il était en contact avec eux quotidiennement. Ils dirigent presque tout au Nigéria, de la production d’armement en passant par le contre-terrorisme. La piste ne s’arrête pas là. Notre ami Abdulmutallab est passé au Yémen pour rencontrer quelques copains à la tête de la cellule Al Qaïda que Bush avait libéré de Guantanamo et remis à l’Arabie Saoudite en 2007. Il est rapporté par SITE Intelligence Group que des groupes se disant être de l’Al Qaïda au Yémen, que l’attaque contre le vol vers Détroit était en réponse des attaques militaires étasuniennes sur leurs bases dans ce pays. Mais le gouvernement du Yémen , tel que rapporté par BBC, soutient que les terroristes Al Qaïda, mené par ceux relâchés par Bush, sont en fait des agents israéliens. Le président yéménite, Ali Abdullah Sale, a déclaré que les forces de sécurité ont arrêté un groupe de militants dit musulmans, liés au service secret israélien (Source) SITE Intelligence Group est géré par une «ancienne» membre des Forces de la défense israélienne, Rita Katz, qui a un long passé de propagande favorable à l’agenda israélien. Al Qaïda n’existe pas vraiment, selon la BBC. En réalité, ce groupe existe peut-être, mais il n’est pas ce que nous sommes induit à en penser, et surtout, pas dirigé et financé par ceux qu’on pointe du doigt de la part des autorités et des médias. Le plus qu’on lit sur ce dernier attentat terroriste, plus on sent que c’est du tout faux, du préfabriqué. La débâcle pour couvrir cette histoire va en crescendo. Chaque nouveau mensonge crée de nouveaux problèmes et contradictions, requérant de nouveaux mensonges, qui créent de nouvelles contradictions, etc. Plus on apprend au sujet du terroriste islamique Umar Farouk Abdulmutallab, plus l’absurdité de cette entière situation nous crève les yeux parce que non seulement cet incident aurait-il pu être prévenu, mais aussi parce que chacune des agences et autorité impliquées se sont comportées avec la plus complète incompétence. Et pour palier à tout cela, on nous dit qu’il va falloir augmenter la sécurité dans les aéroports, se soumettre à des fouilles à nu virtuelles, faire du profilage ethnique à fond, attendre en file des heures, le temps de nous créer de nouveau une illusion de sécurité et de nous faire frire aux rayons X potentiellement mutagènes et cancérigènes http:/les7duquebec.wprdpress/com/2010/01/05/le-terroriste-nigerien-abdul-mutallab-prend-le-vol-253-de-north west-sans-passeport-fiche-dans-la-base-de-donnees-sur-le-terrorisme/#comments par François Marginean François Marginean: Tech. en Architecture, chercheur indépendant, animateur de radio à l'émission L'Autre Monde sur CHOQ FM de l'UQAM, éditeur du blog Les Nouvelles Internationales et collaborateur chez Les 7 du Québec François Marginean est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca. Articles de François Marginean publiés par Mondialisation.ca Crise capitaliste Les déficits publics étrangleront les états et les systèmes sociaux occidentaux vers le printemps 2010
Selon LEAP**/E2020, la crise systémique globale va connaître un nouveau point d'inflexion à partir du printemps 2010. En effet, à cette date, les finances publiques des principaux pays occidentaux vont devenir ingérables parce qu'il deviendra simultanément évident que de nouvelles mesures de soutien à l'économie s'imposent au vu de l'échec des différents stimulus de 2009[1] et que l'ampleur des déficits budgétaires interdit tout nouvelle dépense significative. Si ce «nœud coulant» des déficits publics que les gouvernements se sont volontairement passés autour du cou en 2009, en refusant de faire assumer au système financier le prix de ses fautes[2], va peser lourdement sur l'ensemble des dépenses publiques, il va tout particulièrement affecter les systèmes sociaux des pays riches en appauvrissant toujours plus la classe moyenne et les retraités, tout en laissant les plus défavorisés à la dérive[3]. Parallèlement, le contexte de cessation de paiement d'un nombre croissant d'états et de collectivités locales (régions, provinces, états fédérés) va entraîner un double phénomène paradoxal de remontée des taux d'intérêts et de fuite hors des devises en direction de l'or. Devant l'absence d'une alternative organisée à un dollar US toujours plus faible et afin de trouver une alternative à la perte de valeurs des bons du trésor (en particulier étasuniens), les banques centrales du monde entier devront en partie se «reconvertir à l'or», le vieil ennemi de la Réserve fédérale US, sans pouvoir encore le déclarer officiellement. Le pari de la reprise ayant désormais été bel et bien perdu par les gouvernements et les banques centrales[4], ce point d'inflexion du printemps 2010 va ainsi représenter le début du transfert massif des 20.000 milliards $US d' «actifs fantômes»[5] vers les systèmes sociaux des pays qui les ont accumulés. Dans ce GEAB N°40, l'équipe de LEAP/E2020 développe ses analyses sur ces différents sujets tout en présentant l'évaluation détaillée de ses anticipations pour 2009 qui ont obtenu un score général de 72%[6]. Enfin, nos chercheurs dévoilent leurs recommandations, avec ce mois-ci en particulier: immobilier commercial, devises et revenus des expatriés. L'actualité s'est vite chargée d'alimenter l'anticipation du GEAB N°39 qui indiquait que 2010 serait une année marquée par trois tendances dont l'une serait les cessations de paiement d'État[7]: de Dubaï à la Grèce, en passant par les discours de plus en plus inquiets des agences de notation sur les dettes étasunienne et britannique, ou par le budget draconien adopté par l'Irlande et les recommandations de la zone Euro pour la maîtrise des déficits publics, l'incapacité croissante des états à faire face à leurs dettes fait la une des médias. Pourtant, au sein de cette agitation médiatique, toutes les informations n'ont pas la même valeur: certaines ne sont que des élucubrations sur le «doigt» du proverbe chinois[8], quand d'autres traitent réellement de la Lune. Au chapitre des élucubrations sur le «doigt», ce communiqué public du GEAB N°40 présente le cas des analyses sur la Grèce. Crise de la dette grecque: Petit problème pour Francfort et sévère avertissement pour Washington et Londres. Venons-en à la Grèce. Là, on retrouve une thématique semblable à celle que notre équipe avait dénoncée dans le GEAB N°33, en Mars 2009, au moment où la presse relayait massivement l'idée que l'Europe de l'Est allait emporter le système bancaire européen et l'Euro dans une crise majeure. Nous avions alors expliqué que cette «information» ne reposait sur rien de crédible et qu'elle n'était qu' «une tentative délibérée de la part de Wall Street et de la City (Voir note 2) de faire croire à une fracture de l'UE et d'instiller l'idée d'un risque ‘mortel’ pesant sur la zone Euro, en relayant sans discontinuer de fausses informations sur le ‘risque bancaire venu d'Europe de l'Est’ et en tentant de stigmatiser une zone Euro ‘frileuse’ face aux mesures ‘volontaristes’ étasuniennes ou britanniques. L'un des objectifs est également de tenter de détourner l'attention internationale de l'aggravation des problèmes financiers à New-York et Londres, tout en affaiblissant la position européenne à la veille du sommet du G20». Le cas grec est assez similaire. Non pas qu'il n'y ait pas de crise des finances publiques grecques (elle est bien réelle), mais ses conséquences supposées sur la zone Euro sont surestimées alors que cette crise indique une tension croissante autour des dettes souveraines, talon d'Achille des états-Unis et du Royaume-Uni[9]. Tout d'abord, il faut rappeler que la Grèce reste le pays par excellence qui a mal géré son accession à l'UE. Depuis 1982, les différents gouvernements grecs n'ont fait qu'utiliser l'UE comme une source inépuisable de subventions, sans jamais parvenir à moderniser les structures économiques et sociales du pays. Avec près de 3% du PIB provenant directement de Bruxelles en 2008[10], la Grèce est en fait un pays sous perfusion européenne depuis près de trente ans. La dégradation actuelle des finances publiques du pays n'est donc qu'une étape supplémentaire dans une longue évolution. Les responsables de la zone Euro savent depuis longtemps que le problème grec surviendrait un jour. Mais le pays pesant 2,5% du PIB de la zone Euro (et 1,9% de celui de l'UE), nous sommes loin d'un grave danger pesant sur la monnaie unique européenne et sur la zone Euro. À titre d'exemple, la cessation de paiement de la Californie (12% du PNB US) est infiniment plus porteuse de déstabilisation du dollar et de l'économie des états Unis. D'ailleurs, puisque l'ont trouve souvent sous les mêmes plumes une liste exhaustive de tous les pays de la zone Euro faisant face à une grave crise de leurs finances publiques (Espagne, Irlande, Portugal auxquels nous rajoutons la France et l'Allemagne), il faut être complet et indiquer qu'aux états-Unis, outre l'état fédéral techniquement en faillite[11] si la Fed n'imprimait des dollars en quantité illimitée pour acheter directement et indirectement des Bons du Trésor émis dans des proportions identiques, et outre la Californie (état le plus riche de l'Union oscillant au bord du gouffre depuis des mois), on trouve désormais 48 états sur 50 en déficits budgétaires croissants[12]. Comme le résume le titre de l'éditorial du 14 décembre de Stateline, le site étasunien spécialisé sur les états et les collectivités locales US, «Des scénarios de cauchemar hantent les états», c'est l'ensemble des états des états-Unis qui a peur d'entrer en cessation de paiement en 2010/2011. Et la zone Euro, qui a les plus importantes réserves d'or de la planète[13], rassemble également des pays qui ont accumulé des excédents budgétaires jusqu'à l'année dernière, un commerce extérieur toujours excédentaire et une banque centrale qui n'a pas transformé son bilan en réservoir à actifs «pourris ou fantômes» (comme l'a fait la Fed depuis 18 mois). Donc, si la crise des finances publiques grecques indique bien quelque chose, ce n'est pas tant la situation de la Grèce ou une problématique spécifique à la zone Euro, mais un problème plus général qui va s'aggraver fortement en 2010: le fait que les obligations d'état forment désormais une bulle sur le point d'exploser (plus de 49.500 milliards $US au niveau mondial, soit une hausse de 45% en 2 ans)[14]. Les dégradations de notation effectuées par les agences étasuniennes de notation dans la foulée de la crise de Dubaï indiquent que, comme toujours, ces agences ne savent (ou ne peuvent) pas anticiper ce type d'évolution. Souvenons-nous qu'elles n'avaient rien vu venir dans la crise des subprimes ou dans l'effondrement de Lehman Brothers et AIG, ni d'ailleurs dans celui de Dubaï. Comme elles sont dépendantes du gouvernement US[15], elles ne peuvent pas bien entendu directement mettre en cause le duo au cœur du système financier actuel (Washington et Londres). Cependant, elles indiquent la direction d'où va venir le prochain grand choc, les obligations d'état … et dans ce domaine, les deux états les plus exposés sont les états-Unis et le Royaume-Uni. Il est d'ailleurs très instructif de constater que le discours de ces agences évolue subtilement. En quelques semaines on est passé de la sempiternelle explication qui ferait que la qualité intrinsèque des économies et de la gestion de ces deux pays[16] élimine tout risque de défaut de paiement de la part de leurs gouvernements respectifs à un rappel qu'il allait falloir dès 2010 démontrer cette qualité et ces aptitudes gestionnaires afin de garder le fameux Triple A qui permet d'emprunter à moindre coût[17]. Si même les agences de notation commencent à demander des preuves, c'est que les choses vont vraiment très mal. Pour conclure sur le cas grec, notre équipe considère que la situation actuelle est triplement positive pour la zone Euro: elle l'oblige à considérer sérieusement les mesures de solidarité à mettre en œuvre dans ce type de situation. Les observateurs vont ainsi devoir faire un choix clair: soit ils traitent la Grèce comme un pays isolé, soit ils la traitent comme une composante de la zone Euro. Mais ils ne peuvent pas faire les deux à la fois, additionnant la faiblesse de la Grèce isolée avec un affaiblissement de la zone Euro à cause de la Grèce. elle oblige enfin les autorités grecques à faire une opération «Vérité» sur l'état des finances de leur pays et va permettre à l'UE de pousser les réformes nécessaires notamment pour réduire fortement la corruption et le clientélisme endémiques[18]. elle devrait servir d'exemple aux gouvernements européens (et autres) qui manipulent de plus en plus les statistiques économiques et sociales, en démontrant que ces manipulations ne font que plonger les pays plus avant dans la crise. Nous sommes hélas plus dubitatifs sur cette idée que d'autres dirigeants suivraient l'exemple du Premier ministre grec; en tout cas pas avant des changements de gouvernement au Royaume-Uni, aux états-Unis, en France ou en Allemagne par exemple. Notes: [1] La
consommation reste toujours atone aux états-Unis comme en Europe
(malgré les fêtes de fin d'année). La soi-disant croissance
chinoise (voir cette vidéo d'Al Jazeera très éclairante sur la
réalité derrière les chiffres chinois) n'arrive même pas à
stimuler un tant soit peu celle de son voisin nippon (ce qui serait
un signe certain qu'il y a bien un redémarrage de l'économie
chinoise) obligé d'être le premier grand pays à adopter un second
plan de stimulation économique en moins de deux ans (Asahi Shimbun,
09/12/2009). En revanche la manipulation des statistiques bat des
records d'activité: baisse «radicale» du chômage aux états-Unis
alimentée par l'emploi précaire lié aux embauches des magasins
avant les fêtes et par un mode de calcul toujours aussi «théorique»
(Global Economic Trend Analysis, 04/12/2009), «Black Friday» dont
les ventes ont encore baissé en valeur par rapport à l'année
dernière (Reuters, 29/11/2009), chômage qui continue à grimper, et
immobilier d'entreprise en chute libre en Europe (Les Echos,
10/12/2009, et une intéressante promenade visuelle à travers les
immeubles de bureaux vides à Amsterdam réalisée par Taco Dankers,
chiffre de la production industrielle chinoise «rassurant» en
novembre 2009 parce que comparé à la baisse radicale de novembre
2008. Quels résultats fantastiques pour les centaines de milliards
des plans de relance de l'année 2009! ——————————————— [Mondialisation.ca, 19 décembre 2009, Articles de GEAB publiés par Mondialisation.ca] Etats-Unis L’insatiabilité
des grandes entreprises par Cesar Chelala Le 18.12.2009, Information Clearing House – New York. Alors que le débat sur la santé aux états-Unis atteint des sommets, de plus en plus de preuves font surface sur le rôle joué par les grandes sociétés et les hommes politiques qui visent à empêcher l’accès de la majorité des étasuniens aux soins adéquats. En conséquence ce pays a un des pires systèmes de santé parmi les pays industrialisés. Des études entreprises par l’Organisation mondiale de la santé, publiés en 2007 et intitulées «Miroir, Miroir sur le Mur» (Mirror, Mirror on the Wall): Une mise à jour internationale de la performance comparative du système de santé américain (An International Update on the Comparative Performance of American Health Care), ont trouvé que non seulement le système de santé étasunien est le plus onéreux du monde, mais qu’il vient tout à fait en dernière position quelque soit les critères de performance employés. L’étude faite par le Commonwealth (britannique) compare le système de santé des états-Unis avec ceux de l’Australie, du Canada, de l’Allemagne, de la Nouvelle Zélande et du Royaume-Uni. Ce qui différencie le plus nettement les états-Unis des autres pays, est l’absence d’une couverture de santé universelle, à quoi s’ajoute qu’ils sont les derniers en matière d’accès aux soins, de sureté des patients, d’efficacité et d’équité. En comparaison avec les autres pays étudiés, les états-Unis sont à la traine dans l’adoption de la technologie d’information, ainsi que dans d’autres politiques nationales qui promeuvent l’amélioration de la qualité des soins. Dans des pays tels que la Nouvelle Zélande, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les systèmes d’information de pointe améliorent la capacité des médecins à surveiller les conditions chroniques et l’usage de médicaments. De même, les é-U déboursent un plus grand pourcentage de dollars attribués à la santé pour les coûts administratifs que toute autre nation. Les états-Unis sont derrière toutes les nations industrialisées en termes de couverture sociale. Presque 47 millions d’étatsuniens n’ont pas de couverture d’assurance santé, ce qui est plus que la population du Canada. Comme cela a été noté par Wendell Porter, un ancien cadre supérieur dans l’assurance santé, si ce nombre comprenait tous ceux qui sont sous-assurés, cela dépasserait le nombre d’habitants du Royaume-Uni. Selon Children’s Health Fund (Fond pour la Santé des Enfants), aux états-Unis 9 millions d’enfants sont sous-assurés, alors que 23,7 millions – presque 30% des enfants du pays – n’accèdent pas régulièrement aux soins de santé. Les grandes sociétés influent de plusieurs manières les hommes politiques pour qu’ils ne soutiennent pas les plans de santé qui bénéficieraient à la majorité de la population. Come Wendell Potter le disait, lors d’une interview avec Bill Moyers, «soit en souscrivant à des publicités dans votre localité quand vous êtes en campagne de réélection; soit en cessant de contribuer à vos campagnes; ou même en contribuant à la campagne de votre adversaire…». En plus, Potter décrivit comment un stratège républicain suggérait l’usage de phrases telles que «la mainmise gouvernementale», «des soins retardés, c’est des soins refusés», «les conséquences du rationnement», «des bureaucrates, et non des médecins prescrivent les ordonnances», et, malgré qu’elles soient, de toute évidence, mensongères, étaient répétées assidument par des politiques opposés aux soins de la toute la population». Par le biais de divers stratagèmes les compagnies d’assurances évitent de couvrir les gens pout mieux augmenter leurs profits. Comme Potter l’expliqua dans son témoignage devant le US Senate Committee on Commerce, Science and Transportation (Comité sénatorial US sur le Commerce, la Science et le Transport) en juin dernier, parmi ces méthodes il a la «résiliation» et le largage (dumping). Si un assuré oubli de communiquer une maladie mineure ou une condition préexistante lors de son adhésion, la compagnie d’assurance utilise ceci comme prétexte pour résilier son contrat. Les compagnies d’assurances ont également pour usage de larguer les entreprises dont les remboursements de soins de leurs employés dépassent les normes qu’elles ont établies, cette situation est particulièrement sérieuse car lorsqu’un assureur largue une entreprise, celle-ci n’a plus d’autre recours, les autres assureurs ayant été avertis. L’absence de couverture affecte sérieusement la santé des non-assurés car ils reçoivent moins de soins préventifs, se font diagnostiquer à des phases plus tardives de l’évolution de leur maladie, des soins de qualité inférieure leurs sont fréquemment donnés, leurs taux de mortalité sont plus élevés que ceux qui sont assurés. Entretemps un article publié dans le Journal de l’association médicale américaine (JAMA) révèle que même en utilisant une définition stricte, 62,1% de toutes les faillites aux é-U en 2007 étaient dues à des causes médicales. La plupart des débiteurs étaient bien éduqués, propriétaires de leur habitation et avaient de bons emplois. Trois-quarts d’entre eux avaient une assurance santé. Néanmoins, malgré cela dans 92% des cas les dépenses médicales élevées ont contribué à leurs faillites. L’étude de JAMA estime qu’en 2001, la proportion de toutes des faillites attribuées à des problèmes médicaux a augmenté de 50%. En plus 1,2 millions de familles endettées aux é-U ont chaque année leurs maisons saisies, en conséquence de coûts médicaux prohibitifs. Nous sommes à un moment crucial pour résoudre une des injustices les plus barbares qui conspirent contre la santé et l’existence des gens aux é-u. Les personnes aussi bien que les entreprises, particulièrement les petites entreprises, sont à la merci des intérêts des grandes et des puissantes et à moins que ces intérêts soient contrés, la santé des gens continuera de subir les tactiques prédatrices des grandes sociétés. Cesar Chelala, docteur en médecine, est un consultant en santé publique pour nombre d’agences internationales. ———————————————— [Traduction Alexandre MOUMBARIS] Royaume Uni Comment les banquiers détruisent 7 livres pour chaque livre qu’ils créent et que ceux qui nettoient les hôpitaux contribuent plus à la société, disent des chercheurs D’après une étude, les banquiers sont peut-être bons à faire de l’argent pour eux-mêmes – et parfois pour leurs banques – mais sont des sangsues pour la société. Il est dit qu’effectivement pour chaque livre sterling qu’ils produisent, ils ponctionnent sept livres, à nous tous. Des employés maigrement payés, tels que ceux qui nettoient les hôpitaux et ceux qui travaillent au recyclage, sont de loin plus précieux, selon le groupe de réflexion de New Economics foundation. Celui-ci a classifié les occupations selon qu’elles contribuent ou qu’elles nuisent à la société, par les effets sociaux, économiques et environnementaux, de leur travail. Les chercheurs ont estimé que la théorie selon laquelle la richesse créée par les banquiers dégoulinerait en faveur des autres, n’était plus valable. Au contraire, les actions des banquiers hautement rémunérés ont eu des «effets socialement dommageables». Ils ont contribué à amener le système financier global au bord de l’effondrement – causant la perte plutôt que la création d’emplois, ainsi que de l’augmentation de la dette publique. Un des banquiers les mieux rémunérés est le président de la Barclays, Bob Diamond, 58 ans, qui au plus haut du boom bancaire reçut plus de £20 millions. Le rapport précise que les cadres de la publicité et les experts fiscaux, en développant leur patrimoine détruisent encore davantage celui de la société. Ceux qui s’occupent de la petite enfance par contre, en aidant les parents à travailler, libèrent plus de richesse potentielle – générant ainsi jusqu’à £9,50 pour chaque £1 qu’ils sont payés. Les travailleurs dans le recyclage contribuent non seulement à la promotion du recyclage, mais aussi à la réduction des émissions de carbone et la quantité de biens jetés aux ordures. Cela aide la société dans le présent et l’avenir – générant ainsi £12 livres pour chaque £1 dont ils sont payés. Ce rapport intitulé, A Bit Rich? (Un peu riche?), disait: «Nous avons constaté que certains parmi ceux qui sont les plus grassement payés, nous sont les moins bénéfiques, et certains des plus mal payés nous sont les plus bénéfiques. Bien que cela ne soit pas toujours le cas, ça met le doigt sur une défaillance massive du système et souligne la nécessité de réforme». Prenant comme l’exemple des banquiers dans l’investissement, il est dit: Les banquiers de la City «loin d’être des ‘créateurs de richesse’ sont grassement récompensés pour une activité socialement dommageable. «Ils ne sont pas surpayés; ils sont surpayés aux dépens des autres.» En comparaison les nettoyeurs d’hôpitaux sont payés £6,26 de l’heure mais aident la société en s’assurant que les infections ne se propagent pas – ce qui aurait empêché les gens d’aller travailler, ou de ne pas être aussi efficaces. Le rapport souligne: «Non seulement ils nettoient les hôpitaux et aident au maintien du niveau d’hygiène contre les infections, mais contribuent aussi à la santé au sens plus large. L’importance de ces nettoyeurs est souvent sous-estimée, sous-évaluée de la manière qu’ils sont payés et traités. Nous estimons que pour chaque livre qui leur est payée, ils génèrent plus de £10 en valeur sociale.» Le rapport a appelé à la mise en place d’une commission pour enquêter sur les hauts salaires et recommander un différentiel salarial maximum national et l’introduction d’une taxe pour réduire les transactions à haut risque et les échanges sans répondant. Il disait que nous devons «brider les hauts salaires». La fondation Eilis Laulor a fait remarquer «Les niveaux des salaires ne reflètent souvent pas la vraie valeur créée. En tant que société nous avons besoin d’une structure qui récompense les emplois qui créent le plus de bénéfice sociétal, plutôt que ceux qui génèrent des profits aux dépens de la société et de l’environnement.» —————————————- [Mail
online, 14/12/2009] Emplois Travailleurs du recyclage: taux £6,10 de l’heure, créent £12 pour la société contre £1 de salaire; Travailleurs des hôpitaux: taux £6,26 de l’heure, créent £10 pour £1 de salaire; Puériculteurs: Salaires annuels de £10.000 à £13.000, créent entre £7 et £9,50 pour £1 de salaire; Banquiers de la City. Salaires annuels de £500.000 à £10.000.000, détruisent £7 pour chaque £1 qu’ils créent. Experts fiscalistes: Salaires annuels entre £75.000 à £200.000, détruisent £47 pour chaque £1 qu’ils créent. France-retraites Silence, les fonds de pension s’écroulentpar Thierry Brun Un Tchernobyl financier a culbuté les fonds de pension du monde entier, sans que cela n’émeuvent le Monarque et son gouvernement. Pas la moindre réaction sur cette chute monumentale d’un pilier du libéralisme économique, pas un mot avant la réforme des retraite de 2010… Trop fort ! Les fameux systèmes par capitalisation (fonds de pension) ont été promus par le gouvernement depuis l’arrivée du Monarque au pouvoir après une réforme organisant la baisse des pensions du régime obligatoire par répartition. Situation cocasse, la crise a mis en évidence un aspect masqué des fonds de pensions: chacun met de l’argent sur les marchés financiers (via ces fonds) pour ses vieux jours (quand il en a les moyens…), sans qu’il soit sûr de percevoir, au bout du compte, une pension… La preuve, dans une analyse de l’Economic Research Department de la BNP Paribas… Ces système par capitalisation (qu’on appelle aussi «épargne retraite» en France, dont les encours ont dépassé les 93 milliards d’euros en 2006) sont censés assurer une pension (bien méritée) à des dizaines millions de cotisants en Europe et aux états-Unis. «La période récente a montré les limites d’une telle formule. L’année dernière, les fonds de pension privés du monde entier ont accusé de lourdes pertes, entraînant des résultats décevants pour le secteur de l’épargne-retraite», a constaté une étude publiée en octobre par l’Economic Research Department de la BNP Paribas. «Les conséquences de la tempête financière sur les fonds de pension» (c’est le nom de cette étude), ont jusqu’à présent été accompagnées d’un pesant silence politique et médiatique, d’une amnésie droitière (mais la gauche-qui-n’est-plus-de-gauche affiche aussi une coupable aphasie) suspect à l’approche du rendez-vous majeur de la réforme des régimes de retraite, prévue en 2010. À l’approche de la réforme fatidique, un salutaire débat sur les fonds de pension serait-il donc interdit? Il n’y a pas si longtemps, le gouvernement entendait faire de l’année 2010 un rendez-vous majeur de réforme des régimes de retraite. La «mère des batailles», comme aime à le dire le ministre du Travail Xavier Darcos, a déjà son calendrier: Une rencontre avec les partenaires sociaux d’ici la fin de l’année pour tenter d’élaborer un diagnostic partagé et de s’entendre sur les données chiffrées, puis la remise du rapport du Conseil d’orientation des retraites en février 2010. On se souvient que le même Xavier Darcos avait une certaine idée de la réforme en juillet sur France Inter: «On peut imaginer une capitalisation plus grande», espérait tout haut notre homme, confirmant une baisse, programmée par le patronat du Medef, des pensions de retraite. Le même propos apparaîtrait aujourd’hui incongru, même si le libéralisme ambiant entretient l’idée qu’il faudra en passer par là, d’autant plus en période de reprise économique. Le ministre du Travail est-il bien conscient des conséquences de la prochaine réforme? En octobre 2008, nous dit l’Economic Research Department de la BNP-Paribas, les actifs de tous les fonds de pension privés des pays membres de l’OCDE ont chuté de 3.300 milliards de dollars (Si l’on compare les déficits par pays, celui de la Sécu est ridicule !), «soit 20% de l’ensemble des actifs détenus en décembre 2007». Une ridicule note ajoute que si l’on tient compte des régimes individuels aux états-Unis (comptes retraite individuels) et dans d’autres pays, la perte atteint environ 5.000 milliards de dollars… Vertigineux! Un véritable Tchernobyl financier, et pas la moindre réaction à cela! Les marchés financiers ont plombé la poule aux œufs d’or, pourrait se dire Darcos. Est-il bon, mon brave, de continuer dans cette voie? Non, rien. 5.000 milliards de dollars partent en fumée, et Darcos, Fillon, Sarko s’engagent dans la «mère des batailles»… Et dans d’insondables abysses financiers, car le fin expert de la BNP Paribas avoue: «On ignore, dans une large mesure, à quel point les fonds de pension ont été exposés aux actifs dits «toxiques». L’étude se pose aussi une question, cruciale, nous semble-t-il: Comment ces pertes se répartissent-elles? Dans les régimes à cotisations définies des retraites par capitalisation, «le risque de placement est supporté par les souscripteurs. Les mauvaises performances des fonds de pension pourraient avoir de sérieuses conséquences, en particulier pour ceux qui s’approchent de l’âge de la retraite. Ils ont, en effet, perdu une bonne partie de leur épargne retraite et n’ont plus le temps de la reconstituer». Cela va de soi… L’explication a le mérite de la clarté, mais n’est pas un motif suffisant pour sortir d’un système qui a prouvé la faillite des marchés financiers, si l’on en croit l’Economic Research Department de la BNP Paribas. «Rien ne permet de penser qu’un retour à un système de retraites exclusivement public serait la bonne solution». Pour le secteur financier et bancaire, on l’aura compris. Et pour les amis du Monarque… ——————————— [Politis 19.11.2009] Chine
La
Chine accuse les banques étasuniennes Beijing – Un haut fonctionnaire chargé de la supervision des plus grandes entreprises d’état chinoises, a publiquement accusé les banques d’investissement occidentales d’avoir fourgué avec «malveillance» des produits dérivés complexes, responsables cette année des énormes pertes à des entreprises de son pays. Dans ce qui a été la plus forte critique par la Chine à ce jour, Li Weï, sous-directeur de la Commission d’état pour la surveillance des actifs et de l’administration (CESAA), a critiqué tout particulièrement Goldman Sachs, Morgan Stanley, Merrill Lynch et Citigroup, dans un long article paru dans le dernier numéro du journal officiel du Parti communiste chinois. Les grandes pertes subies par les entreprises de l’état chinoises étaient «étroitement associées à des produits intentionnellement complexes et hautement découverts, qui ont été frauduleusement fourgués par des banques d’investissement internationales avec des intentions malveillantes,» affirma Li Weï. «Jusqu’à un certain degré certaines banques d’investissement internationales ont été les chefs criminels et la cause de la ruine d’entreprises chinoises ayant subi une véritable bérézina avec les produits dérivés financiers.» Dans son article, Li Weï disait que 68 des quelques 130 entreprises publiques contrôlés par le CESAA avaient acheté des produits dérivés pour spéculer ou pour se prémunir contre l’augmentation des prix des matières premières et la fluctuation des taux de change de devises et des taux d’intérêts, bien que certaines d’entre elles avaient reçu autorisation de le faire. D’après Li Weï, les 68 entreprises avaient enregistré des pertes pour la somme totale de Rmb 11,4 milliards (1,2 milliards €), sur un investissement de Rmb 125 milliards (129,4 milliards €) de produits dérivés financiers achetés à la fin d’octobre 2008. Le gouvernement, jusqu’ici n’avait pas révélé toute l’ampleur des pertes subies par les entreprises chinoises qui avaient fait des paris malchanceux sur des produits dérivés provenant pour la plupart de paradis fiscaux, vendus par dessus le comptoir. En septembre, le CESAA avait averti que certains parmi ces contrats étaient illégaux et susceptibles d’être invalidés. Cette initiative a poussée quelques banques occidentales à tranquillement et discrètement renégocier leurs contrats. Air China, China Eastern Airlines, Cosco, China Railway Engineering Corp, China Railway Construcion Corp, et Citic Pacific sont parmi les entreprises qui avaient le plus perdu en achetant ces produits dérivés complexes. Quelques unes des plus grandes pertes proviennent de l’achat, entre juin et août de l’année dernière, par des compagnies aériennes et de navigation, d’options pour se prémunir contre la hausse du prix du pétrole, alors que celui-ci avait atteint un sommet de plus de 140 dollars US le baril. Quand les prix sont retombés pendant la crise financière, ces compagnies subirent de grandes pertes, partiellement parce qu’elles avaient choisi des produits dérivés plus risqués – et moins chers – pour se préserver contre la hausse des prix.
Jamil Anderlini ———————————————
[Financial
Times, 3.12.2009]
La rédaction des dossiers du BIP souhaite à tous ses
lecteurs une Bonne et Heureuse année 2010, espérant le
renforcement de la conscience de classe parmi les travailleurs et des
organisations de classe dynamiques crédibles et déterminés. Alexandre MOUMBARIS Matérialisme Combattre le retour de l’idéalismeIntroduction Quel intérêt peut-il y avoir aujourd’hui pour un parti révolutionnaire à disserter sur l’idéalisme en philosophie? Il ne s’agit pas ici d’écrire un précis de philosophie mais de s’intéresser à un phénomène idéologique complètement actuel, l’emprise grandissante de la théorie idéaliste sur les consciences, emprise qui résulte d’un travail opiniâtre des sbires du Capital. Car les capitalistes ne peuvent pas se contenter de la contrainte, de la force pour se maintenir en position dominante et pour faire survivre leur système. Ils ont besoin aussi de répandre des idées, de convaincre les exploités d’accepter leur sort, c’est ce que nous appelons l’idéologie dominante. Nous analyserons donc un phénomène double: d’une part la diffusion amplifiée de l’idée religieuse, avec le concept de vie après la mort, seul à même de permettre aux exploités de supporter les difficultés de la vie dans le système capitaliste; d’autre part l’idée de plus en plus répandue de la culpabilité naturelle de l’Homme, destinée à dissuader la mise en accusation des capitalistes. Il s’agit donc de décortiquer les outils de l’idéologie dominante, de décrypter le message que l’impérialisme destine aux classes dominées, spécialement en France. Nous commencerons donc par rappeler le sens de l’idéalisme philosophique, puis nous étudierons l’impact actuel des deux formes d’idéalisme que nous avons relevées: la vie éternelle et la culpabilité naturelle de l’Homme. II Qu’est-ce que l’idéalisme? II-1 Un essai de définition «Lorsque les philosophes ont entrepris d’expliquer le monde, la nature, l’homme, tout ce qui nous entoure enfin, ils ont été appelés à faire des distinctions. Nous constatons nous-mêmes qu’il y a des choses, des objets qui sont matériels, que nous voyons et que nous touchons; puis d’autres réalités que nous ne voyons pas et que nous ne pouvons toucher, ni mesurer, comme nos idées. Nous classons donc ainsi les choses: d’une part, celles qui sont matérielles; d’autre part celles qui ne sont pas matérielles et qui sont du domaine de l’esprit, de la pensée, des idées. C’est ainsi que les philosophes se sont trouvés en présence de la matière et de l’esprit.» (Georges Politzer, «Principes élémentaires de philosophie») De cette réalité fondamentale découlent les deux conceptions opposées de la philosophie: la conception scientifique et la conception non scientifique. Cette division vient de loin, et notamment la philosophie adoptant la conception non scientifique, que nous appelons l’idéalisme. Elle postule que l’idée est antérieure à la matière et que le monde n’existe pas de toute éternité, mais qu’il a été créé par un ou plusieurs êtres surnaturels. Cette conception de la philosophie est née de la faiblesse, des inquiétudes des premiers hommes devant les forces de la nature. Pour trouver des réponses à des questions auxquelles ils n’avaient pas les moyens de répondre, en raison de l’état de la technique et de la faiblesse de leurs connaissances scientifiques, ils inventèrent des êtres tout puissants et capricieux, qui pouvaient, seuls, à leurs yeux, expliquer les phénomènes naturels auxquels ils étaient confrontés. Par la suite, ils imaginèrent que chacun de nous avait une double existence, et, par voie de conséquence, que leurs pensées et leurs sensations étaient produites: «non par leur propre corps, mais par une âme particulière habitant dans ce corps et le quittant au moment de la mort.» (Friedrich Engels, «Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande») Les premières divinités furent imaginées sous des formes matérielles (humaines ou animales). Mais la théorie idéaliste s’affina lorsque, avec l’arrivée du monothéisme, on parla d’un dieu unique, inventeur de tout. Ainsi, le dieu comme les âmes furent désormais conçus comme de purs esprits. Cette théorie est totalement anti-scientifique et absolument fausse. «Nous pouvons dire que si on constate bien dans l’expérience qu’il y a des corps sans pensée, comme les pierres, les métaux, la terre, on ne constate jamais, par contre, l’existence d’esprit sans corps.» (Georges Politzer, «Principes élémentaires de philosophie») II-2 Pourquoi parler ici de l’idéalisme ? Dans l’Histoire des Hommes, la production de richesses s’est très longtemps faite en commun. Les hommes vivaient au sein de groupes appelés clans ou tribus, qui trouvaient, cueillaient ou produisaient le nécessaire pour que l’ensemble du clan survive. C’est cette société que Marx et Engels ont baptisé le «communisme primitif». Les progrès des techniques et notamment l’apparition de l’agriculture ont donné naissance aux classes sociales. Les hommes ont été capables de produire plus que ce qui était nécessaire à la vie du clan. Ces surplus ont été accaparés par quelques-uns, la propriété privée était née. Peu à peu, cette petite partie des hommes a possédé l’ensemble des moyens de produire et forma donc la classe dominante. En parallèle, et pour la première fois, l’état fit son apparition. La classe dominante créa aussitôt des forces de répression. Dès cette époque, il fallut donc, au côté des forces de répression, créer des forces d’intégration pour maintenir l’ordre voulu par la classe dominante. Nous ne dirons pas ici que le sentiment religieux est apparu en même temps que les classes sociales; nous avons dit qu’il était motivé par l’absence de réponses à certaines questions, il leur était donc antérieur. Néanmoins, nous savons qu’aujourd’hui le capital dispose d’une panoplie complète de parasites ou de gens à son service pour intégrer la classe dominée au système et empêcher les révoltes: les propriétaires des media et leurs journalistes, les directeurs des ressources humaines, les experts en tous genres, etc… Or, la Noblesse des débuts n’avait pas tout cet éventail. Elle n’avait que les prêtres. Très vite, dans la société humaine divisée en classes, la religion, les rites, les croyances ont servi à asseoir le pouvoir des classes dominantes, les aristocrates, la hiérarchie religieuse, ou les deux à la fois. Mais c’est avec le monothéisme, sa vision prosélyte (existant dès le judaïsme des deux premiers siècles avant JC) puis universelle que l’idéalisme s’est avéré le meilleur moyen de faire accepter aux classes dominées leur asservissement. Comme écrivait Balzac dans La Chine et les Chinois: «L’obéissance des masses sera toujours l’affaire des prêtres.» La philosophie classique européenne, idéaliste pour l’essentiel, a donc été le meilleur instrument idéologique des nobles puis des bourgeois lorsque ceux-ci devinrent la classe dominante. L’emprise idéologique ainsi construite et développée est extrêmement vivace aujourd’hui sur l’ensemble de la planète, avec toutes les formes de religion essentiellement monothéistes, comme les trois religions du Livre et le bouddhisme. Le premier exemple grandeur nature de cet asservissement idéologique fut le christianisme, dont l’invention comme religion d’état fut le fait de l’empereur romain Constantin le Grand; à cet égard, l’islam n’a fait qu’imiter son aîné. Les prêtres du christianisme, de l’islam, et d’autres encore ont avancé pour les classes dominantes deux arguments massue: — la vie après la mort, l’immortalité de l’âme, que nous avons évoquée plus haut; conception que les premiers chrétiens, nourris d’hellénisme, ont emprunté à la religion grecque; — la culpabilité naturelle de l’homme, qui est tout aussi idéaliste, puisque l’homme est considéré comme incapable de penser par lui-même sa propre sauvegarde, il n’est que matière alors que l’Idée, antérieure, est représentée par la divinité, est plus forte que lui; conception issue des religions sémites que le christianisme tira des hébreux et de leur Ancien Testament. Nous allons désormais voir en quoi et pourquoi, aujourd’hui, la bourgeoisie internationale utilise toujours pour son plus grand profit l’argument hellénique comme l’argument hébraïque. III La religion est plus que jamais l’opium du peuple L’argument de l’existence d’une autre vie après la mort est exclusivement utilisé par les religions, en particulier les monothéistes chrétiens, musulmans, juifs ou bouddhistes. III-1 Les débuts de la société bourgeoise La France présente une particularité non négligeable au sujet de la religion dans le monde européen. La religion d’état catholique fut longtemps le meilleur instrument de la stabilité de l’absolutisme dans notre pays à l’époque moderne. La bourgeoisie qui fut aux premières loges durant la grande Révolution française était athée ou tout du moins déiste et farouchement anticatholique. Mais une fois au pouvoir, provisoirement, sous le règne de Napoléon Ier, ou définitivement, après la Révolution de juillet 1830 confisquée au peuple, la bourgeoisie était dans la peau de la classe dominante; elle changea donc sa position et utilisa la religion dominante, l’église catholique, à son profit. Voici comment Engels l’exprime «L’un après l’autre, les esprits forts adoptèrent les dehors de la piété, parlèrent avec respect de l’église, de ses dogmes et de ses rites, et en observèrent eux-mêmes le minimum qu’il était impossible d’éviter. La bourgeoisie française fit maigre le vendredi… Ils s’étaient fourvoyés avec leur matérialisme. Il faut conserver une religion pour le peuple — elle seule peut sauver la société d’une ruine totale. » Pour maintenir les classes dominées dans l’oppression, pour la leur faire accepter, il faut répandre dans les têtes une idéologie qui le permette. Longtemps, presque jusqu’à la fin du XIXe siècle, l’instrument de la diffusion de cette idéologie fut l’église, avant que l’école ne prenne le relais avec les réalisations de Jules Ferry. Cédons la parole, à Napoléon Bonaparte, alors premier consul, un expert en ce qui concerne la domination bourgeoise. «La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas une autorité qui lui dise: ‘Dieu le veut ainsi; il faut qu’il y ait des pauvres et des riches dans le monde, mais, ensuite, et pendant l’éternité, le partage se fera autrement.’» On peut mettre cette déclaration en regard de cet extrait des «Mémoires d’outre-tombe» de Chateaubriand, représentant de l’aristocratie finissante et adversaire politique de Bonaparte. «Un état politique où des individus ont des millions de revenus tandis que d’autres meurent de faim peut-il subsister quand la religion n’est plus là avec ses espérances hors de ce monde pour expliquer le sacrifice?» Ainsi donc la classe descendante et la classe montante sont d’accord sur l’essentiel pour affirmer avec Balzac: «Le dogme de la vie à venir est non seulement une consolation, mais encore un instrument propre à gouverner.» («Le médecin de campagne») III-2 L’emprise actuelle de la religion dans le monde Depuis la décennie des années 80, une grande offensive idéologique a été menée par la bourgeoisie internationale, pour reprendre du poil de la bête grâce à la religion. Elle a gagné en ampleur avec la fin des pays socialistes et notamment de l’URSS. Le pape désigné par les élites catholiques à la fin des années 70, Jean-Paul II avait lancé la bagarre en démantelant les chrétiens progressistes de la théologie de la libération. Reagan jeta sur l’Amérique latine ses prêcheurs évangélistes, pour les remplacer. Ils sont aujourd’hui omniprésents au Brésil, autant dire qu’ils ne délivrent absolument pas le même message que leurs prédécesseurs. En parallèle, les é-U ont aidé, financé, recruté, les tenants de l’islam le plus réactionnaire qui soit, pour combattre le marxisme et le nationalisme arabe, et, plus précisément, pour conquérir l’Afghanistan qui avait eu un moment le malheur de les soustraire au monde de la libre concurrence ou de la loi du marché. Le paysage d’aujourd’hui est à cette image. Les sectes évangélistes poussent comme des champignons, le voile islamique se répand encore plus dans les pays européens que dans ceux du monde arabo-berbère, le bouddhisme le plus réactionnaire, celui des lamas, fait des adeptes jusqu’en France, les dirigeants de l’Union européenne ont même tenté d’introduire dans leur constitution rejetée par les peuples une référence appuyée au christianisme. Le concept, théorisé par certains idéologues réactionnaires de «choc des civilisations» est encore un moyen de garder la main. Il ne s’agit de rien moins qu’une guerre de religion à l’échelle internationale, entre judéo-chrétiens et musulmans, dans laquelle chacun se sert de l’autre comme repoussoir afin d’enfermer les peuples du monde dans cette unique alternative qui permet aux bourgeois de toute la planète de dormir sur leurs deux oreilles. III-3 La religion en France En France même, terre de laïcité, le phénomène prend une ampleur inquiétante. Certaines bonnes âmes s’en prennent à l’islam dit radical, comme unique menace; d’autres au contraire se soucient de ce que les musulmans soient seuls visés et stigmatisés. Cela appelle de notre part plusieurs remarques. — Les pointeurs du doigt du fameux «islam radical» se situent clairement dans la logique du choc des civilisations évoqué plus haut. Ils ne s’en prennent pas aux méfaits de la religion en général, défendent en général l’héritage judéo-chrétien. Les adversaires de la stigmatisation du seul islam semblent, au premier abord, plus sympathiques. Mais ils trompent leur monde en faisant passer pour des particularités culturelles l’héritage de siècles d’asservissement idéologique via la religion. Laisser croire que porter le voile ou non relèverait du seul choix individuel, c’est penser ou laisser penser que nous vivons dans un monde idéal, qui permet à chacun d’avoir son libre arbitre, c’est nier l’idéologie dominante et la société de classe. — Une conception commune de la religion émerge, massivement relayée par les instruments de l’idéologie dominante: le croyant serait quelqu’un en quête de spiritualité, la religion offrirait un plus philosophique, face à une vie bassement matérialiste. De Sarkozy: «Dieu libère l’Homme.» à Royal, vantant le dalaï-lama comme un homme plein de spiritualité, en oubliant qu’il est l’éminent représentant d’une caste qui a vécu du servage, en passant par le PCF qui défendit à l’Assemblée nationale l’introduction de l’étude du fait religieux dans les programmes d’Histoire, tout le monde considère au minimum la religion comme une pensée comme une autre et au pire comme une pensée élévatrice, supérieure aux autres. Le danger de l’oppression idéologique, du retour de l’obscurantisme n’est plus évoqué aujourd’hui que par les Révolutionnaires. Pourtant, jusqu’à il y a quelques années, existait en France un fort courant anticlérical au sein notamment du mouvement réformiste, hérité de la tradition radicale de la première moitié du XXe siècle. Il semble que ce courant laïque, libre penseur au sein du parti socialiste ait bel et bien fondu comme neige au soleil. Le maître mot aujourd’hui utilisé à la télévision comme dans les salons bien pensants de gauche et de droite est celui de la tolérance. Revenons un peu sur ce concept. Tolérer, c’est accepter du bout des lèvres, c’est bien ainsi que les catholiques dominants concevaient au mieux leurs rapports avec les protestants minoritaires. Le droit de penser autrement et de ne pas avoir de dieu n’a été octroyé par personne, il a été gagné dans le sang. Les diatribes actuelles et passées des papes, celles de Jean-Paul II et de l’actuel Benoit XVI, et de leurs féaux contre le «communisme athée» révèlent à la fois que ces gens-là ne se trompent pas d’adversaire et combien est grande leur haine des révolutionnaires. Ils nous «tolèrent» parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. En France, l’athéisme a longtemps été considéré, dans une société dont les règles morales étaient fixées par l’église catholique, comme la pire des perversions. À partir du XVIIIe siècle, il n’est plus interdit d’être athée, à condition qu’on ne le proclame pas et qu’on n’en fasse pas le pilier d’une théorie révolutionnaire. Voici, pour résumer cette problématique historique, ce qu’en disait Louis Aragon, dans un article intitulé «Athées et libres penseurs», écrit en 1932 dans l’un des nombreux organes diffusés par le Parti communiste: « Il va sans dire qu'il a toujours existé, hors des spéculations des intellectuels, un athéisme instinctif chez tous les peuples, et particulièrement chez le peuple français. C'est lui qui se fait jour à la période terminale de la Révolution française (qui a balayé le catholicisme, mais non pas la croyance en l'existence d'un dieu) lorsque, pour la première fois, contre la bourgeoisie déiste et conservatrice de la propriété, se forme un véritable parti prolétarien, le parti des égaux, qui, avec Babeuf, annonce la fin de la propriété privée et celle de Dieu conjointement. L'un des babouvistes, Sylvain Maréchal, en écrivant le Dictionnaire des athées, reprend pour la première fois comme un titre de gloire le nom d'athée si universellement décrié.» III-4 dérive de la laïcité et mutation interne à la petite bourgeoisie On parle aujourd’hui de laïcité moderne, en réalité il s’agit d’une laïcité vidée de son sens. La conception la plus répandue est celle d’une laïcité-neutralité. En gros, l’idée véhiculée est que nous vivons dans une démocratie achevée, un monde parfait, dans lequel nous n’avons qu’une chose à faire: accepter et respecter les idées des autres sans se poser la question de leur nocivité éventuelle. C’est aller vite en besogne. La laïcité est un combat. Pour nous, Révolutionnaires, il s’agit d’un athéisme militant visant à la victoire définitive du matérialisme sur l’idéalisme. Il s’agit de combattre pied à pied l’obscurantisme renaissant et prospérant, de sortir des esprits ces croyances sur un être surnaturel créateur, qui ne servent qu’à maintenir les classes dominées dans leur exploitation, croyances auxquelles ne croient pas ceux qui les répandent, mais qui y voient leur utilité et même leur nécessité: rien n’a changé depuis Engels. Les combattants de la «libre pensée», sont manifestement dépassés par l’ampleur du combat à mener. Il faut dire, à leur décharge, qu’ils n’ont jamais été des athées militants, mais qu’ils se regroupaient entre athées, peu nombreux, et souvent honteux de leur athéisme, et déistes anticléricaux. Ceux-ci se défendaient vivement d'être athées, ils flétrissaient même l'athéisme, mais, au nom de la liberté, reconnaissaient le droit à l'athéisme pour ceux qui ne croient en aucun dieu. Aujourd’hui, comme nous le disions plus haut, avec le retour de la «tolérance», il se fait jour une sorte de renversement de tendance au sein du microcosme petit-bourgeois autrefois laïque à tout crin. C’est un peu comme si les nouveaux libres penseurs devaient admettre non pas ceux qui ne croient en aucun dieu, mais ceux qui croient. L’imposture historique vient de ce que les bourreaux monothéistes passent pour des victimes auxquelles il faudrait accorder le droit de croire. La «libre pensée» tombe donc le masque depuis quelques temps. Aragon le disait déjà, dans le même article que nous évoquions plus haut: «La croyance en l'existence d'un dieu est une croyance contrerévolutionnaire, car les dieux ne sont pas au ciel mais sur la terre et ils ne sont pas autre chose que des machines intellectuelles pour la préservation de l'état capitaliste. En ce sens, on comprendra qu'il soit absurde de dire que nous sommes libres de penser qu'il y a ou qu'il n'y a pas de dieu. Il n'y a pas de dieu, et aujourd'hui qu'on ne brûle plus les athées, il ne leur est plus nécessaire de réclamer la liberté de pensée.» Bien qu’aujourd’hui, d’aucuns se risquent à nouveau à penser haut et fort qu’il serait opportun de brûler les athées, le problème reste le même: comme révolutionnaires, nous n’avons pas à réclamer le droit de penser qu’il existe ou pas un dieu, surtout, si, dans ce que distille l’idéologie dominante spécialement à gauche, ce droit se cumule avec celui de croire en l’existence d’un être surnaturel. IV L’idéalisme se répand autrement que par l’entremise de la religion IV-1 la morale, le bien et le mal et la criminalisation de la société Nous vivons dans une société où chaque geste du «citoyen» est épié, réglementé au nom d’une conception du bien et du mal qui serait d’évidence mais qui est en réalité une version laïcisée de la morale chrétienne. Cette morale s’appuie sur trois piliers: la responsabilité de l’individu, la criminalisation des mauvais comportements et le contrôle démesuré des comportements et des vies. — En premier lieu, tout est fait pour rendre l’individu responsable de ce qui lui arrive. Le rôle de l’école est exemplaire à ce sujet. Elle se fixe désormais le but d’obtenir le maximum d’informations sur chaque élève, d’individualiser au maximum l’offre de formation afin, du même coup, d’exempter de responsabilité l’institution et la société, ce qui revient à désocialiser l’échec scolaire et de rejeter cette même responsabilité sur l’enfant et sa famille au prétexte que tout aurait été fait pour son devenir. — Ce phénomène s’accompagne d’une stigmatisation des comportements considérés comme déviants. Tous les moments de la vie des Hommes sont passés au peigne fin. L’automobiliste est un criminel en puissance; celui ou celle qui n’a pas les moyens de s’acheter une voiture peu polluante l’est aussi; également criminel celui ou celle qui ne mange pas bio, qui ne construit pas lui-même sa maison écologique; criminel encore le fumeur; celui ou celle qui fait grève ou simplement qui essaie de ne pas obéir aux ordres de son patron mais de les combattre; la liste pourrait être bien plus longue. — Toute cette morale est justifiée par une idéologie mensongère, mais abondamment répandue. On pourrait reprendre un par un les éléments de la liste qui précède ; disons simplement, par exemple, que les tentatives d’en finir avec le droit de grève relèvent de la politique de la classe dominante qui vise à éliminer toute résistance, à nous ramener au capitalisme de la première moitié du XIXe siècle, tous les droits pour les capitalistes et aucun pour les ouvriers. — Ces faussetés sont suffisamment répandues pour que certains trouvent normal, en l’état actuel des choses, le contrôle exacerbé exercé sur notre vie quotidienne par les forces de répression de l’état aussi bien que par ses instruments idéologiques (média, école, discours des hommes politiques de tous bords). En évoquant cette ambiance, nous ne nous sommes pas éloignés du sujet, de l’idéalisme. Car, nous l’avons dit, cette morale est d’essence idéaliste, d’où viennent le bien et le mal? De Dieu et de ses livres. Mais aussi parce qu’il y a là un nouveau moyen de maintenir dans l’asservissement idéologique les classes dominées, tout en leur faisant accepter leur situation: exactement comme la vie éternelle. IV-2 La culpabilité naturelle de l’homme excuse le capitalisme L’argument essentiel utilisé par l’idéologie dominante depuis la fin des pays socialistes européens pour induire en erreur les classes populaires, depuis la fin des pays socialistes européens, est celui de la nature de l’Homme. L’homme serait par nature méchant, imprévoyant, peu soucieux de son égal, individualiste. On peut résumer cette idée grâce à la formule lapidaire utilisée par le philosophe idéaliste Hobbes dans son œuvre «Le Léviathan» : «Homo homini lupus.» (L’Homme est un loup pour l’Homme). Dépassé par ses passions, ses intérêts à court ou à long terme, l’être humain ne saurait donc, au regard des idéalistes trouver en lui-même les forces suffisantes pour améliorer sa vie. Par voie de conséquence, il est donc inutile de tenter de changer la société, puisque ce n’est pas elle, mais l’Homme dans sa nature qui est à incriminer. C’est l’homme écrasé par son destin du théâtre de Racine; mais c’est aussi l’homme contemporain, victime de l’agiotage de quelques profiteurs comme le fameux Madoff et impuissant à régler ses maux. Voilà l’explication officielle qui nous est donnée. Elle permet d’épargner le capitalisme et surtout de le rendre naturel, indépassable, normal. En corollaire à la vieille théorie du péché originel, enrichie par les classiques, les tenants de la pensée impérialiste ont inventé le concept de totalitarisme, ce mal absolu visant ceux qui tenteraient de parler de lutte des classes et de changer la société. Combattre le capitalisme ne peut donc amener, d’après ces idéologues, qu’à construire une société monstrueuse. Elle est effectivement monstrueuse à leurs yeux, puisqu’elle veut en finir avec l’exploitation de l’Homme par l’Homme. C’est pourquoi, tout est fait pour criminaliser l’idée révolutionnaire et l’idée même de l’existence de la lutte des classes. Cette idée n’est pas nouvelle. En son temps, Rousseau avait déjà répondu en disant: «L’Homme naît bon, c’est la société qui le corrompt.». Il faut, pour l’apprécier à sa juste valeur, revenir sur deux points: — Si l’Homme est responsable en soi, c’est que tout le monde est dans le même bateau. Cela justifie l’idée que patrons et salariés doivent se serrer les coudes pour lutter ensemble contre les accidents de la vie. Cela justifie l’idée du dialogue social entre patrons et salariés. C’est la négation de la lutte des classes, c’est masquer ce fait fondamental que les salariés et les capitalistes ont des intérêts absolument divergents: ce qui est bon pour les uns est, par nature, mauvais pour les autres, et vice-versa. C’est l’interdiction de toute tentative de faire autre chose que d’aménager la société capitaliste. — Si l’Homme est responsable en soi, c’est que le capitaliste n’a pas de responsabilité particulière, qu’il est lui-même dépassé par une espèce de force divine qui empêcherait de changer la nature de la société et permettrait, au mieux, de répartir un peu plus équitablement les richesses, comme le demande Besancenot, c’est encore Dieu qui est le seul à pouvoir changer les choses, mais qui ne le fera qu’une fois la mort survenue. La société que nous vivons serait donc l’état naturel de l’Homme. Il faut s’attarder un instant sur ce concept: naturel. Engels, dans son introduction à la «Dialectique de la nature», aborde cette question: «Darwin ne savait pas quelle âpre satire de l’humanité, et spécialement de ses concitoyens, il écrivait quand il démontrait que la libre concurrence, la lutte pour la vie, célébrée par les économistes comme la plus haute conquête de l’Histoire, est l’état moral du règne animal.» Nous sommes là au cœur du problème. Darwin, après d’autres, a participé très activement à la démystification du mensonge créationniste. Il a aidé à démontrer que le monde dans lequel nous vivons n’avait pas été créé en un jour ou même en sept, mais avait toujours existé et évoluait en permanence. Cela met sacrément du plomb dans l’aile à cette idée de l’homme coupable originel et impuissant à changer son sort ou même responsable à part entière de ce même sort. L’Homme est certes un animal. Mais il a évolué de manière à développer une intelligence supérieure à tous les autres animaux. Il a donc en lui-même les ressources pour améliorer sa vie. Depuis qu’il est sorti de son animalité totale des débuts, il a connu des situations différentes, le communisme primitif que nous avons évoqué plus haut, différentes sociétés de classe, des révolutions, des sociétés socialistes aussi. Il a donc démontré l’inanité de la thèse du capitalisme naturel; en voulant nous maintenir dans ce système, comme le disait Engels, les capitalistes tentent de nous maintenir dans l’état primitif du règne animal que nous avons su largement dépasser à plusieurs périodes de notre Histoire. IV-3 Le cas particulier de l’écologie politique L’exemple qui vient le plus vite à l’esprit s’il s’agit d’illustrer aujourd’hui cette théorie bien pensante de la responsabilité naturelle de l’Homme est celui de l’écologie politique. Depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, on entend parler partout du réchauffement climatique, du sauvetage de la planète, avec une intensité encore plus grande au moment du récent sommet de Copenhague. IV-3-1 C’est l’Homme qui est responsable, pas le climat Le premier constat que l’on peut faire à propos de ce battage médiatique tous azimuts est que, encore une fois, le capitalisme échappe à toute velléité d’accusation. La dégradation du climat sur Terre est donc le fait de l’Homme, ainsi que nous l’avons dit plus haut, coupable par nature, et non du système qui, depuis deux cents ans qu’il existe, a régné sur l’industrie sans jamais se préoccuper d’autre chose que des profits des capitalistes. Les grands pays impérialistes eux-mêmes sont épargnés, puisque les é-U, plus grand pollueur de tous les temps devant l’éternel, ne sont pas jugés responsables de la situation ni de ce que les media appellent l’échec du sommet. Ce sont l’Inde et la Chine qui sont montrées du doigt, alors qu’elles ne demandent qu’à faire ce que les impérialistes états-uniens, britanniques, français, allemands ou japonais ont fait il y a des décennies. L’idéologie écologique sert donc à défausser l’impérialisme de ses responsabilités. IV-3-2 Intoxication et mensonges: rétablissons la vérité En second lieu, il nous faut faire la part des choses dans ce déferlement, ce martèlement de soi-disant vérités assénées à seule fin de servir Sa Majesté le Grand Capital. Au stade où nous en sommes, il nous faut dire que beaucoup de gens, notamment des scientifiques non inféodés à l’ONU ni à tous les autres relais idéologiques du capital international, sont perplexes. Les connaissances scientifiques réelles actuelles permettent beaucoup plus de poser des questions que d’apporter des réponses. Il est bon de rappeler quelques éléments certains afin de rasséréner le débat. — La Terre a connu de nombreux bouleversements climatiques, et ce, bien avant l’existence de l’Homme, au passage, il est bon de rappeler que la principale catastrophe écologique fut l’apparition sur Terre de l’oxygène qui causa la disparition de plus de 90 % des espèces animales existantes (les bactéries anaérobies). Il s’agit juste d’un élément permettant de relativiser le débat. Le dernier de ces bouleversements climatiques a eu lieu autour de 10.000 avant notre ère, ce qui est récent à l’échelle de la durée de vie de notre planète, vieille de 4,5 milliards d’années. Avant cette dernière fonte des neiges suivant la dernière glaciation, le détroit de Béring n’existait pas, pas plus que le Golfe persique. Plus récemment encore, Erik le Rouge, navigateur banni d’Islande, lorsqu’il découvrit le Groenland autour de 985 de notre ère le nomma ainsi (Terre verte) à cause de ses nombreuses prairies. C’est un important refroidissement survenu au XVIe ou au XVIIe siècle qui causa la disparition totale des descendants de la colonie viking et donna à la grande île son aspect actuel. Or, en ce temps-là, aucune activité industrielle de masse n’existait sur Terre. — La météorologie et la climatologie ne sont pas des sciences exactes. Quand on sait la difficulté qu’ont les scientifiques à prévoir le temps du lendemain, on ne peut qu’être circonspect devant les annonces plus catastrophistes les unes que les autres dont nous sommes abreuvés. On sait que, pour pouvoir réellement prévoir de manière fiable ce qui se passera dans les dix, vingt ou cinquante prochaines années, les météorologues ont besoin de relevés et de modèles courant sur plusieurs siècles, ils n’en disposent pas aujourd’hui. — Par ailleurs, nombre d’affirmations font largement débat dans la communauté scientifique. Tout est loin d’être prouvé dans les «informations» que nous vomissent jour après jour les porte-parole de l’idéologie dominante. IV-3-3 Morale chrétienne laïcisée, culpabilisation et contrainte Nous dirons donc, dans un troisième point, que, dans cette affaire, au lieu d’être au banc des accusés, les grands capitalistes et leurs relais sont maîtres d’œuvre et orchestrent tout de A jusqu’à Z. Les pseudo-dénonciations auxquelles tout ce beau monde se livre remportent la palme d’or de l’irrationalité. Leur but presque avoué est d’entretenir la peur. Ils utilisent sans vergogne les inquiétudes, tentent de déclencher des peurs millénaristes. Ils ne veulent surtout pas que qui que ce soit réfléchisse, mais que chacun mette le petit doigt sur la couture du pantalon, intègre le discours officiel obscurantiste et suive la musique. Nous retrouvons la morale chrétienne laïcisée que nous évoquions plus haut, avec, comme point d’orgue, un degré de culpabilisation proche du maximum pour les contrevenants. Quiconque danse à contretemps est voué aux gémonies, quiconque émet le moindre doute est responsable du soi-disant «réchauffement climatique». IV-3-4 D’où vient l’écologie politique? Nous le voyons, nous sommes encore là en plein dans la philosophie idéaliste. Ce n’est guère étonnant quand on sait d’où vient l’idéologie écologiste. Elle puise sa source dans deux courants de pensée. — Le premier est un courant ultraréactionnaire, obscurantiste, né dans les années 1920; ses tenants s’en prenaient à la science et leur théorie nauséabonde finit en alimentant Pétain. Le discours était une sorte de bouillie vantant la nature et alertant sur les dangers de la science, coupable d’abîmer la nature et d’éloigner l’Homme de Dieu. — Le second courant est plus récent, on pourrait l’appeler le courant anti-productiviste. Il fut spécialement illustré en France par l’idéologue réactionnaire Raymond Aron et prolongé par ses disciples petit-bourgeois de 68 à la sauce Cohn-Bendit ou «nouveaux philosophes». La théorie d’Aron renvoyait dos-à-dos les é-U et l’URSS, en faisant bien entendu l’impasse sur les différences de nature des deux régimes et sur la lutte des classes en général, qu’il niait. Ces deux états étaient conjointement accusés de trop produire, sans aucune référence aux besoins, mais en critiquant leur mode de vie; et Aron appelait de ses vœux une société postindustrielle. Bien sûr, la mise dos-à-dos des sociétés impérialiste et socialiste n’était qu’un leurre. L’ennemi était bien évidemment la société socialiste coupable de vouloir produire ce dont les hommes ont besoin. Le leurre auquel ces vieilles idées nous conduisent est aujourd’hui facile à démasquer. Deux éléments en témoignent. — Nous arrivons, à force de désindustrialiser, à cette société postindustrielle dont rêvait Aron dans les grands pays capitalistes et notamment en France. Mais, outre que cette société n’est guère reluisante, les capitalistes continuent de produire, mais ailleurs, et notamment dans les pays qu’ils mettent ensuite au banc des accusés à Copenhague. D’ailleurs si les impérialistes font feu de tout bois et utilisent l’idéologie anti-productiviste, ils n’en perdent pas pour autant le nord et ont organisé, pendant le sommet de Copenhague, une autre réunion passée inaperçue pour se partager les ressources pétrolières de l’Irak désormais colonisé. — Si les capitalistes se sont convertis aux solutions «écologi-ques», c’est tout simplement parce que, outre l’intérêt idéologique, cela leur permet de réaliser des profits plus importants. La recherche effrénée de nouveaux gisements pétrolifères se poursuit partout pendant qu’en même temps, on organise son remplacement futur par d’autres ressources énergétiques sans se soucier le moins du monde de l’intérêt de la planète. C’est ainsi que la ruée des capitalistes étasuniens sur l’Afrique affame ses habitants dont les denrées alimentaires sont utilisées pour produire du carburant, ou encore que les capitalistes brésiliens abattent la forêt amazonienne pour planter du soja. S’il n’y avait pas de profit à dégager, on n’aurait jamais entendu parler de Nicolas Hulot. Le cinéma autour de la fameuse taxe carbone est édifiant à ce sujet. La position prise par le Conseil Constitutionnel ne doit tromper personne. Dès janvier, tout rentrera dans l’ordre… capitaliste s’entend! C’est l’archétype de l’impôt injuste, avec les privilégiés, capitalistes en tête, dispensés. Terminons en disant que cette conception qui consiste à empêcher les petits de produire et de consommer en laissant les gros organiser une autre production et développer leurs profits est enfin destinée à masquer une donnée fondamentale : pour continuer d’exister le capitalisme a besoin de ne jamais produire assez ce qui est réellement nécessaire à l’Homme, c’est ce qui explique d’ailleurs que toutes les théories sur le partage des richesses ne peuvent le remettre en cause. V Conclusion Pour nous, révolutionnaires, il est important de bien analyser le combat de classe, notamment son versant idéologique. C’est l’unique moyen d’affronter la ligne répandue par l’idéologie dominante. Nous l’avons vu, la bourgeoisie n’a aucune vergogne, aucune morale au sens humain du texte, elle fait feu de tout bois pour maintenir son écrasante domination sur les salariés et les peuples du monde. Les tenants de l’idéalisme ont dû reculer, particulièrement en France, à partir de la seconde moitié du XIXe siècle. Ils ont combattu pied à pied et, depuis la fin des pays socialistes d’Europe de l’Est , ont relevé considérablement la tête. Le capital recycle aujourd’hui leurs idées et en fait le fer de lance de son discours officiel. La remontée en puissance des religions n’est pas à prendre à la légère. Comme marxistes, les militants de «Communistes» combattent sans merci l’obscurantisme, à la fois parce qu’il porte atteinte à la raison, et parce qu’il demeure le meilleur moyen jamais trouvé par le Capital pour continuer d’établir durablement l’asservissement des classes populaires, d’associer les exploités à leur propre exploitation. Karl Marx l’a admirablement écrit: «La détresse religieuse est, pour une part, l’expression de la détresse réelle, et pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit de conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. L’abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l’exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu’il renonce aux illusions sur sa situation, c’est exiger qu’il renonce à une situation qui a besoin d’illusions. » («Critique de la philosophie du droit de Hegel») Nous combattons donc fermement pour en finir avec toutes les religions. Les capitalistes n’ont qu’un but: celui de convaincre, pour empêcher que le système soit mis en cause, qu’il est naturel, qu’il est le stade final de l’Histoire. Pour cela, il faut certes diaboliser les expériences socialistes et maintenir les peuples dans des croyances antiscientifiques qui leur font accepter l’état des choses en attendant une vie meilleure dans l’au-delà. Mais, manifestement, cela ne suffit pas. C’est pourquoi le Capital s’emploie à brouiller toutes les références. Pour empêcher la perception des classes sociales, des intérêts antagonistes des exploiteurs et des exploités, il fait passer un message qui noircit l’Homme. L’Homme serait naturellement coupable; alors, à quoi bon essayer de changer les choses, finalement le capitalisme pourrait bien être le moins mauvais des systèmes. Ce message s’accompagne d’un embrigadement important des peuples, de l’instauration d’une morale, baptisée du nom de règles civiques ou citoyennes, qui poursuit l’individu dans tous les compartiments de sa vie et le culpabilise en permanence. Il ne faut pas sous-estimer l’ampleur de ce phénomène, notamment de son principal mode d’expression actuel, la théorie réactionnaire écologique et le mot d’ordre omniprésent chez les véhicules idéologiques du capital: «Sauvons la planète!». Partout, nous devons combattre l’obscurantisme, sous toutes ses formes, les mensonges dont on nous abreuve dans le seul but de faire perdurer le système. Nous ne devons pas laisser passer cette idée que l’Homme serait, PAR NATURE, responsable des dégradations de la planète, si tant est qu’il y en ait réellement. Souvent, dans nos écrits, nous, militants de «Communistes», appelons à choisir son camp, celui de l’anticapitalisme. Là encore, la question qui se pose est de même nature. N’oublions pas que, comme le disait Marx: «Il y a plus de points communs entre deux matérialistes qu’entre n’importe quel idéaliste et n’importe quel matérialiste.» La lutte contre l’idéalisme sous toutes ses formes, religieuses ou non, n’est pas seulement une question philosophique ou un moyen de faire respecter ses convictions athées dans un monde où ne pas avoir de religion est de plus en plus considéré comme anormal. C’est aussi et surtout un combat essentiel pour les marxistes car il s’agit là de briser l’édifice idéologique sur lequel repose le maintien du système capitaliste. Plus les salariés de ce pays et d’ailleurs auront les yeux ouverts à ce sujet, et plus l’équilibre du système sera instable, plus il deviendra possible de le renverser. C’est là l’essence même du combat de «Communistes». ——————————— [www.sitecommunistes.org] Palestine/égypte/France/é-U Hosni Moubarak, le pharaonicule, lèguera à la postérité un monument très particulier, Al Jidar Al Fouladhi, Le Mur d’acier, qu’on appellera Jidar Al Khazi Al Moubarakii (Le Mur de la honte de Moubarak). Ce mur d’acier enterré à 35 mètres de profondeur, est en train d’être construit tout le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte. Il sera doublé d’un canal souterrain amenant de l’eau de la Méditerranée, qui servira à noyer les tunnels creusés par les Gazaouis pour échapper à leur enfermement meurtrier. Le chantier bat son plein. Il est supervisé par des officiers des services de renseignements militaires étasuniens et français [souligné par nous - NdR] installés dans un QG à l’ambassade des Etats-Unis du Caire et disposant d’un «poste de commandement avancé» à El Arish. À la mi-décembre, le général français Benoît Puga, chef de la DRM (Direction du renseignement militaire) a visité le chantier. Cette affaire a éclaté fin décembre, suite à des indiscrétions israéliennes et le gouvernement égyptien, après des faibles dénégations, a finalement reconnu que le projet était en cours de réalisation. Les Palestiniens et leurs amis se sont alors sérieusement énervés et les critiques ont commencé à fuser. Le 29 décembre, Cheih Yousouf Al Qardaoui, président de l’Union internationale des Oulémas musulmans, a émis une déclaration (improprement qualifiée par certains commentateurs de «fatwa») condamnant ce mur comme «un crime injustifiable» que l’Islam ne saurait tolérer et lançant un appel à la Ligue Arabe et à l’Organisation de la conférence islamique pour qu’elles interviennent auprès de l’Égypte afin qu’elle annule le chantier. Le 1er janvier, réponse du berger à la bergère: Cheikh Mohammed Saïd Tantaoui et ses 25 collègues du Conseil de recherche scientifique islamique de l’Université Al-Azhar, qui sont des fonctionnaires religieux stipendiés par le gouvernement égyptien, ont émis rien moins que ce qu’ils présentent eux-mêmes comme une fatwa, déclarant que le mur d’acier est strictement halal (licite) et que ceux qui s’y opposent «violent les commandements de l’Islam», autrement dit sont des apostats. En effet, expliquent nos docteurs [...], les tunnels creusés par les Gazaouis sous la frontière, «sont utilisés pour des trafics de drogue et autres contrebandes qui menacent la stabilité de Égypte». Bref, de quoi s’arracher tous les poils de la barbe. «Ayman EL KAYMAN» —————————————————- [Source Tlaxcala http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9687&lg=fr] D’après
le rabbin en chef de l’armée israélienne: Anshel Pfeffer Le 15 novembre,2009 «Haaretz» - L’aumônier en chef de la Force de défense israélienne a expliqué, la semaine dernière, dans un programme de yeshiva préparatoire au service militaire, qu’en temps de guerre les soldats «montrant de la pitié» pour l’ennemi seraient «damnés». Le brigadier-général Avichai Rontzki a aussi dit aux étudiants que les personnes croyantes faisaient de meilleures troupes de combat. Parlant jeudi, à la yeshiva Hesder dans la colonie de Karnei Shomron en Cisjordanie, Rontzki a fait référence aux discours sur les lois de la guerre des Maïmonides. Ce texte cite un passage du livre de Jérémie qui dit: «Maudit celui qui fait avec négligence le travail de Yahvé! Maudit qui prive de sang son épée!» [http://www.biblia-cerf.com/BJ/jr48.html – NdT]. Les remarques de Rontzki sont intervenues lors d’une cérémonie d’inauguration d’un nouveau rouleau manuscrit de la Tora à la yeshiva. Le service était fait en commémoration de Yosef Fink, un des deux séminaristes de la yeshiva enlevés par le Hezbollah en 1986. Leurs corps ont été retournés dix ans plus tard au cours d’un échange de prisonniers. Rontski a aussi fait référence spécifiquement à la conduite de l’armée israélienne lors de l’opération plomb durci à Gaza. «à propos tout ce que nous avons entendu dernièrement dans les media, Dieu soit loué que le peuple d’Israël s’est récemment uni autour de la compréhension simple de la manière qu’il doit se battre. Une des innovations majeures de cette offensive était la conduite de la guerre – non pas comme une sorte de mission ou de détention». «Nous nous rappelons tous du début de la guerre, avec l’attaque majeure de 80 avions pilonnant les divers endroits, et puis les barrages de feu de l’artillerie, des mortiers et des chars d’assaut et ainsi de suite, comme en guerre» dit-t-il. «Tout le monde s’est battu avec tout son cœur et âme, et cela comprend, bien entendu, le courage, mais aussi se battre avec toutes les ressources en sa possession, de se battre pour vraiment déterminer la mission». Rontzki a aussi fait référence aux qualités nécessaires au soldat combattant idéal. «Dans les guerres d’Israël, les guerriers sont des gens qui craignent Dieu, des gens justes, des gens qui n’ont pas de péchés sur leurs mains» a-t-il ajouté. «On a besoin de se battre en conscience du pourquoi on se bat». ———————————————— [Traduction Alexandre MOUMBARIS]
Yémen Les juifs yéménites refusent d’émigrer en Israël Parmi les spéculations montantes du lancement imminent par les États-Unis d’une nouvelle guerre contre le Yémen, les Yéménites juifs préfèrent rester dans leur pays arabe appauvri plutôt que d’émigrer en Israël. Un officiel des la Fondation du Congrès mondial juif, Moshe Nahum, a dit qu’ils ont en vain pendant trois décennies essayé de les convaincre de partir pour Israël. Il a dit que la fondation avait même envoyé des équipes de New York et de Londres leur promettant de l’agent et des avantages pour inciter la petite communauté à migrer. «Mais ils ont peur de perdre ce qu’ils ont» expliqua Nahum dans un entretien avec le quotidien israélien Yediot Ahronot, publié mardi. Le Yémen possède une petite communauté de deux à trois cent juifs qui vivent dans la capitale Sanaa, alors que des douzaines parmi eux ont décidé de se convertir à l’Islam. Des offensives dévastatrices soutenues par les militaires étasuniens et saudis, sillonnent le long et à travers le pays arabe ciblant essentiellement le nord où les combattants houthis chiites sont devenus la proie des avions de combat yémeno-saoudites. En décembre, les États-Unis se sont joints au pilonnage par Sanaa de la partie sud du pays dans une tentative d’éliminer ce que Washington décrit comme une cellule d’Al-Qaïda opérant dans la péninsule arabique. Des officiels et des témoins soutiennent que des centaines de civils ont été tués dans ces opérations, confirmées par les media étasuniens, et exécutés directement par l’armée étasunienne. Mardi, la Secrétaire d’état Hillary Clinton a décrit l’insécurité au Yémen comme constituant une menace pour la stabilité régionale et globale, disant que Washington travaillait étroitement avec ses alliés pour déterminer quelle serait la «meilleure orientations à suivre» face à la situation. Clinton a déclaré que le gouvernement yéménite devrait prendre des mesures pour rétablir la stabilité ou risquer de perdre le soutien occidental. MRS/SC/DT ———————————————— [PressTV]
Étude Les employeurs israéliens préfèrent ne pas embaucher des Arabes par Dana WEILER-POLAK correspondant de Haaretz Les employeurs israéliens préfèrent ne pas employer des Arabes, des éthiopiens [juifs éthiopiens, ethiopim ou ‘falashas’(péjoratif?) – NdT] et des Haredim [juifs ‘ultra-orthodoxes’ - NdT] – même ceux ayant des diplômes universitaires, selon une étude publiée lundi. D’après cette étude conduite par l’Académie Kiryat Ono, plus de 83% des employeurs sont réticents à l’idée d’engager un Arabe sans diplôme universitaire. Quelque 58% des employeurs préfèrent ne pas embaucher des académiciens haradi, et 53% d’entre eux préfèreraient ne pas employer des éthiopiens, dit le rapport. Aussi, le rapport explique que même si quelqu’un appartenant aux groupes minoritaires arrive à se faire engager, ses chances d’avancement sont maigres, malgré ses qualifications et ses taux de succès. Quelque 86% des participants à cette recherche ont dit qu’ils éviteraient de donner des promotions à des employés haradi, 79% ont dit la même chose pour les employés arabes et 70% pour les travailleurs éthiopiens. Les media et la publicité sont les deux secteurs les plus discriminants au travail, selon l’étude, alors que les sociétés juridiques et comptables montrent une tendance ces dernières années à accepter des travailleurs provenant des groupes ethniques minoritaires. Les Arabes et les éthiopiens ne sont presque jamais engagés dans des emplois à la bourse, alors que les employés haredi qui sont acceptés dans ce domaine subissent des discriminations. L’étude se basait sur la recherche qui a puisé parmi des employeurs, employés et étudiants, selon les secteurs d’activité sélectionnés. Ceux-là comprenaient le domaine de la banque, la bourse, la publicité, le conseil juridique, la comptabilité et les média. Dr Erez Yaacobiu, Dr. Amir Paz-Fooks et le chercheur Moshe Karif ont questionné plus de 568 étudiants et des douzaines d’employeurs dans différents secteurs.
———————————————— [Traduction Alexandre MOUMBARIS] Sionisme Shlomo Sand ou la nouvelle guerre du Soldat qui rêvait de lys blancs de Mahmoud Darwich A-t-on jamais vu un soldat sortant d’une bataille rêver de lys blancs? Mahmoud Darwich l’a vu et a écrit sur lui une poésie (qasida1) détaillée. Mais moi, il m’a fallu attendre 40 ans pour rencontrer cet homme, qui, après avoir ôté la tenue du soldat, a revêtu les habits de l’historien. J’ai vu les lys blancs et j’ai vu comment l’ancien soldat combattait pour défendre la vérité. Et comment un sexagénaire est encore capable d’inventer le prodige de l’amitié. C’était à Bruxelles le soir du lundi 7 décembre 2009. L’historien Shlomo Sand était aux Halles de Schaerbeek pour présenter son livre «Comment le peuple juif fut inventé». Et les lys de Darwich étaient là, occupant le lieu. Il y a deux ans, je parlais avec Leïla Shahid d’un petit article de Tom Segev dans l’édition anglaise du journal Haaretz à propos du livre écrit par un historien israélien, Shlomo Sand, sur l’invention du peuple juif. L’ambassadrice de Palestine à Bruxelles a sursauté en entendant ce nom et s’est écriée: «Shlomo! C’est l’ami de Darwich! Et le héros du poème Le Soldat qui rêvait de lys blancs!» Elle m’a raconté la conversation téléphonique entre Darwich et Sand, tenue sur le téléphone portable de Leïla. Celle-ci m’a dit sa surprise en entendant Darwich raconter l’histoire de ce poème écrit en 1967. À New York, le réalisateur Ilan Ziv m’a raconté qu’il a appelé Sand et a l’intention de le rencontrer pour préparer un film à partir de son livre. J’ai demandé à Ziv d’interroger Sand sur la réalité de sa relation avec Darwich et l’histoire du poème. De retour de New York, le réalisateur m’a offert la version française du livre de Sand. J’ai lu son avant-propos, qui contient de beaux passages autobiographiques d’une étonnante poésie, l’histoire de son père Cholek, né à Lodz en Pologne, enterré en Israël au son de L’internationale, ainsi que l’histoire du père de sa femme, Bernardo le Catalan, né à Barcelone, qui a combattu dans les rangs républicains et anarchistes durant la guerre civile, et est mort en Israël, refusant jusqu’au bout de reconnaître sa judéité. Sand parle aussi de deux amis palestiniens: le premier s’appelle Mahmoud, de Jaffa, et a fini par s’installer en Suède, le second, qui s’appelle aussi Mahmoud, est un jeune poète qui deviendra le poète national palestinien. Sand raconte sa contribution, en tant que soldat israélien, à l’occupation de Jérusalem-Est, et comment il a tiré sur des civils et les a humiliés. Il écrit aussi qu’il voulait rencontrer son ami le poète avant de quitter Israël définitivement. Il a rendu visite à Darwich à Haïfa après la libération du poète en juin. Il décrit ainsi la rencontre: «Ils passèrent ensemble une nuit blanche: les vapeurs de l’alcool et la fumée des cigarettes embuaient les fenêtres. Le poète chercha à convaincre son jeune admirateur de rester, de résister, de ne pas partir à l’étranger, de ne pas abandonner leur pays commun. Le soldat exprima son dégout des vociférations de la victoire, son désespoir, son sentiment d’aliénation vis-à-vis de cette terre sur laquelle le sang avait été répandu, et finalement, au bout de la nuit, il vomit de tout son être. Le lendemain vers midi, il fut réveillé par son hôte, qui lui traduisit le poème qu’il avait composé à l’aube sur Le Soldat qui rêvait de lys blancs:
«[… ]Il comprend –m’a-t-il dit – que la patrie L’avant-propos se conclut par l’histoire deux étudiantes: Gisèle, qui a décidé de quitter la France pour Israël, tout en refusant de devenir juive par conversion, - puisque sa mère n’était pas juive -, et Larissa, la jeune femme israélienne, qui porte la mention «Russe» sur ses papiers. Les histoires racontées dans cet avant-propos ont une capacité magique de transmettre le climat tragique dans lequel a été produit le livre de Shlomo Sand. Dans ce livre on comprend que la révision radicale du narratif sioniste peut permettre une compréhension nouvelle du conflit sur la terre de Palestine, et dessine un horizon possible pour une paix qui n’élimine pas la justice. Quand j’ai rencontré Sand, j’avais un désir ardent d’entendre son récit sur la genèse du poème de Darwich. Mais au lieu de cela, il s’est contenté de dire que Mahmoud Darwich se trouvait dans un recoin de son livre, et que «je voulais dire à Darwich que je ne l’ai pas abandonné». L’homme a raconté l’histoire au moins deux fois et j’ai vu comment les héros des histoires parlent d’eux-mêmes, comme s’ils imitaient ce qui a été écrit sur eux ou ce qu’ils ont écrit eux-mêmes sur eux-mêmes. Je voulais lui demander si les mots qu’il avait prononcés durant cette fameuse nuit à Haïfa étaient ceux rapportés par Darwich dans son poème. Mais je n’ai pas osé, pour ne pas tomber dans l’ingénuité provoquée par l’émotion. Et je sais que la mémoire individuelle est façonnée par les cahots et les trous du temps, ce que Sand a confirmé en racontant sa visite à Darwich à Oued Nasnas durant la fameuse nuit, ne parvenant plus à se souvenir s’il était en compagnie de sa petite amie, car la nuit du soldat était aussi celle d’une longue tentation. Sand était debout sur la scène des Halles de Schaerbeek et il a fait une grande plaidoirie pour son livre qui ébranle l’ensemble du narratif fondateur du sionisme et casse l’idée d’un peuple juif en déconstruisant l’idée de l’exode, dont il démontre qu’elle ne tient pas debout, étant dépourvue de preuves historiques. Il conclut que les Juifs n’ont jamais quitté la terre de Canaan, où ils sont devenus soit chrétiens soit musulmans, tandis que les communautés juives au Yémen, en Afrique du Nord et en Europe centrale se sont constituées par conversion de populations locales, comme par exemple les royaumes himyarite ou khazar ou les tribus berbères du Maghreb. Sand rejoint le courant qu’on appelle en Israël «cananéen», qui considère le sionisme comme une idéologie nationaliste puisant dans le stock du nationalisme européen, et pour laquelle la Loi du Retour n’a donc aucun fondement historique. Les thèses de Sand démêlent le tabou, et ce faisant, elles déplacent le débat historique israélien – alimenté par les nouveaux historiens qui ont redécouvert la Naqba et la déportation des Palestiniens de 1948 – vers de nouveaux horizons, remettant en cause les axiomes sionistes, soumis à un jugement historique radical. L’élève et ami de Pierre Vidal-Naquet, qui a osé critiquer le film Shoah de Claude Lanzmann, considéré comme une icône sioniste intouchable, a dit qu’il reviendrait à Paris et que l’année prochaine, il ira travailler à Montréal. Il a parlé de l’embargo académique qu’il subit et a dit qu’il est désespéré. Mais celui qui a rêvé un jour des lys blancs, n’a pas le droit au désespoir, je l’affirme. L’homme a souri, il m’a serré dans ses bras pour me dire au revoir, mais j’étais si ému que j’ai oublié de lui demander ce qui était arrivé au soldat durant les 40 années qui ont suivi l’écriture du poème. Mais ceci est une autre histoire. 1-La qasida est une forme de poésie originaire de l'Arabie pré-islamique. Elle a typiquement une longueur de 50 vers, parfois plus de 100. Cette forme a ensuite été adoptée par les Persans, qui l'ont transformée en poème non versifié de plus de 100 vers en l'utilisant et la développant énormément. La qasida est souvent un panégyrique écrit pour louer un roi ou un noble. Une des qasidas les plus populaires et les plus connus est la Qasida burda («Poème du manteau») de Imam al-Bousiri, qui est fondé sur le qasida classique de Kaâb ibn Zouhaïr. Ce qasida classique de Kaab fut composé à l'aube de l'Islam, comme une preuve de sa conversion. En échange de ce poème, le prophète Mohamed lui offrit son manteau. Dans Le Soldat qui rêvait de lys blancs, Mahmoud Darwich parle d’un soldat israélien - son ami Shlomo - qui décide de quitter son pays après la guerre de 1967 : Je quête un enfant souriant au jour Non une place dans la machine de guerre Je suis venu ici vivre le lever des soleils Non leur coucher Rédigé à chaud, en 1967, ce poème fait scandale aussi bien en Israël que du côté palestinien. Darwich a parlé des réactions polarisées suscitées par ces vers: «Le secrétaire général du Parti communiste israélien a dit ‘comment se fait-il qu’il écrive ce genre de poème? Est-ce qu’il nous demande de quitter le pays pour devenir des amants de la paix?’ Et pendant ce temps, les Arabes affirment: ‘comment ose-t-il humaniser un soldat israélien?’» [NdT] par Elias KHOURY ——————————————— Traduction Tafsut Aït Baamrane] Shlomo
Sand La rédaction des dossiers du BIP 50 secondes de lecture à couper le souffle. Pour combler le déficit de la sécu, nos chers gouvernants ont trouvé le mieux, c'était encore de nous faire payer... a
- Dorénavant, sur une consultation médicale, nous versons 1
euro, Toutes ces mesures sont destinées à combler le fameux trou qui est à ce jour de 11 milliards. Or, savez-vous que : 1°) Une partie des taxes sur le tabac, destinée à la Sécu, n'est pas reversée: 7,8 milliards 2°) Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu, n'est pas reversée: 3,5 milliards 3°) Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu, n'est pas reversée: 1,6 milliards 4°) La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu, n'est pas reversée 1,2 milliards 5°) La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée: 2,0 milliards 6°) Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés: 2,1milliards 7°) Retard de paiement par les entreprises 1,9 milliards En faisant une bête addition, on arrive au chiffre de 20 milliards d'euros. Conclusion: si les responsables de la Sécu et nos gouvernants font leur boulot efficacement et honnêtement, si chacune des institutions reverse ce qu'ils doivent chaque année, les prétendus 11 milliards de trou seraient aujourd'hui 9 milliards d'excédent!!!! Ces chiffres ne sont pas inventés vous pouvez également les consulter sur le site de la sécu, ils sont issus du rapport des comptes de la Sécu. Si les pouvoirs publics, qui nous harcèlent au quotidien de messages publicitaires afin de consommer des fruits et légumes, étaient vraiment convaincus qu'il nous faut consommer 5 fruits et légumes par jour pour sauver notre santé et donc l'assurance maladie, ils supprimeraient la TVA sur ces produits ! N'oubliez pas d'avoir une petite pensée sur l'achat, à la hâte, des 90 Millions de doses de Tamiflu par le ministère de la Santé publique, quand on sait que la grippe A n'est pas plus mortelle et dangereuse pour vous et moi que la grippe saisonnière classique. Hélas on ne peut en dire autant des dommages collatéraux potentiels qui existent réellement dans les adjuvants que contiennent les vaccins!!! Quel sera le coût de cette opération, que la sécu va supporter une nouvelle fois, lorsque le gouvernement sera décidé à dédramatiser la situation !!! Cordialement. […] Evelyne
DUBIN Institut National du Développement Local av
Michel Serres - BP 32 Lituanie Des prisons de la CIA découvertes en Lituanie par Hans-Jürgen FALKENHAGEN & Brigitte QUECK Une Commission d’enquête sur les prisons de la CIA, instituée par le Parlement lituanien (Seimas), part du principe que les services secrets lituaniens (VSD) étaient au courant de leur existence. Un fait est avéré: en Lituanie les conditions nécessaires ont été établies dans les années 2004-2005. À cette époque le VSD était de temps à autre un «État dans l’État». Il faut «désormais y mettre fin» a déclaré Audronius Azubalis, Président de la Commission parlementaire aux Affaires étrangères. Adamkus, alors Président de Lituanie, aurait été lui aussi au courant selon un commentaire d’Audrius Baeiulis dans l’hebdomadaire «Veidas» (voir Gazeta wyborcza du 23/12/2009, Varsovie) Et voici que Rolandas Paksas, l’ex-Président de Lituanie, a fait à ce sujet une révélation sensationnelle. Paksas est à l’heure actuelle député européen. Il avait été élu Président au second tour de janvier 2003 où il affrontait son prédécesseur Adamkus. «Ma charge de Président m’a conduit à savoir qu’on souhaitait interner en Lituanie des personnes accusées de terrorisme», a déclaré Paksas. Il déclare que Mecys Laurinkus, l’ex-dirigeant du Département de la Sûreté de l’État (VSD) lui a demandé au printemps 2003 s’il était possible d’interner en Lituanie, sans le faire savoir officiellement, des personnes suspectées de terrorisme par les états-Unis. Laurinkus laissait entendre qu’une réponse positive rendrait service aux partenaires étrangers. Des politiciens lituaniens frappaient alors à la porte de l’OTAN; ils étaient nombreux à Vilnius à déclarer que la Lituanie souhaitait en devenir membre et estimaient qu’il était nécessaire, pour accélérer le processus d’admission, de faire en direction du pays qui joue les premiers violons dans l’organisation - les é-u - «un geste d’amitié». Paksas déclare avoir néanmoins rejeté la proposition du chef des services secrets. Six mois plus tard éclatait le plus grand scandale politique de toute l’histoire lituanienne, qui entraîna la révocation de Paksas. À l’automne 2003, Mecys Laurinkus, de son «exil doré» au poste d’ambassadeur à Madrid, avait fait parvenir aux médias occidentaux des informations compromettantes accusant Roland Paksas d’entretenir d’étroites relations avec l’oligarque russe Iouri Borissovitch. Paksas lui aurait conféré illégalement la nationalité lituanienne en échange du financement de sa campagne. En avril 2004, alors que la Lituanie fêtait son entrée dans l’OTAN, le Parlement lituanien vota une procédure d’impeachment à l’encontre du Président Paksas. Paksas fut contraint de démissionner. Et peu de temps après la prison secrète de la CIA fut ouverte à Antavilia, à 20 km de Vilnius. «Je pense que mon refus de principe d’ouvrir cette prison de la CIA est en relation directe avec ma chute», a déclaré Paksas lors d’une récente audition au Parlement lituanien. C’est aussi la version, par exemple, du journal «Russkij Berlin» dans sa rubrique Odna Chestaïa dans son numéro 51 de l’année 2009. L’article publié était de la plume de Vladimir Vodo et Alexander Reutov, du journal russe «Kommersant». Selon certains experts, la procédure d’impeachment à l’encontre du Président Paksas a été fort utile aux é-U. Premièrement beaucoup voyaient en Paksas un politicien pro-russe. Deuxièmement les services secrets étasuniens avaient dû abandonner fin 2003 leur prison secrète dans la Pologne voisine. En effet la révélation de son existence avait déclenché un énorme scandale dans le pays et la CIA était donc à la recherche d’une autre base du même type en Europe. En Lituanie le seul obstacle était cet empêcheur de tourner en rond de Paksas. Son départ supprimait l’obstacle. Les membres «frais émoulus» de l’OTAN, dont la Lituanie, étaient si reconnaissants aux USA de les avoir aidés à y entrer qu’ils disaient amen à tout ce que ceux-ci demandaient, selon le Général Richard Clarke, ex-conseiller en chef de George Bush pour la guerre contre le terrorisme (déclaration sur ABC News). «Nous savions parfaitement que la CIA travaillait à Antavilia» a déclaré au Washington Post Domas Grigaliunas, ex-officier des Services secrets lituaniens. La réélection en juin 2004 de l’Américano-lituanien Adamkus au poste de Président a joué un rôle décisif dans l’affaire. Né en 1926 à Kaunas (Lituanie), Valdas Adamkus, fils d’un haut fonctionnaire lituanien, avait fui le pays avec ses parents en 1944 vers l’Allemagne, devant l’avancée de l’Armée rouge. Après une formation militaire dans son propre pays, Adamkus y était revenu après un petit stage de perfectionnement chez les nazis. Il y a combattu l’Armée Rouge à Seda dans une unité lituanienne en octobre 1944 (au cours de l’Opération balte [14 sept.-24 nov. 1944]). Non sans avoir préalablement reçu de «hautes distinctions» de la main des nazis, Adamkus, après la défaite allemande dans les pays baltes, s’est réfugié une seconde fois en Allemagne où il aurait, paraît-il, poursuivi sa formation militaire dans la Wehrmacht. Plusieurs témoins dignes de foi affirment qu’il aurait été un gradé SS de haut rang. On n’en sait pas plus sur ses activités durant cette période. Après la guerre Adamkus a obtenu son Abitur (baccalauréat) au lycée lituanien du monastère de Rebdorf près d’Eichstätt, puis fait des études à l’Université Ludwig-Maximilian de Munich. Ensuite il a émigré aux USA (1949). Il y a travaillé dans les Services de renseignements militaires et a dirigé des organisations clandestines lituaniennes. En 1960 il a obtenu un diplôme d’ingénieur de l’Institute of Technology de l’Illinois. Il a fait carrière dans l’Agence américaine pour l’environnement (EPA) tout en poursuivant son engagement dans le Mouvement indépendantiste lituanien. En 1997, après avoir pris sa retraite, il est rentré en Lituanie où il a été élu président une première fois en 1998. C’est lui qui a donné son accord à l’ouverture d’au moins une prison de la CIA sur le sol lituanien. Mais la Lituanie avait déjà été admise dans l’OTAN en «remerciement de ses efforts». La prison de la CIA occupait une villa d’aspect extérieur élégant, munie de cellules souterraines et d’une salle garnie de micros. Selon les informations dont on dispose, on y a également pratiqué la torture. La Présidente lituanienne en exercice, Dalia Grybauskaïté, et son gouvernement, ne déplorent cependant pas qu’il y ait eu en Lituanie une prison pratiquant la torture, mais «que le gouvernement d’alors n’en ait pas été informé». Andreus Kubilius, le Premier ministre, s’est déclaré profondément affecté que «quelqu’un ait pu installer en Lituanie des prisons dont le gouvernement ignorait tout.» L’une des conséquences en a été le rappel par la Présidente Dalia Grybauskaïté de Mecys Laurinkus, devenu ambassadeur lituanien en Géorgie. —————————————————
[In
Litauen wurde die Existenz von CIA-Gefängnissen aufgedeckt,
27.12.2009] République tchèque Des soldats tchèques portaient des insignes de la SS Deux officiers de l’armée et leur commandant ont été suspendus après qu’il a été prouvé qu’il avaient porté des insignes nazis pendant leur service dans les forces d’occupation en Afghanistan. Le ministre de la Défense de la République tchèque, Martin Bartak a déclaré qu’il était «inacceptable» que deux commandants de la brigade de réaction rapide tchèque aient porté des symboles de divisions nazies de la Seconde Guerre mondiale sur leurs casques quand ils étaient en service dans la province du Logar. M. Bartak a déclaré: «Des mesures drastiques seront prises et s’il est prouvé que parmi les responsables il y a eu des membres du haut commandement, ils en subiront aussi les conséquences». Le lieutenant Jan Cermak portait l’emblème des l’infâmes brigades SS Dirlewanger et le sergent Hynek Matonoha portait celle de la 9ème division panzer SS Hohenstaufen. Leur commandant a été suspendu pour avoir fermé les yeux quant au port de ces emblèmes nazis. Vendredi, avant que leur goût pour des emblèmes nazis soit mis en lumière, le lieutenant Cermak et le sergent Matonoha avaient été décorés pour leur service en Afghanistan, où la République tchèque a un contingent de 480 soldats sous le commandement de l’OTAN. Les unités schutzstaffel ou SS étaient les plus cruelles du régime nazi. Elles avaient occupé de vastes étendues en Europe et en ex-Union soviétique lors de la Seconde Guerre mondiale. «L’escadron protecteur» du parti nazi, les membres SS, étaient chargés d’exterminer dans la population civile les «indésirables» et ciblaient les combattants de la résistance, les juifs et les communistes en particulier. Dans un cas apparemment différent, un autre soldat tchèque a été viré lundi de l’armée, pour son appartenance à une organisation néo-nazie. Lukas Sedlacek, qui a cofondé et entrainé le groupe terroriste Justice Blanche, fut rétrogradé au rang de simple soldat. M. Bartak a souligné que M Sedlacek «quitterait l’armée sans pension et autres avantages.» Selon les media tchèques, Justice Blanche préparait des attaques terroristes contre des centrales électriques et leur relais, contre la police ainsi que des enlèvements de «Juifs à des postes élevés». Les membres de Justice Blanche étaient formés pour détruire des biens, faire sauter des voitures et se battre avec et sans armement. Au début de cette année le ministre des Droits de l’homme et des Minorités, Michael Kocab avait averti qu’il y avait quelques 90 soldats parmi les forces militaires tchèques qui soutenaient des «groupes extrémistes». À l’époque le ministère de la Défense avait ignoré les allégations de M. Kocab. par Tom Mellen ———————————————— [Morning
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